Le visage francophone de Québec en perdition

À l’heure où le français est menacé partout au Canada, et même en France, notre douce mère patrie, où c’est chic de parler la langue de Shakespeare, comment se fait-il que les autorités de la Ville de Québec octroient encore des permis commerciaux à des entreprises anglophones qui viennent vendre leurs symboliques produits en plein dans la rue Saint-Jean, au coeur même du Vieux-Québec ?

Quel n’a pas été mon étonnement, en circulant à l’intérieur des portes, de voir qu’un autre commerce, après Moose à deux pas de la rue du Trésor, Mary’s Popcorn, rue Saint-Jean, maintenant Cows pour ne pas le nommer, figurait à pleine enseigne dans la même rue historique. Ironiquement, ladite vache est hébergée dans l’ancien local qui était destiné aux produits de l’érable québécois, qui aura fermé ses portes.

[…] Est-ce parce que les locaux sont inabordables sur cette artère touristique que seulement ces commerçants peuvent payer le loyer ou est-ce de la nonchalance de la part de nos élus, qui ne refusent rien pour combler les espaces commerciaux vacants ? Allez savoir pourquoi nous nous sentons en terre conquise sous l’emprise de gestionnaires sans considération pour notre langue.

La ville de Québec est une destination touristique prisée à l’international, entre autres par nos voisins américains. Et que viennent-ils chercher au Québec qu’ils n’ont pas chez eux ? Sûrement notre différence culturelle. Mais où est le caractère si distinctif qui fait notre spécificité et notre culture francophone dans ce type de commerce attrape-touristes ? Je me le demande. Il ne reste plus qu’à les accueillir avec un « Bonjour-Hi » et un petit verre de lait de Cows accompagné d’un biscuit à l’effigie de la feuille d’érable !

Honte à vous, Ville de Québec. Merci de protéger notre langue française dans le choix de nos commerces et dans l’affichage.

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2 commentaires
  • Michel Bouchard - Abonné 18 octobre 2019 08 h 17

    Ce n'est pas Bonjour-Hi....

    mais bien Hi-Bonjour ou carrément Hi ( et rien d'autre) dans les commerces de la métropole ! (...) Même aux élections , les fonctionnaires ( scrutateurs et autres employé.es) devront dire Hello-Bonjour ( partout au Canada). Je doute que les électeurs de l'Ontario et du Roc ( Rest of Canada) soient reçus avec ces 2 mots.

  • Daniel Gagnon - Abonné 18 octobre 2019 11 h 36

    L'ombre de Wolfe

    Malheureusement (est-ce l'ombre de Wolfe qui flotte encore sur les Plaines d'Abraham?), la région de Québec a gardé un faible pour Stephen Harper, oubliant toutes ces neuf années noires harpériennes (démantèlement du réseau francophonede Radio-Canada, nomination de juges unilingues anglais à la Cour suprême…).

    Ces positions avérées des Conservateurs anti-francophones ne semblent pas avoir effacé cette ambivalence de la région de Québec, ce goût suicidaire de se marcher sur la langue.

    On dirait bien que le traumatisme des Plaines a perduré et qu’on pense, là-bas, à l’abri des canons qui se sont tus, que le français n’a pas vraiment droit à sa place à Québec, que nous n’avons pas vraiment le droit d’exister ici. Paradoxal non?