Foi personnelle et foi politique

Je suis tout à fait d’accord avec les lois actuelles concernant l’interruption volontaire de grossesse, je ne suis pas un partisan conservateur et me définis plutôt comme agnostique, mais je trouve un peu excessives les demandes des autres chefs et des journalistes à l’endroit du chef conservateur Andrew Scheer sur ses croyances personnelles. Son engagement maintes fois répété de ne pas appuyer un éventuel projet de loi issu de certains de ses députés me semble clair et convaincant.

La question plus générale que cela soulève, c’est la possibilité pour une personne d’entretenir une foi religieuse personnelle et de mener une carrière politique dans un contexte de lois et de politiques pas totalement conformes à ses valeurs personnelles, qu’elles soient civiques, morales ou religieuses. L’un ne devrait pas être incompatible avec l’autre. La neutralité de l’État et de ses institutions ne signifie pas l’exclusion des croyants s’ils respectent cette neutralité et les lois adoptées sous le couvert de celle-ci.

Dans le cas des conservateurs, il y a bien d’autres interrogations à leur formuler, pour le bien-être du Canada et du Québec.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

3 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 8 octobre 2019 07 h 53

    Une affaire personnelle


    Drôle de titre: il n'y a pas de foi politique. La foi est une affaire personnelle, un point c'est tout.Et une personne n'est pas obligée de la cacher dans le placard, parce qu'elle fait de la politique. Mais comme plusieurs personnes, dans les médias et ailleurs, sont allergiques, voire hostiles au fait religieux, Andrew Scheer le faible, goûtent à leur médecine. Un acharnement qui n'est pas toujours bien joli! Mais ainsi va la vie.

  • Cyril Dionne - Abonné 8 octobre 2019 08 h 27

    L’hypocrisie de certains ne sanctionne pas les valeurs morales de tous

    Justin Trudeau nous disait en 2011 qu’il était contre l’avortement selon ses croyances civiques, morales et religieuses catholiques. C’est « ben » pour dire. Maintenant, à quelques jours du scrutin, il se dit pro-choix. Coudonc, est-ce qu’il y a d’autres « black ou brown face » là-dedans?

    Tout cela pour dire qu’on peut avoir des convictions personnelles sincères, mais dans l’exercice du pouvoir, on les met de côté pour le bien de la grande majorité des citoyens et des lois votées puisque nous sommes en position d’autorité. Oui, la séparation des églises de l’État n’est pas l’exclusion des croyants, mais bien des règles claires en ce qui concerne la neutralité dans les offices publiques. Et on ne reviendra jamais sur l’égalité des hommes et des femmes dans notre société, ce qui implique le droit inaliénable de la moitié de l’humanité d’être maîtresse de leur corps. Sujet clos.

    • Michel Lebel - Abonné 8 octobre 2019 11 h 22

      @Cyril Dionne,

      Je suis sûr d'une chose: le sujet ne sera jamais clos, car il met en cause les deux plus grandes valeurs dans toute société, soit la vie et la liberté.

      M.L.