Un pacte avec le diable

Deux films récemment classés au Québec sont des coproductions sino-états-uniennes : Abominable et Vers les étoiles (Ad Astra). L’argent et le marché chinois semblent de plus en plus incontournables pour Hollywood. Les États-Unis y perdront-ils leur âme ?

Souvenons-nous que le célèbre cinéaste et producteur Steven Spielberg avait signé un accord en 2016 avec Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne. Dès lors, l’empire du Milieu devait être présenté de manière positive dans ses films. Spielberg aurait-il pu réaliser depuis un film comme Empire du Soleil, sorti en 1987, qui raconte la pénible détention d’un jeune Britannique dans une Chine occupée par l’armée japonaise durant la Deuxième Guerre mondiale ? Chose certaine, il n’aurait pas pu tourner une comédie parodique sur la Corée du Nord, la fidèle alliée de la Chine, comme L’interview qui tue !, sortie dans la controverse en 2014. Souvenons-nous aussi que Spielberg avait refusé d’agir comme consultant aux JO de Pékin en 2008 au motif que « la Chine devait faire davantage pour mettre fin aux souffrances du Darfour ». C’est le genre de sortie à éviter quand vous faites des affaires avec la Chine.

Les nouveaux mandarins chinois investissent de plus en plus à Hollywood et font ainsi d’une pierre deux coups : ils brassent de payantes affaires, tout en s’assurant que leur pays est présenté avantageusement dans des films distribués partout dans le monde, forçant Hollywood à l’autocensure. Quand avez-vous vu pour la dernière fois un film états-unien critique à l’endroit de la Chine et de ses proches alliés ? Il reste les indépendants, heureusement.

Si la Russie reprend l’idée de sa voisine, il restera toujours pour Hollywood les méchants islamo-fascistes. Mais pour ne pas subir une fatwa, il faudra prendre garde de ne pas s’en prendre à l’islam et au prophète.

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