Interdire le «Bonjour-Hi» ou le ridicule péremptoire

Autant j’ai été agréablement surprise des mesures prises par notre SJB national pour favoriser la francisation des immigrants, autant je suis découragée par son intention d’interdire le « bonjour-hi ».

N’y a-t-il pas plus urgent pour promouvoir la langue française ? J’ai appuyé et j’appuie toujours la loi 101, notamment pour la préséance qu’elle accorde au français dans l’affichage. Mais peut-on interdire un comportement langagier ? Et cela amène une autre question dont il faudra bien débattre. Montréal, ville française, compte une forte proportion d’anglophones. Devons-nous les effacer pour assurer notre survie ?

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25 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 7 octobre 2019 00 h 49

    La langue de Molière devrait être une source de fierté pour les anglophones et les allophones.

    À Micheline Marier: Sans la loi 101, la langue française sera morte comme le sort qu'elle a subi dans le reste du Canada anglais unilingue.
    Le ministre Jolin a raison d'encourager la salutation avec un seul «bonjour» sans le «hi» pour renforcer le seul endroit en Amérique du Nord où on a la chance de s'exprimer dans la langue de Molière. Ce n'est pas un mépris pour les anglophones de célébrer le fait français du Québec, la seule juridiction dans un continent qui ne parle que l'anglais.

  • Jacques-André Lambert - Abonné 7 octobre 2019 05 h 41

    Leur choix, mon choix.

    Les anglophones de Montréal boycottent les commerces dont les affiches ne sont pas bilingues
    C'est leur choix.
    Quant à moi, jamais je ne dépenserai un sou dans un commerce qui m'accueille en bilingue.
    C'est mon choix.

    Et je n'irai pas non plus à Montreal Yul Eat
    Même si, selon les promoteurs, E signifie Expérience, A signifie Appétit et T signifie Terroir.

    Si vous pouvez gober ça, pas moi.

  • Marc Therrien - Abonné 7 octobre 2019 07 h 10

    Un pour tous, tous pour nous


    Simon Jolin-Barrette n’a cependant pas précisé comment il entendait procéder concrètement à cette interdiction. À part installer des systèmes de surveillance audio-vidéo dans les commerces jugés les plus suspects ou encore d’appeler la police de la langue sur dénonciation des citoyens engagés pour le bien de la nation, je ne vois pas bien des moyens de contrôler la langue parlée dans ces espaces publics. Je ne sais pas s’il faut s’inquiéter outre mesure de la tentation totalitaire émanant du débordement d’enthousiasme de ces passionnés du «Nous» ayant retrouvé cette volonté de puissance pour qui la fin justifie les moyens en toute légitime défense compte tenu de leur statut de victimes de l’oppression anglosaxonne.

    Marc Therrien

  • Michel Lebel - Abonné 7 octobre 2019 07 h 11

    Le grand ridicule!

    Le caquisme vient d'en pondre une bonne! Plus ridicule que cela tu meurs! Ce qui me fait penser à François Legault lorsqu'il parlait de ''pommes pourites''! Je conclurai que les censeur Jolin-Barrette aura beaucoup, beaucoup, de travail à faire pour obtenir un français châtié au Québe! Pour le langage parlé, les lois sont inutiles. L'usage a prévalence.

    M.L.

    • Nadia Alexan - Abonnée 7 octobre 2019 12 h 30

      Vous êtes toujours du mauvais côté de l'histoire, monsieur Lebel. Il n'y a rien de ridicule en voulant s'épanouir de la colonisation de l'Empire Britannique. Quand on s'en va en Grèce, on nous accueille par un «caliméra» quand on visite l'Italie, c'est le «bonjorno» et à Cuba, c'est le «hola» sans le «hi». Arrêtons la mentalité de colonisés. L'accueil doit passer par le «bonjour» sans le «hi», c'est une question de bon sens.

    • Bernard Dupuis - Abonné 7 octobre 2019 12 h 32

      Nous pouvons reconnaître derrière vos propos la conception ultralibérale de la relation entre la loi et l’usage. Cependant, la conception républicaine m’apparaît plus sage, entre le fort et le faible, l’usage enchaîne et la loi libère.

    • Michel Lebel - Abonné 7 octobre 2019 12 h 42

      @ Bernard Dupuis,

      La langue parlée, dans le domaine privé, ne peut être réglementée.Elle relève de la liberté d'expression. Ma réponse serait différente pour les fonctionnaires de l'Etat et les autres agents du service public

      M.L..

  • Jean Lapointe - Abonné 7 octobre 2019 08 h 46

    Non c'est à nous de nous affirmer au lieu de nous comporter comme des inférieurs à eux.

    Montréal, ville française, compte une forte proportion d’anglophones. Devons-nous les effacer pour assurer notre survie ?

    L'un des problèmes c'est que bien des anglophones cherchent à imposer leur langue chaque fois qu'ils le peuvent sans hésitation et même de façon agressive parfois. Je le constate chaque fois que je vais au centre-ville de Montréal. C'est que beaucoup d'entre eux vivent au Canada et non pas au Québec et donc se croient justifiés de se comporter et d'être traités dans leur langue parce que le Canada pour eux se veut bilingue. Ils ignorent semble-t-il que le Québec a le français comme langue officielle et qu'il veut en faire la langue commune. Eux et la pupart d'entre nous francophones vivons dans des mondes différents.

    Pour eux nous les francophones ne sommes qu'une minorité au Canada et donc c'est à nous de parler la langue de la majorité. Pour beacoup d'entre eux j'ai vraiment l'impression que parler français est humiliant parce qu' ils se considèrent comme les «maîtres» au Canada. Nous nous se sommes que ce qui reste de la Nouvelle France et nous sommes donc appelés à plus ou moins long terme à nous assimiler aux anglophones quiite à accorder quelques privilèges non pas aux francophones mais à la langue française.. C'est ce qui doit arriver quand un territoire est conquis. Les gens qui y habitent qui ne parlent pas la langue du conquérant doivent passer à sa langue à lui. C'est ce qu' il s'est passé dans bien des pays, en Corse par exemple. Napoléon a délaisse sa langue maternelle et est passé au français.

    Ce n'est qu'en décidant de faire du Québec un Etat souverain et indépendant que les francophones pourront être considérés par les anglophones et le rste du monde comme des égaux et non pas commes des êtres inférieurs à eux.

    Eux se considèrent comme les maîtres au Canada et nous regardent de haut. Une bonne majorité d'entre nous au contraire nous ne nous considérons pas comme une minorité mais comme un peuple distinct.

    • Gilles Théberge - Abonné 7 octobre 2019 15 h 47

      Vous avez raison entièrement de dire que c'est à nous de nous affirmer. Quand ce sera fait, il n'y aura plus de problèmes de langue.

      Toutes les fois qu'un conquérant envahit un pays, la lange nationale passe à la moulinette.

      C'est bien de nommer la Corse. Mais vous oubliez l'Irlande et l'Écosse, qui sont passés à l'Anglais, de force. Quiand à nous, nous résistons encore...