François Legault et l’État de droit

Il y a une profonde faille dans la pensée du premier ministre. Il vient de la montrer de nouveau au lendemain des élections fédérales. Va-t-il finir par intellectuellement comprendre qu’il ne suffit pas qu’une loi soit appuyée par une majorité (selon des sondages) pour qu’elle soit bonne ? Dans un État de droit démocratique, toute loi doit absolument respecter les droits et libertés de la personne ainsi que les droits des différentes minorités.

François Legault semble avoir beaucoup de difficulté à accepter cette donne lorsqu’il traite de la Loi sur la laïcité de l’État (loi 21). Ce qui m’amène à me demander sérieusement s’il est capable de s’élever à la hauteur d’un chef d’État. Je trouve cela assez déprimant, voire inquiétant, de le voir traiter une question relevant notamment des droits de la personne sous le seul angle d’un appui majoritaire. Suivre cette seule voie a laissé de bien mauvaises traces dans l’Histoire. Danger.

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68 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 24 octobre 2019 01 h 56

    Pour une fois d'accord!

    Je lui reproche aussi la banalisation du recours à la clause de dérogation qui devrait être réservée à des enjeux essentiels.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 octobre 2019 09 h 38

      Bien oui, l'endoctrinement des enfants dans la salle de classe n'est pas un enjeu essentiel. Vous m'en donnerez des nouvelles lorsqu'il y aura des manifestations post-djihadistes à Montréal et au Québec. Ils s'en viennent. Ils sont en train de se réorganiser mondialement.

      Plus capable d’entendre cette extrême gauche tonitruante.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 24 octobre 2019 10 h 36

      Un État qui se veut démocratique ne peut être basé juridiquement sur une constitution adoptée par une ethnie dominante à l’issue d’une séance ultime de négociation tenue secrètement et à laquelle le Québec n’a même pas été invité.

      L’appel de l’auteur au respect de l’État de droit est un appel à la capitulation à une camisole de force constitutionnelle imposée au Québec par cette ethnie impérialiste.

      Le problème majeur de cette constitution illégitime est qu’elle promeut au rang de droits dits fondamentaux des comportements interdits par d’autres démocraties et dont l’interdiction a été validée ailleurs par les plus hautes instances constitutionnelles européennes, notamment.

      En d’autres mots, Michel Lebel (et Justin Trudeau) confond droits fondamentaux et caprices constitutionnels.

      Un des défauts majeurs de la Canadian Constitution, c’est qu’elle oblige constamment le Québec à être en deçà de ce qu’il aspire à être.

      Y déroger est un devoir sacré lorsqu’on le juge utile ou nécessaire.

      Je ne vois pas de raison de sacraliser cette loi constitutionnelle illégitime.

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 octobre 2019 11 h 13

      Les lois ne sont pas ancrées dans le béton. Les lois évoluent avec l'évolution de la société. Par exemple, la peine de mort n'est plus exigée. L'homosexualité n'est plus une infraction à la loi.
      La préséance de la religion sur tous les autres droits humains doit être supprimée aussi. La religion se pratique en privé. La loi ne devrait pas appuyer le prosélytisme éhonté de signes religieux dans un état laïque. Il faut changer les lois régressives qui appuient l'obscurantisme et la misogynie. La laïcité provient de nos valeurs universelles qui n'ont rien à faire avec le patriotisme ou le nationalisme.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 octobre 2019 07 h 00

      Apprendre que monsieur Lebel est de mèche avec « cette extrême gauche tonitruante ».... Passons.

      @JP Martel, la « Canadian Constitution » a été écrite après la charte québécoise, adoptée à l'unanimité et que neuf ans de gouvernement souverainiste n'a pas cru utile de modifier. Or il a été nécessaire de déroger AUSSI à celle-ci. Faudrait-il en conclure que nous sommes non seulement victimes de l'Autre ethnie mais encore de la Nôtre? À moins que ce Nous québécois ait lui-même été dès lors contaminé par de l'Autre, ethnique lui aussi, comme le déplorait Monsieur en '95?

      Ce qui est assez remarquable, c'est que le récit des circonstances de l'entente de '82 soit ici, encore une fois, le prétexte pour évacuer complètement la question de la légitimité intrinsèque des dispositions en cause, vous suffisant une nouvelle fois d'en appeler au seul fait que « d'autres démocraties » ont fait des choix différents... et plus légitimes, je suppose, du seul fait qu'elles ne sont pas « impérialistes » ?

      Quant à dire que la Canadian constitution « oblige constamment le Québec à être en deçà de ce qu’il aspire à être. », le fait que la CAQ ait pu sans coup férir placer sa loi sous la protection de l'article 33 prouve exactement le contraire. Même si les cours, Supreme comprise, estimaient que L21 n'est pas compatible avec les droits définis par les deux chartes, elles n'auraient d'autre pouvoir que d'instrumenter le débat politique en vue de l'éventuelle reconduction de la dérogation, qui pourrait être reprise indéfiniment.

      Par ailleurs, ni le volume d'électeurs ayant choisi la CAQ sans que cette question ait jamais été un enjeu central, ni les sondages dont on interprète très librement les résultats, ni les résultats de la fédérale ne permettent de dire que L21 aille si clairement dans le sens de ces « aspirations ».

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 octobre 2019 07 h 13

      ". Les uns rappelèrent la signification politique pourtant évidente du voile islamique dans tous les pays musulmans comme dans les enclaves islamistes des grandes villes européennes.(..)

      Répétons-le, il ne s’agit pas ici d’une simple question de droit. Les sociétés sont des constructions complexes qui ne se réduisent pas à un Code civil. Penser un pays comme une simple fiction juridique sans traditions, sans moeurs et sans culture commune, c’est ouvrir la porte à la guerre civile.(..)

      Soixante-cinq ans plus tard, plus personne ne rit. 95 % des Égyptiennes sont obligées de porter le voile."
      https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/565604/l-impolitesse

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 25 octobre 2019 08 h 40

      M. Maltais-Desjardins,

      On ne peut mettre dans le même sac la Charte québécoise, adoptée unanimement, et la Canadian constitution, adoptée sournoisement par l’ethnie dominante du Canada.

      La deuxième est entachée d’illégitimité en raison des circonstances de son adoption.

      L’unique motivation pour le Canada d’entreprendre de se doter d’une nouvelle constitution a été la volonté de contrer la Loi 101, une loi révolutionnaire qui consacrait la suprématie des droits collectifs dans le but de s’opposer à la progression de la langue anglaise au Québec.

      En somme, la motivation d’Ottawa d’adopter une nouvelle constitution était de pouvoir poursuivre la colonisation du Québec.

      Autre différence fondamentale : la Charte québécoise est du droit civiliste, amendable par le législateur, alors que la Canadian Constitution compte, à toutes fins pratiques, sur des biais interprétatifs des tribunaux pour s’adapter aux réalités changeantes du futur.

      Or justement, ni les auteurs de la Charte québécoise, ni ceux de la Canadian constitution n’ont su prévoir la montée de l’intégrisme religieux sous l’influence du prosélytisme de la dictature mafieuse d’Arabie saoudite.

      D’autre part, je réitère que reléguer la pratique de la religion à la sphère domestique est parfaitement compatible avec les droits de la personne, comme le prouvent les constitutions des démocraties européennes.

      À mon avis, ériger toute ‘croyance religieuse’ au rang de droit constitutionnel fait en sorte qu’on doit distinguer les droits fondamentaux (comme le droit à la vie, par exemple) des ‘caprices constitutionnels’ canadiens (comme le droit de porter le niqab ou la burka).

    • Raymond Labelle - Abonné 25 octobre 2019 22 h 07

      Le seul effet de la Charte de 1982 sur la loi 101 est l'obligation de respecter le droit à un membre d'une minorité de langue officielle à recevoir une éducation primaire et secondaire dans sa langue, ce qui est prévu à l'article 23 (qui ne peut être visé par une clause dérogatoire, hors de la portée de l'article 33). La loi 101 prévoyait que l'un des parents devait avoir reçu une éducation en anglais au Québec, la Cour suprême étend ce droit lorsqu'un des parents a reçu une éducation en anglais au Canada. Ainsi donc, l'obligation pour tout immigrant, y compris venant de pays anglophones comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, est maintenue. Or, la proportion de personnes venant du ROC, par rapport aux immigrants, est bien faible.

      Il est vrai que certaines dispositions de la loi 101 ont aussi été visées par la Cour suprême en matière d'affichage. Ici, c’est la liberté d’expression qui est en cause – donc, le gouvernement du Québec pourrait, s’il le désirait, avoir recours à la clause dérogatoire pour prévoir un affichage uniquement en français. La Cour suprême a toutefois reconnu que, même sans la clause dérogatoire, le législateur pouvait exiger une préséance du français en matière d’affichage commercial.

      La Charte de 1982 n’a aucun effet sur l’éducation autre que primaire et secondaire. En théorie, l’Assemblée nationale pourrait abolir les Cégeps et les universités anglaises au Québec sans que les tribunaux ou le Parlement fédéral n’y puissent rien. Ou, de façon moins radicale, rendre conditionnelle l’obtention des diplômes à la réussite d’examens de français. Par exemple.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 octobre 2019 22 h 13

      Si le Québec avait été indépendant et avait eu une Constitution au-dessus du législateur garantissant la liberté d’expression, la question de savoir si le législateur peut imposer une amende parce qu’on s’exprime dans une langue autre que le français se serait aussi posée devant les tribunaux québécois.

  • Raynald Rouette - Abonné 24 octobre 2019 07 h 22

    De quel état de droit parlez-vous?


    Celui de la doctrine Trudeau père créé en 1982 sans l'accord du Québec? Celle-ci repose sur la plus grande tromperie politique et judiciaire que le Québec ait pu subir depuis 1759.

    Depuis 1982 que la Cour Suprême du Canada est instrumentalisée politiquement pour contrer indûment le Québec dans ses prérogatives. La doctrine Trudeau est un échec total, ce qui explique les profondes division dans ce pays, pour citer Alain Deneault dans le cadre du 150eme, "Le Canada est un projet colonial réussi". Trudeau père est le grand artisan du Canada actuel. Un beau merdier qui ne fera que s'envenimer parce que Trudeau fils se sent investi de la mission d'entretenir et protéger la doctrine de son père.

    Tout comme l'Espagne, le Canada est une démocratie de façade seulement. Alors, pour la leçon sur le droit au Canada...

    • Raynald Rouette - Abonné 24 octobre 2019 13 h 21


      Je profite de l'occasion et l'importance du sujet pour recommander un livre sur lequel Joseph Facal avait consacré deux chroniques les 27 et 29 août dernier, à lire absolument!

      Son titre: ISLAMOPHOBIE lntoxication idéologique, Anatomie d'une imposture, Albin Michel, l'auteur Philippe D'IRIBARNE est directeur de recherche au CNRS

      En résumé au verso: Le concept d'islamphobie est un leurre, une illusion, une intoxication! Il complique ce qui est simple, il obscurcit ce qui est clair. Il entretient le ressentiment au lieu de favoriser la concorde. Il pousse à la sécession au lieu d'encourager le rassemblement. Pour rendre meilleurs les rapports entre l'Occident et le monde de l'islam, il faut échapper à cette manipulation et cultiver un regard de vérité.

      Une telle clarification n'aiderait-elle pas le monde musulman à s'interroger sur lui-même? En faisant croire aux musulmans qu'ils sont des victimes systématiques, ne les prive-t-on pas de leur sentiment de responsabilité?

      Pour la première fois, Philippe d'Iribarne apporte un éclairage et des réponses concrètes.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 24 octobre 2019 14 h 21

      Vous avez parfaitement raison, M. Rouette.

      En adoptant cette constitution sans nous, l'ethnie dominante du pays a relégué le Québec au rang d’une colonie à qui la métropole impose unilatéralement sa loi.

      Ceci étant dit, la faiblesse majeure du texte de M. Lebel, c'est qu'en invoquant la disposition de dérogation, M. Legault utilise un mécanisme prévu par cette constitution. Donc il respecte l'État de droit puisque sa démarche s'inscrit à l'intérieur du cadre constitutionnel.

    • Marc Therrien - Abonné 24 octobre 2019 17 h 43

      Vous avez bien raison M. Rouette. On voit bien que la loi 21 sur la laïcité de l'État a une raison d'être bien plus essentielle que la simple disparition du hijab des salles de classe à Montréal. On n’a jamais parlé d’islamophobie, mais bien davantage de renforcement de l’identité de la Nation Québec.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 octobre 2019 07 h 12

      Si l'usage de la dérogation est inscrit dans le cadre constitutionnel canadien, cela contredit à sa face même la prétention que la métropole imposerait unilatéralement sa loi. Évidemment, les souverainistes se garderont bien de trouver quelque mérite à ce « mécanisme » que les constituants ont exigé afin de maintenir la préséance législative des parlements. Ils insisteront pour n'y voir que légitime défense.

      L'accession symbolique à la souveraineté (parce qu'elle n'est jamais réelle que dans des rapports de forces auxquels les déclarations solennelles ne changent pas grand chose) aurait au moins l'avantage de sortir les « aspirations » des québécois de ce récit victimaire.

  • Christian Montmarquette - Abonné 24 octobre 2019 07 h 22

    Le patriotisme est la vertu des brutes

    - Depuis quand les nationalistes se préoccupent-ils des droits de la personne?

    « Le patriotisme est la vertu des brutes » disait à raison Oscar Wilde.

    Et nous en sommes tous les jours les tristes témoins, avec ce Bloc québécois qui a choisi d'appuyer ses quatre candidats racistes aux dernière élections, après que la CAQ et le PQ aient instauré une xénohobie décomplexée au Québec.

    • Bernard Dupuis - Abonné 24 octobre 2019 11 h 31

      Flaubert complétait Oscar Wilde en disant que les brutes admiraient le sang et la m…

      Il ne faudrait pas sortir Oscar Wilde de son contexte européen duquel le Québec est bien différent.

      Heureusement, les patriotes et les nationalistes québécois ont toujours raffolé de tout autre chose, leur langue maternelle et le pays dont ils sont privés. En 1837 et en 1970, ceux qui aimaient le sang et la m... étaient plutôt des anti-patriotes et des anti-nationalistes. Et que dire des modernes?

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 octobre 2019 14 h 02

      "Les patriotes et les nationalistes québécois ont toujours raffolé de tout autre chose,"- Bernard Dupuis

      Il est bien loi le nationalisme des Lévesque, Godin, Parizeau des années 70.

      Depuis la dérive identitaire de la Charte des valeurs du PQ et de la loi 21 de la CAQ et du Bloc, je continue de penser que la mobilisation pour indépendance a été remplacée par une xénohobie décomplexée instrumentalisée à des fins bassement électorales au Québec.

    • Bernard Dupuis - Abonné 24 octobre 2019 16 h 03

      En Europe, le nationalisme et le patriotisme furent souvent associés au langage haineux et aux drapeaux tachés de sang. Ici, c’est plutôt l’inverse. Les anti-nationalistes ne cessent de confondre ces deux nationalismes.

      En 1970, le gouvernement Trudeau fit emprisonner plus de six cents nationalistes québécois sans aucune forme d’accusation. À ce que je sache, le drapeau québécois n’est pas taché de sang pas plus que la charte des valeurs et que la loi 21. Toutefois, on ne se gêne pas pour nourrir les propos haineux à l’endroit de nationalistes québécois. Les anti-nationalistes les accusent faussement de xénophobie, de racisme, etc. Où cela nous conduira-t-il?

      Le nationalisme québécois se comporte pratiquement à l’inverse du nationalisme européen.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 octobre 2019 16 h 26

      À ce que je sache, le drapeau québécois n’est pas taché de sang..

      - Est-il nécessaire de vous rappeler la tuerie à la mosquée de Québec?

      6 morts, 8 blessés graves et 17 orphelins.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 octobre 2019 16 h 31

      Depuis que le PQ a décidé de larguer l'indépendance pour ne pas nuire à ses élections, l'ensemble du bloc nationaliste : PQ, Bloc, CAQ, ont décidé de miser sur la xénophobie pour mobiliser leurs votes et leurs troupes. C'est aussi simple que ça.

      Il est plus facile de rallier 35% de racistes autour de la question identitaire pour se faire élire que 50% + 1 des votes pour faire l'indépendance.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 octobre 2019 16 h 35

      Comme le souligne à raison Pierre Desautels sous ce fil, la loi sur les mesures de guerre de Pierre Elliott Trudeau en 1970 était appuyée à 72% par les Québécois.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 24 octobre 2019 19 h 04

      "Je continue de penser que la mobilisation pour indépendance a été remplacée par une xénophobie décomplexée instrumentalisée à des fins bassement électorales au Québec." - CM

      Cette petite phrase lourde de conséquences illustre à merveille l’idée que son auteur fait maintenant partie des abonnés aux thèses multiculturelles fédéralistes et à leur interprétation tordue de la réalité québécoise. Le lessivage de cerveau, obtenu au moyen d’une propagande aussi insidieuse que soutenue, a fait une autre victime dans les rangs d’une minorité qui s’étiole de plus en plus. "Welcome to the Canadian Club and its unique way of thinking..."

      Dans ce conflit permanent de perspectives contradictoires, tout est question du point de vue que l’on est amené à adopter. Une fois qu'on a abandonné le sien propre pour accepter celui que la culture dominante impose, le reste de ce qui nous distingue va bientôt suivre le même chemin... Ce phénomène fait partie intégrante de l'aliénation culturelle.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 octobre 2019 05 h 03

      "Cette petite phrase lourde de conséquences illustre à merveille l’idée que son auteur fait maintenant partie des abonnés aux thèses multiculturelles fédéralistes et à leur interprétation tordue" - Jean-Charles Morin

      Votre interprétation tordue ne démontre rien du tout.

      C'est le Bloc nationaliste du PQ, du Bloc et de la CAQ qui se servent du racisme pour mobiliser leurs troupes et leurs votes. Pas Québec solidaire.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 25 octobre 2019 10 h 14

      "C'est le Bloc nationaliste du PQ, du Bloc et de la CAQ qui se servent du racisme pour mobiliser leurs troupes et leurs votes. Pas Québec solidaire." - CM

      Merci de confirmer mes propos par les vôtres, bien que ce soit sans doute involontaire de votre part.

      Traiter tous ceux qui ne pensent pas comme vous de racistes en dit long sur le sectarisme qui s’est établi à demeure dans votre manière de penser.

      Continuez à vivre dans le déni de votre monde parallèle si cela vous chante: vous vous mettez vous-même sur une voie de garage.

  • Cyril Dionne - Abonné 24 octobre 2019 08 h 00

    Vous errez encore M. Lebel

    Bon. Nos religieux aux amis imaginaires en rajoutent. Non, dans un État de droit, toute loi ne peut refléter les aspirations de tous et chacun sans que ce droit empiète sur les droits des autres. C’est pourtant simple à comprendre surtout en milieu scolaire.

    La religion est politique. La laïcité n’est pas seulement un principe en démocratie, c’est elle qui assure l’équilibre entre la vie politique et sociale. La politisation de la religion est une entrave au progrès social surtout en milieu d’éducation. Avec le port de signes ostentatoires religieux dans la sphère publique, ceci représente bien plus qu’une conviction personnelle et va à l’encontre de l’égalité de tous dans une démocratie. Notre société est basée sur le pluralisme et l’État doit intervenir pour le garder même si cela implique une limite aux droits et libertés individuelles. Nul droit n’est absolu sinon, c’est la débandade totale. La religion politisée à une influence sociale dominante qui peut être néfaste à tout système démocratique. Il faudrait toujours se rappeler que la laïcité est née de la démocratie avec l’abolition des privilèges religieux. Les idéologies politico-religieuses et religions organisées en conservent néanmoins beaucoup puisqu’ils ne paient aucune taxe ou impôt et ne font pas leur juste part sociétale.

    Dans toute société où il existe un pluralisme de croyances, la laïcité est garante de l’égalité de tous et la souveraineté du peuple sans distinction religieuse. La laïcité favorise la pluralité sans restreindre l’activité d’aucune conviction, sauf si sa pratique contredit les valeurs inhérentes et intrinsèques qui représentent la raison d’être de l’État. Et c’est le cas pour le port de signes ostentatoires par des personnes en position d’autorité. Les droits des professionnels en éducation n'outrepassent pas ceux qui sont incapables de faire les discernements nécessaires sans endoctrinement, notamment les enfants.

    Misère.

    • Thiery Dubreuil - Abonné 24 octobre 2019 10 h 05

      Je crois que c'est plutôt vous qui errez, Michel Lebel a raison de trouver Legault simplet dans son argumentation (en plus se ne sont pas la majorité des québécois qui sont pour le projet de loi 21, le sondage de Radio-Canada l'a démontré).

      D'ailleurs, vous pouvez faire toutes les montées de lait que vous voulez, mais un fait reste: il n'y a aucune litérature scientifique qui existe qui prouve qu'un professeur qui porte des signes religieux endoctrine ces élèves ou que ça pousse les élèves à devenir religieux. Ce fait invalide complètement le projet 21. Je commence à être tanné de voir la section des commentaires du Devoir rempli de ces petites montées de lait déconnecté de la réalité.

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 24 octobre 2019 13 h 24

      Montées de lait pour montées de lait. Je me demande qui est déconnecté de la réalité. Croyez-vous être mieux connecté que ceux qui sont d'argument contraire au vôtre?

      Toute personne qui affiche sa religion par des signes religieux le fait dans le but de lancer un message, aussi subtil qu'il puisse être. Si je me promène avec le drapeau du Québec fixé à l'antenne de mon véhicule, je ne le fais pas parce que je suis Canadien avant tout. De plus, toute démonstration de sa religion avec un signe ostentatoire devrait être un choix personnel et non imposé par quelques autorités religieuses que ce soit. L'interprétation des écrits religieux fut inventée par l'homme (ici je dis bien homme et non-référence à l’être humain) pour contrôler la masse et asservir les femmes, il est grand temps qu'il y ait retour d'ascenseur. La religion dans les lieux de cultes, la laïcité dans la société.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 octobre 2019 13 h 54

      Bon. Cher M. Dubreuil, est-ce que vous avez déjà enseigné dans une école primaire ou bien vous sortez des lapins de votre chapeau pour essayer de défendre l’indéfendable? Contrairement à vous, j’ai évolué dans le domaine de l’éducation comme enseignant et j’ai vu bien trop souvent, des gens aux certaines convictions religieuses portant une croix autour du cou qui faisait de l’endoctrinement subtil dans les salles de classe publiques. Tellement que plusieurs parents ont porté plainte. Mais vous n’avez jamais mis les pieds dans une salle de classe comme pédagogue pour comprendre.

      Évidemment qu’il n'y a aucune littérature scientifique qui existe au Québec pour le moment qui prouve qu'un professeur qui porte des signes religieux endoctrine les élèves parce que nous n'avions rien à redire avant la montée de la religion dans les écoles publiques via les signes ostentatoires. Justement, c’est comme dire qu’il existe une preuve scientifique indéniable qui prouve façon intemporelle et vérifiable par des pairs que nos amis imaginaires, magiques et extraterrestres existent vraiment et que le tout n’est pas de la désinformation. Mais disons poliment qu’avant la Révolution tranquille, les écoles québécoises abondent d’exemples d’endoctrinement lorsque les frères et les sœurs des communautés religieuses portaient leur costume d’Halloween à l’année longue.

      Mon mémoire pour ma maîtrise portait justement sur la réaction émotive de l'apprenant soumis à une représentation graphique (avatar). Disons d’emblée que la conclusion était frappante de voir comment les élèves au niveau primaire réagissait lorsqu’il interagissait avec différents avatars et comment c’était facile de les influencer et de les convaincre de tout lorsque cela venait d’une personne en autorité.

      Pour votre p’tit sondage de Radio-Canada non scientifique, ça vaut ce que ça vaut. Si vous sentez tellement confiant en la matière, un petit référendum sur la question pourrait clore le débat très rapidement. ;-)

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 octobre 2019 17 h 10

      Malheureusement, monsieur Thiery Dubreuil, n'est pas au courant de nos lois qui interdisent le port de signes politiques ou religieux ostentatoires que les fonctionnaires et les professeurs sont censés observer pour ne pas apporter préjudice à la neutralité de l'État. Les signes religieux sont le porte-étendard de l'intégrisme religieux et représentent un choix personnel, pas une obligation.
      Les fonctionnaires doivent respecter la neutralité de l'état. Les signes religieux ou politiques envoient un message silencieux de prosélytisme. Aimeriez-vous que le professeur de vos enfants enseigne en portant le signe du Ku Klux Klan en classe?

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 24 octobre 2019 08 h 09

    Pas 27 mais 21

    Monsieur Lebel.
    Depuis quand les minorités peuvent-elles en imposer à la majorité?
    Respecter les minorités ne veut pas dire soustraire les droits de la majorité.
    Qui plus est, la loi 21 s'applique à tous les citoyens et citoyennes du Québec, peu importe la religion.
    Pour ce qui est du droit, oui, le peuple peut revendiquer démocratiquement des changements de loi ou de nouvelles en fonction de ses aspirations.
    Nous vivons à l'intérieur des balises de la démocratie et non de la théocratie.
    Le Québec est un état laïc point final. J'ajoute que cette laïcité devra un jour couvrir l'ensemble de la société.
    Jean-Paul Carrier