L’obsession de la Loi sur la laïcité de l’État

Décidément, la Loi sur la laïcité de l’État dérange beaucoup de monde au niveau fédéral, au point d’occuper une place étonnante dans les débats de la campagne électorale.

On y voit quelque chose d’extrêmement grave, la violation par le gouvernement du Québec de droits fondamentaux. M. Trudeau ira en Cour suprême, les autres, tout aussi horrifiés par cette « dégueulasserie » pour paraphraser M. Singh, cultivent une certaine ambiguïté dans les allers-retours entre le français et l’anglais. Leur indignation sur une question aussi fondamentale révèle qu’ils ne comprennent pas le parcours du Québec (redéfinition de son rapport au religieux) ou, plus simplement, ne comprennent pas le Québec tout court.

Avec une perception aussi négative du Québec (qui serait, soulignons-le encore, coupable de violer des droits fondamentaux !), comment peuvent-ils le respecter, sans même parler de l’aimer ? Ou peut-être, puisque nous sommes après tout une société accueillante, généreuse, ouverte sur le monde et puisqu’il faudra bien vivre ensemble de toute façon, pourraient-ils juste laisser tomber les gros mots.

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16 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 10 octobre 2019 00 h 50

    La laïcité de l'état nous protège contre le fascisme religieux.

    Je suis tout à fait d'accord avec l'auteur, François Thérien, que le Canada anglais ne comprend absolument rien à la question de la laïcité. Et pourtant, 50% de tous les Canadiens aimeraient en avoir une pareille législation au seine de leurs juridictions respectives.
    Les chefs de différentes formations politiques, à l'exception du Bloc, aiment lancer des accusations de racisme et de xénophobie, au lieu d'essayer de comprendre les raisons valables pour lesquelles les Québécois favorisent la loi 21. Ils pensent que c'est une question d'apparence.
    Mais, ce sont l'intégrisme religieux et la misogynie qui ne sont pas acceptables dans une société civilisée. Les pays réussis ont adopté la séparation entre l'église et l'état depuis des siècles. Le communautarisme et le tribalisme encouragé par monsieur Trudeau pour accéder à une banque de votes ethniques détruisent la cohésion sociale et présente une entrave à une vision citoyenne commune.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 octobre 2019 07 h 37

      Ce Canada anglais s'est vêtu d'une Charte qui a élagué l'autorité du Québec en matière de laïcité et en est fier. Avec le PM Trudeau père, il estime avoir rapatrié sa constitution et, en remaniant, consolidé le pouvoir de la Chambre des communes et instituté comme arbitre les juges de sa Cour suprême.

      L'enjeu de la Loi 21 est là. Elle affirme une laïcité de l'État du québec dans les pouvoirs qui lui sont reconnus en recourant aux règles de la constitution de 1982 que le governement du Québec n'a pas adoptée.

      Cet enjeu s'est déployé en valorisant des pratiques confirmant le passage d'une fonction publique imprégnée de signes religieux à une fonction publique dans laquelle le respect des Québécois et des Québécoises fut renforcé lors de la révolution tranquille par le retrait des signes religieux portés par des employés relevant des responsabilités de l'État québécois.

      De retour d'une rencontre avec le président français en début de mandat, le PM Legault a choisi de redorer ce respect des Québécois et des Québécoises que des habitants du Québec, désireux de faire valoir leurs croyances religieuses au nom de la Charte québécoise et canadienne des droits et libertés, remirent en question en sachant que la canadienne était depuis 1982 l'assise du droit au Canada et en reconnaissait les pratiques en cours au Canada hors Québec.

      S'opposent depuis deux conceptions de la laïcité. L'une étant provinciale, il est prévisible qu'elle déborde ce cadre non dans la perspective d'une nation préexistante, plutôt dans celle de l'affirmation du peuple québécois puisque cette loi 21 l'a enfin remis au centre du pouvoir, ce qui le rend porteur d,autres changements qui déborderont les vues du PM Legault.

  • Marc Therrien - Abonné 10 octobre 2019 07 h 27

    Y a quand même du plaisir à faire fâcher le ROC


    Il est à espérer que quand les Québécois les plus fragiles, encore obsédés par leur recherche identitaire, dont on ne connaît pas cependant le nombre exact, seront suffisamment guéris, s'étant dotés du parapluie de l'indifférence, ils tolèreront mieux les gros mots de leurs voisins ou encore, prendront du plaisir à les faire fâcher.

    Marc Therrien

  • Michel Lebel - Abonné 10 octobre 2019 07 h 34

    Une loi inutile

    Un fait demeure: la loi sur la laïcité viole les droits de la personne, ce qui ne constitue pas un fleuron pour le Québec. La raison d'être de cette loi est essentiellement électoraliste. Cette loi est en plus tout à fait inutile, ne pouvant certes fonder un projet de société.

    M.L.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 octobre 2019 16 h 42

      Il y eut une commission Bouchard Taylor.

      Plus ou moins 70% des Québécois sont d'accord. Et environ 50% des Canadians.

  • Cyril Dionne - Abonné 10 octobre 2019 08 h 20

    La vérité d'une loi qui dérange

    Parler des deux côtés de la bouche en même temps est un art. Pour Trudeau, il ne parle aucune langue qui est intelligible aussi bien en français qu’en anglais. Et pour Singh, c’est « dégueulasse » de l’entendre baragouiner le français.

    Justin Trudeau défendra bec et ongles le multiculturalisme parce que c’est cela qui le fait élire. Sans Montréal, Toronto et Vancouver, notre petit bambin à la « black face » ne serait pas ici même s’il est multimillionnaire et que son nom est Trudeau. Sa charte désuète qui ne reflète plus le Canada d’aujourd’hui, où les tablettes de Moïse pour les extrémistes mondialistes et multiculturalistes, eh bien, le Québec ne l’a pas signée tout comme il n’a pas signé cette constitution.

    Pour Jagmeet Singh, c’est le même qui comme député néodémocrate provinciale, s’était oppose à l’enseignement de la santé sexuelle dans les écoles publiques ontariennes sous prétexte que cela brimait les croyances religieuses des enfants. C’est le même qui porte ses croyances religieuses plus hautes que de servir tous les citoyens sans signes ostentatoires identitaires. Lui aussi, comme notre ami qui aime se déguiser, a deux discours; un qui parle aux Anglos et un pour les francophones.

    Nos deux énergumènes feront tout pour contester la loi 21 quitte à employer les argents des taxes et impôts des Québécois pour le faire. Nous deux soldats du multiculturalisme envahissant feront tout en leur pouvoir pour que les amis imaginaires des identitaires religieux outrepassent la raison d’État au Québec. Nos apprentis sorciers en politique voudront imposer leur vision théocratique sur les gens, qu’ils le veulent ou non. C'est croit ou meurt. Curieux tout de même, la réaction des Anglos de souche au ROC est la même que les Québécois sur ce sujet. Mais pour nos multiculturalistes, les Québécois sont des racistes et cela fait beaucoup de peine à M. Singh et Trudeau. Ce sont les mêmes qui disent qu’ils peuvent négocier avec Donald Trump.

    Misère.

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 10 octobre 2019 08 h 21

    Solution à un problème imaginaire

    Il n'y a pas de menace d'imposition d'un pouvoir religieux au Québec, sauf peut-être l'élection de M. Scheer. Prétendre le contraire relève de la grossièreté intellectuelle, et provoque le type d'enflures auxquelles Mme. Alexan nous a habitués. Qui plus est, cette loi dégueulasse ne fait que viser hypocritement une religion minoritaire, donc encore moins "menaçante".

    Il est tout à fait naturel de s'y opposer par un souci de la dignité humaine. Cela n'a rien à voir avoir une méconnaissance du Québec. Ce genre de propos méprisants contribue à la radicalisation d'une frange identitaire, pour qui le vrai Québécois craint le voile, parle un joual qu'il chérit et est fier d'avoir un vendeur de chars usagés comme Premier ministre. C'est cette pseudo-majorité qui est à craindre. Le Québec est heureusement beaucoup plus complexe et diversifié.

    Restons-en aux débats d'idées et cessons de tout assujetir à l'opposition Québec-Canada.