Changements climatiques: les faits sont là

Nombreuses sont les personnes qui affirment ne pas croire aux changements climatiques. Or les changements climatiques ne sont pas un objet de croyance. La croyance est une adhésion à une représentation du monde subjectivement recevable, mais objectivement insatisfaisante et donc insuffisante. Il appert que l’affirmation qu’il y a effectivement des changements climatiques repose sur l’observation du monde réel et sur des faits mesurables et non sur une quelconque représentation du monde qui relève plus d’une vue de l’esprit que d’une véritable adhésion à la réalité.

Dans cette perspective, il est primordial de se poser la question suivante : qu’est-ce qui amène des gens à affirmer qu’ils ne croient pas aux changements climatiques ? Les raisons sont certainement diverses, mais il est essentiel de se pencher sur l’une d’entre elles : nier la réalité par refus de perdre ses privilèges, car les transformations profondes nécessaires pour faire face au défi que représentent les changements climatiques remettent nécessairement en question les privilèges des mieux nantis et des dominants, mais aussi de notre vie. Nous avons individuellement et collectivement à repenser l’économie de fond en comble, à déconstruire et à se délester des dogmes économiques, telle la croissance illimitée, à remettre en question la trinité surproduction-surconsommation-surexploitation, à remettre en question notre sacro-saint mode de vie et notre relation à la nature, à créer de nouveaux modèles de société en harmonie avec l’environnement, à enclencher une décroissance équitable et gérable pendant qu’il en est encore temps, à repenser nos modes de transport, à faire de la politique autrement, etc.

Les défis sont grands. Il est impératif de choisir en toute conscience d’y faire face et de mettre en oeuvre les profondes transformations que requiert la situation inédite à laquelle l’humanité est confrontée. Si nous ne les entreprenons pas de nous-mêmes, elles nous tomberont dessus par la force des choses, nous n’y échapperons pas, car les changements climatiques ne sont pas une croyance. Ce sont des faits observables et dont les effets sont mesurables et bien réels. Que cela nous plaise ou non, la négation de la réalité ne change rien à cette réalité. Les faits sont là !

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

24 commentaires
  • Raynald Blais - Abonné 3 octobre 2019 06 h 13

    Fais pas simple

    "Que cela nous plaise ou non, la négation de la réalité ne change rien à cette réalité. Les faits sont là !" (Nelson Tardif)

    Il est tout à fait vrai que "La négation de la réalité ne change rien à cette réalité"; Pas plus d'ailleurs que sa simplification ne nous aide à la révolutionner. Le refus d'une partie de ma classe, la classe moyenne, (et d'autres) à renoncer à ses privilèges peut l'amener à perdre de vue la réalité, aussi menaçante soit-elle, mais la force des intérêts qui exigent de maintenir l'ancien ordre des choses, du moins l'essentiel, en retardant, depuis trop longtemps déjà, l'humanité dans sa lutte aux changements climatiques, est beaucoup plus redoutable. Elle l'est parce qu'elle est appuyée par une gigantesque réserve de moyens de production et de capitaux qui peut servir à tout moment à financer la défense de ces intérêts dans l'accumulation et la concentration du capital. Un plan sérieux de lutte aux changements climatiques doit en tenir compte.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 octobre 2019 08 h 59

      D’accord avec vous M. Blais.

      Coudonc, faut-il faire un acte de foi pour croire dans les changements climatiques? On préfère utiliser la raison, la logique, la science et les données empiriques pour se faire un portrait véritable du phénomène climatique. Les changements ne sont pas une religion et lorsqu’on verse dans l’émotivité, on manque tout simplement le bateau. Tous ces gens qui déferlent dans la rue avec leurs vêtements dernier cri, leur téléphone intelligent etc., eh bien, la plupart n’ont aucune culture scientifique pour comprendre des phénomènes qui sont très complexes et de se retrouver dans ce dédale de théories et de faits.

      Déconstruire la croissance économique qui a sorti des milliards de gens de la misère et qui nous donné un confort qu’aujourd’hui on prend pour acquis, est une voie que personne ne suivra. En 1840, durant la 1ère révolution industrielle, le moteur à vapeur fit son apparition. Il utilisait le charbon pour chauffer l’eau afin d’actionner la machine. Nous sommes passés d’une société basée sur l’agriculture à une industrielle. En fait, nous sommes passées de la grande noirceur du Moyen-Âge à l’ère industrielle qui a libéré des milliards de gens de l’esclavage et des régimes dictatoriaux comme la monarchie.

      Pour la décroissance économique, c’est la fin de la civilisation tout simplement. En 1929, lors du Krach, l’économie a décliné par 25%. On s’est retrouvé avec 33% de chômage en Allemagne et ceci a facilité la montée du nazisme. Les gens n’avaient plus rien à perdre et ont opté pour un petit barbu qui s’est servi de la proportionnelle pour monter un coup d’état légal.

      Tout comme pour la bourse de carbone, ceci permet aux riches comme Trudeau de s’acheter des crédits pour polluer. Mais ici, ceux qui sont moins nantis ne peuvent pas se permettre ce luxe. C’est le commerce des indulgences environnementales tel que promulgué par la papauté des riches qui prient à l’autel de la sainte rectitude écologique, Martin Luther oblige.

    • Nadia Alexan - Abonnée 3 octobre 2019 11 h 01

      À monsieur Cyrile Dionne: l'auteur a raison de signaler qu'il faudrait se débarrasser de l'idée capitaliste de la croissance éternelle et de la consommation effrénée qui nous amènera aux gouffres. Notre planète ne peut plus tolérer le saccage et la dégradation de ses ressources. Il faudrait arrêter le vandalisme de la planète au nom de la cupidité de quelques individus. Selon OXFAM 62 personnes détiennent la moitié de la richesse mondiale. C'est une situation aberrante.
      https://www.latribune.fr/economie/international/comment-26-milliardaires-detiennent-autant-d-argent-que-la-moitie-de-l-humanite-804594.html

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 3 octobre 2019 12 h 10

      Si l'on chercher à corréler CO2 et production agricole, on constatera que plus il y a de CO2 et plus les rendements sont élevés. Inversement, plus il y a de CO2 sur la planète et moins il y a de morts reliés aux catastrophes naturelles.

      Évidemment, ça n'est pas le CO2 qui diminue la mortalité... Le CO2 est la conséquence de divers progrès. Il y a eu une gigantesque famine en 1876-1878 a provoqué 30 millions de morts (d'après Wikipedia) évidemment, les injustices, les inégalités, la colonisations ont dû accroitre les problèmes.

      Mais regardons la Corée du Sud, il est évident qu'elle est mieux placée que la Corée du Nord pour affronter l'avenir. Dans le même ordre d'idées, un accès à l'énergie, peu chère et abondante, ça peut sauver des forêts...
      Les Montagnes blanches, dans le NH ont été rasées au siècle dernier. Aujourd'hui, c'est un joyau et le NH refuse qu'une ligne d'hydro défigure ce paysage.

      Si l'on veut concentrer les humains dans les villes, être efficace en production alimentaire, construire en hauteur, il faut du progrès et de l'énergie abondante... À l'intérieur même du capitalisme, la croissance peut signifier une revalorisation des déchets et une augmentation de la qualité. La croissance a signifié pour un temps des produits peu chers, fait en Chine, mais plus le niveau de vie augmente, plus les consommateurs veulent des biens durables, sans COV, etc.

      Les pays nordiques montrent l'exemple avec une valorisation du bois pour leur propre meubles et construction, ce qui veut dire que les produits IKA peuvent couter plus chers eux aussi à mesure que la matière première est «retournée» vers des constructions durables. Dans pas long, le Qc aussi commencera à construire avec des panneaux en bois, structurellement solides, durables, à l'épreuve du feu. Il y a déjà, sur la 15, deux immeubles à bureau dont l'ossature est en poutres et poteaux... Ça n'est qu'un début.

    • Raynald Blais - Abonné 3 octobre 2019 12 h 21

      Si je vous comprends bien, M. Dionne, vous êtes d'accord sur le teneur de mon commentaire, sauf avec la dernière ligne qui sous-entend qu'il peut exister un plan nous permettant de prendre la main dans la partie des changements climatiques.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 octobre 2019 14 h 15

      Chère Mme Alexan,

      Vous allez remplacer la croissance économique et le capitalisme par quoi? Vous savez, c'est ceux-ci qui paient pour votre pension présentement. Sans ceux-ci, vous pouvez lui dire adieu.

      Moi je fais confiance à l'être humain de pouvoir s'adapter aux changements climatiques. En fait, l'humanité en a connu des phénomènes aussi graves et même plus. Personnellement, je suis bien plus préoccupé par les 15 000 ogives thermonucléaires qui pendent au-dessus de nos têtes.

      En passant, les Nations unies sont une des organisations les plus corrompus de la planète.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 octobre 2019 16 h 26

      Non M. Blais, je suis d'accord avec votre dernière ligne. Il existe des plans pour se prendre en main, on appelle cela s'adapter aux changements qui surviennent. Un certain Charles Darwin en avait discouru longuement avec Thomas Huxley de ce concept scientifique. C'est la seule issue pragmatique, logique et réelle qui nous reste. Les autres, comme la décroissance, sont des lubies que même les pires écoterroristes et écoanxieux de la planète ne veulent pratiquer. Mais pardieu qu’ils aiment en parler, Québec solidaire oblige. Ils veulent une planète verte en autant que ce sont les autres qui font tous les sacrifices comme les pauvres qui font de la simplicité volontaire, de façon involontaire. Les moins nantis de la planète ne peuvent pas s’acheter des crédits pour polluer comme les hypocrites à la Justin Trudeau.

    • Raynald Blais - Abonné 4 octobre 2019 00 h 34

      Il est vrai que la décroissance sous le capitalisme pour lutter contre les changements climatiques affectera plus durement les classes inférieures même si un parti social-démocrate "promet" d'en atténuer les effets, et ce, malgré l'opposition prévisible de la classe dominante. Mais l'adaptation aux changements climatiques sous le capitalisme, telle que proposée par d'autres, favorisera également les classes privilégiées et alimentera la grogne. Ces deux solutions font croire faussement que l'humanité peut affronter les bouleversements climatiques sous un capitalisme d'État ou sous un capitalisme amélioré.

      Pourtant, l'accélération des changements climatiques semblent se dérouler en même temps qu'une dégénérescence bien visible du capitalisme, jadis symbole de progrès. Aucune des solutions visant à le conserver ou le réformer ne semble répondre au danger qui menace toutes les espèces, dont la nôtre.

  • Marc Therrien - Abonné 3 octobre 2019 07 h 00

    Mais l'avenir n'est pas encore cette réalité que l'on ne peut nier


    Les faits sont là et peuvent être facilement observés. Le problème n'est pas tant dans l'établissement d'un diagnostic à partir de l'observation des symptômes. Le problème sur lequel on ne s'entend pas est plutôt celui du pronostic. L'avenir n'est pas encore une réalité que l'on ne peut nier. La science est bonne pour observer ce qui se passe et comment ça se passe. Quant à sa possibilité de prédire l'avenir, elle demeure une science bien molle (et humaine) qui doit composer avec l'imprévisible et l'incertain qui affligent tant la condition humaine depuis que l'homme est apparu sans trop savoir pourquoi (la raison première) et pour quoi (la raison finale).

    Marc Therrien

    • Raymond Labelle - Abonné 3 octobre 2019 08 h 54

      Le pronostic permet d'établir avec certitude que ça va très mal aller si tout le monde n'agit par énergiquement de façon coordonnée pour obtenir tel résultat, malgré l'imprévisibilité du détail de ce "mal aller" et la possibilité d'encore pire que des effets cumulatifs imprévus pourraient entraîner. Mais on sait qu'il y aura "au moins" tel degré de "mal aller" avec telles conséquences sans action énergique. Voire, que même avec une telle action, certains conséquences sont déjà inévitables.

      Plus difficile: le choix des mesures à adopter et la coordination des efforts de chacun dans le monde. C'est là que le bât blesse.




      Exemple: l'extraction

    • Cyril Dionne - Abonné 3 octobre 2019 10 h 33

      Bon. La prochaine fois que serez malade, ne courez pas les hôpitaux puisqu’elles sont remplies de scientifiques qui pratiquent la science. La science pure et appliquée, selon vos dires, ne pourra pas alléger vos symptômes qui affligent votre condition puisqu’elle est molle. Donc, la prière serait plus appropriée dans votre cas et bonne chance.

    • Marc Therrien - Abonné 3 octobre 2019 15 h 16

      M. Dionne,

      C'est à moi que vous répondez? Comme scientifique, vous savez très bien qu'il y a une très grande différence entre la science médicale et la futurologie ou science de la «prospective», n'est-ce pas?

      Marc Therrien

    • Marc Therrien - Abonné 3 octobre 2019 15 h 27

      M. Labelle,

      Bien d'accord avec vous. Le pronostic et le traitement sont intimements liés. Il est difficile de choisir un traitement pour une situation qui n'a jamais été expérimentée et éprouvée. Le traitement et le pronostic se feront et se corrigeront en même temps et au fur et à mesure que la «maladie» évoluera.

      Marc Therrien

  • François Beaulé - Abonné 3 octobre 2019 07 h 20

    Le capitalisme et la croissance

    L'un ne va pas sans l'autre. La croyance en la croissance continue donne confiance aux investisseurs et aux prêteurs. Cette croyance les incite à prêter ou à investir leur argent. La décroissance implique que leurs placements ou leurs prêts perdent de la valeur avec le temps, ce qui les découragerait d'en faire de nouveaux. C'est ce qui arrive lors d'une récession qui à l'occasion prend l'allure d'une crise. Dans une telle situation, les revenus des États chutent et leurs dépenses augmentent. Rien ne va plus. La production diminue, la construction de bâtiments s'arrête, de nouvelles technologies ne peuvent pas être implantées. La croissance infinie est un dogme, c'est vrai. Elle est incompatible avec une planète aux ressources et à la capacité d'absorption des polluants limités. Mais les récessions et les crises économiques sont durement vécues par la masse des gens.

    La création d'un système économique radicalement différent du capitalisme semble très difficile puisqu'aucune expérience de ce type ne se manifeste sur la Terre. Même la Chine, autrefois communiste, est devenue capitaliste. Le problème est donc entier et difficile à résoudre. Au cours des vingt dernières années, la Chine est devenue, et de très loin, le principal émetteur de GES. Ses émissions sont maintenant de plus du double de celles des États-Unis. Et des pays pauvres, comme l'Inde, le Brésil et de nombreux autres pays d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Asie souhaitent une forte croissance économique. Le problème environnemental est planétaire et ne se résume pas aux comportements des Occidentaux.

    Les États du monde sont en concurrence pour attirer le capital et les entreprises. Aucune autorité mondiale ne protège l'atmosphère et les océans. Les émissions et les rejets de polluants relèvent entièrement de la souveraineté des États. Le pouvoir économique est mondialisé. Le pouvoir politique est divisé entre les États. La relation entre les deux est inégale.

  • Marc Pelletier - Abonné 3 octobre 2019 07 h 47

    Les FAITS !

    Face aux changements climatiques et aux impacts actuels et futurs, les FAITS sont indéniables : des citoyens l'ont eux-mêmes constaté et les scientifiques, en quasi totalité, l'ont amplement démontré dans des rapports d'études reconnus par les plus grandes instances dans le monde .

    Toutefois, des sondages et des commentaires confirment le FAIT que plusieurs citoyens, au Québec et au Canada ne croient pas aux changements climatiques, ce qui a pour effet que nos gouvernements restent timides et mous concernant les actions qu'ils devraient poser s'ils étaient appuyés par une majorité de la population !

    Sur tout autre sujet bien documenté, les FAITS sont généralement reconnus par tous ( ex. : la terre est ronde ), mais dans ce cas-ci, où la terre et ses habitants actuels et futurs sont réellement menacés par les changements climatiques, ces FAITS, bien démontrés, sont encore niés par une majorité de citoyens.

    Avons-nous peur de voir la réalité en face ?

    Est-ce que nos peurs, en général, nous font nier les FAITS ?

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 3 octobre 2019 11 h 42

      Tout le monde a constaté que le Québec avait connu des inondations dramatiques. Toutefois, ces inondations ont probablement peu de lien avec le réchauffement et incidemment, ils ne prouvent pas une origine anthropique à l'augmentation de température. Qu'on me permette de citer la SRC dans un article d'Étienne Leblanc :

      « "Il serait tout à fait possible d'avoir vécu les crues de 2017 et de 2019 sans l'ajout de gaz à effet de serre dans l'atmosphère par les humains" , écrit Ouranos dans un document de type « questions-réponses » publié en fin de semaine. " Par exemple, les crues de 1974 et de 1976 ont été deux crues importantes sur une courte période de temps ".

      Ainsi, selon les experts d'Ouranos, l'épisode actuel n'indique pas nécessairement un changement dans le régime climatique. De fait, leurs projections montrent plutôt le contraire »

      Un article a été révoqué de la revue Nature la semaine passée , c'est celui-ci : https://www.nature.com/articles/s41586-018-0651-8

      Je vous comprends de croire que nous sommes menacés, car il faut consulter le site de Judith Curry pour avoir été mis au courant de l'affaire. Pourtant lors de la publication de l'article, la BBC, le NYT et le Washington Post en avaient parlé et en dramatisant les conséquences. C'est ce double standard qui laisse croire que l'on coure à la catastrophe.

      À titre d'exemple, vous nous dites que «ses habitants actuels et futurs sont réellement menacés par les changements climatiques », pourtant une étude très intéressante par un économiste qui a démissionné du GIEC remet les choses en perspective. Je vous laisse la découvrir : https://academic.oup.com/reep/article/12/1/4/4804315

      Cette même étude invalide les prétentions de la Banque mondiale sur son site internet laquelle confond les GES et la pollution atmosphérique et qu'elle rediffuse, sans examen critique, les thèses les plus alarmistes, qui sont pourtant sujettes à des controverses évidentes. https://www.banquemondiale.org/fr/top

    • Marc Pelletier - Abonné 4 octobre 2019 07 h 52

      @ M. Charles-Étienne Gill,

      Je vous réfère à Météo Media

      Le reportage intitulé : " Des milliers de saumons sont morts : voyen pourquoi ici ".

      Voilà un autre FAIT qui est indéniable.

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 3 octobre 2019 08 h 34

    Confusion

    Il faut considérer la confusion, parfois délibérée, entre ceux qui sont critiques de l'alarmisme, des conclusions des rapports pour décideurs du GIEC et l'idée qu'il n'y aurait pas de réchauffement.

    En d'autres mots, même parmi les scientifiques dissidents, plusieurs reconnaissent la cohérence de l'hypothèse que doubler le CO2 dans l'atmosphère provoquera une augmentation d'un degré. L'essentiel du débat repose sur la variance de la sensibilité climatique : qu'est-ce qui se passe comme rétroaction à partir de ce changement, est-ce que cela a un effet sur la vapeur d'eau? De combien, etc.

    Bref, il n'y a à peu près personne de sérieux qui prétende qu'il n'y a pas de changement, mais des gens très compétents disent qu'avant de tout mettre la faute sur un réchauffement d'origine anthropique attribuable aux GES, il faut comprendre la variabilité naturelle du climat. Quand celle-là sera mieux comprise, alors, dans l'ensemble, le rôle des GES et surtout du CO2 sera mieux circonscrit.

    À titre d'exemple, la tendance au réchauffement peut-être remarquée avant que des émissions industrielles ne soient émises d'une manière considérable, ce qui est aussi vrai de la montée des océans. Ensuite il y a tout un domaine qui porte sur les conséquences, une sensibilité climatique forte; les hypothèses catastrophiques soulignées dans les rapports pour décideurs du GIEC sont les plus improbables et aussi les moins scientifiquement fondées, comparativement aux hypothèses conservatrices et modérées. Par exemple les mesures réelles du satellite UAH sont systématiquement sous les prévisions des modèles...

    L'urgence est mauvaise conseillère et il est patent que de grandes opérations de PR provoquent des réactions des gouvernements pour produire du «green washing», en court-circuitant les conversations démocratiques rationnelles et collectives. De très mauvaises décisions politiques et environnementales peuvent alors survenir.
    L'Allemagne est un bon contre-exemple.