Économie et environnement: la complexité d’un enjeu vital

Dans les cercles du pouvoir politique et économique, on prétend pouvoir conjuguer la croissance économique et la protection de l’environnement. La stratégie la plus courante dans la lutte contre les changements climatiques consiste désormais à miser sur notre capacité à s’adapter aux crises et aux bouleversements engendrés par notre tendance à favoriser un certain statu quo.

L’argument économique est bel et bien incontournable, mais il y a un réel danger à vouloir simplifier cet enjeu vital, pour les États comme pour les entreprises. Les grandes institutions réclament déjà des investissements massifs dans les efforts menant à la transition énergétique. À ces dépenses qui sont principalement assumées par nos gouvernements, il faut ajouter tous les coûts liés aux conséquences économiques, sociales et environnementales.

La faillite financière des États est un phénomène prévisible. Il en va de même pour plusieurs secteurs de notre économie et, en particulier, pour les différentes institutions financières qui sont exposées aux risques. Les compagnies d’assurances sont en première ligne d’une crise de rentabilité et de responsabilité. Les estimations des dépenses consacrées au secteur agricole et alimentaire font déjà état d’une situation alarmante, alors que les rigueurs du climat impliquent déjà des investissements importants dans nos infrastructures et des dédommagements pour les citoyens et les communautés affectés par ces bouleversements.

L’impasse financière est donc bien réelle et l’argument économique, simpliste et idéologique, que l’on nous sert dans les cercles du pouvoir démontre avant tout l’incompétence et le manque de vision qui caractérisent nos décideurs.

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1 commentaire
  • Cyril Dionne - Abonné 15 octobre 2019 09 h 31

    Naïveté 2.0

    Bon. La croissance économique est l’antithèse de la protection de l’environnement. Le développement durable est un oxymore, une contradiction qui suit bien dans les traces de l’intelligence militaire ou policière, clair-obscur oblige. Seul la simplicité volontaire et le contrôle des taux de population via l’émancipation et l’éducation des femmes partout dans le monde pourront palier à ce désastre écologique qui n’est plus en devenir.

    Et la simplicité volontaire implique la décroissance économique et le chaos mondial. Disons que nous sommes devant des choix difficiles. La fin du monde par la destruction de notre environnement ou bien l’Armageddon nucléaire, la résultante naturelle du chaos social mondial.