Urgence patrimoniale à La Malbaie

Il est vrai qu’il y a longtemps que les hauts cris sont lancés : il y a urgence patrimoniale dans la ville de La Malbaie. Faut-il en parler encore ? Je crois que oui, car c’est la survie même de l’intégrité architecturale de cette ville qui est désormais en jeu.

Depuis l’arrivée de l’administration du maire Michel Couturier en 2013, trois bâtiments essentiels à la trame urbaine de La Malbaie ont été démolis : la maison du cordonnier, l’hôtel dit du bedeau, l’ancien hôtel de ville de municipalité. Cette administration a aussi dévasté un secteur de la ville (autour de l’ancienne gare) en détruisant la flore et la faune pour un stationnement. D’ailleurs, ce sont toujours des espaces de stationnement qui justifient les gestes de démolition et tout cela alors qu’il faudrait parler plutôt de développement durable.

L’artère principale, la rue Saint-Étienne, est crevassée et délaissée. S’y égrènent des bâtiments où l’on retrouvait autrefois des commerces. Désormais vides. À vendre et sans jamais trouver preneur. Avec des façades négligées, des maisons historiques sans aménagement. Comme un long couloir un peu désespérant, presque inquiétant.

Il y a aussi le quai du secteur Pointe-au-Pic, abandonné depuis tant d’années, presque dévasté avec son horrible clôture de broche à l’entrée. Défense d’y aller. Pas de projets en vue. Sinon des projets incertains soumis par le maire à grand coût, mais que la population n’a pas appuyés.

Et aussi le pauvre boulevard des Falaises, autrefois si rutilant et désormais si triste : villas à vendre, plusieurs à l’abandon, mauvais entretien de la chaussée. Ce lieu hautement fréquenté par des villégiateurs américains surtout mérite d’être préservé. Est-il déjà trop tard ?

Voilà un peu de mes impressions et aussi de mes pressions sur La Malbaie. On peut faire mieux. Notre Société d’histoire de Charlevoix a déjà sauvé de haute lutte la forge Riverin datant de 1840, longtemps vouée à la démolition par le maire de La Malbaie, alors tout est possible… J’en appelle à ceux et celles, à la ministre de la Culture du Québec en particulier, d’ici ou d’ailleurs, qui aiment La Malbaie afin d’agir au plus tôt, sans tarder, car il y a définitivement urgence patrimoniale à La Malbaie.

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