Mode de scrutin: une triste nouvelle pour la démocratie

J’ai appris la semaine dernière que le gouvernement Legault reculait à son tour devant sa promesse de réformer le mode de scrutin pour les prochaines élections provinciales. Et ce, malgré une entente signée en mai 2018 dans laquelle François Legault s’engageait formellement à déposer un projet de loi en ce sens avant le 1er octobre 2019. Malgré le fait que le DGEQ a clairement confirmé qu’une telle réforme pouvait bel et bien être réalisée d’ici 2022. Malgré le fait que François Legault a fermement affirmé qu’il « ne ferait pas comme Justin Trudeau », qu’il « respecterait toutes ses promesses ».

C’est dans des moments comme celui-ci que je me mets à perdre foi en notre démocratie. Peut-on vraiment affirmer que l’on vit dans un système démocratique lorsqu’un parti obtient, avec uniquement 37 % des votes en sa faveur, une majorité de 59 % des sièges à l’Assemblée nationale et que ce même parti prend la liberté de ne respecter que les promesses qui l’arrangent ? J’essaie de ne pas trop tomber dans le cynisme, mais j’ai vraiment l’impression que cette réforme dont on parle depuis si longtemps ne pourra jamais se réaliser. Un parti ayant obtenu le pouvoir par le mode de scrutin uninominal à un tour n’aura jamais intérêt à modifier celui-ci. C’est ce qui me choque le plus dans cette histoire : ceux qui prennent les décisions ne sont absolument pas neutres. Lorsque des députés doivent choisir de réformer ou non le mode de scrutin par lequel ils seront eux-mêmes élus, il y a un énorme conflit d’intérêts. L’intérêt de la population passe alors en dernier.

François Legault vient de nous démontrer que nous ne pouvions pas plus compter sur lui que sur Justin Trudeau, mais ne perdons tout de même pas tout espoir. Le scrutin proportionnel ou mixte a déjà été adopté et a fait ses preuves dans un grand nombre de pays, alors j’ose espérer que cela peut être possible chez nous aussi.

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5 commentaires
  • Réal Boivin - Abonné 26 septembre 2019 05 h 53

    C'est au citoyens à décider d'un changement aussi majeur.

    Ce n'est pas à un gouvernement ni à un parti de décider comment notre démocratie doit fonctionner.

    On entend bien dans les médias des politiciens nous parler d'un changement du mode de scrutin comme d'un désir de la population. Mais dans les faits, rien n'est plus faux. Les citoyens se méfient des petits partis qui veulent chambouler la représentation de notre assemblée nationale pour pouvoir y faire régner le chaos.

    Les petits partis restent petits parce que les citoyens n'en veulent pas. C'est aussi simple que ça.

    Un référemdum s'imposait absolument.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 septembre 2019 10 h 31

      Vous avez raison M. Boivin. Ils nous semblent que seuls certains politiciens et apparatchiks de groupes marginaux pour ne pas dire extrémistes, parlent de la proportionnelle. Ce n'est pas la population qui a formulé ce désir. C'est pour cela que nos supporteurs de la proportionnelle ne veulent rien savoir d'un référendum sur la question puisqu'on risque d'expliquer tous les inconvénients et dangers rattachés à ce nouveau mode de scrutin. Et vous avez encore raison sur « les petits partis restent petits parce que les citoyens n'en veulent pas », Québec solidaire oblige.

      Si les supporteurs de la proportionnelle avait l’intérêt de la population à cœur, ils ne s’objecteraient pas à un référendum sur le sujet. Mais ceci ne semble pas être le cas; ils disent non à une consultation de la population pour bien expliquer les bénéfices et surtout les désavantages de cette reforme électorale. Bien oui, ils veulent un chèque en blanc.

      Le scrutin proportionnel ou mixte a déjà été adopté et n’a pas fait ses preuves dans un grand nombre de pays comme nos supporteurs de cette réforme électorale le laissent entendre. Plusieurs pays sont dans une impasse législative et d’autres sont à la merci des groupes marginaux et extrémistes qui dictent les politiques aux gouvernements majoritaires dûment élu par la population. La proportionnelle n’est pas le peuple, par le peuple et pour le peuple. Pardieu, c’est avec elle que les tyrans de la 2e guerre mondiale ont manufacturé un coup d’état légal pour assumer le plein pouvoir dictatorial, Mussolini et Hitler obligent.

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 septembre 2019 20 h 57

      @Réal Boivin,


      "Un référendum s'imposait absolument..." - Réal Boivin

      Un référendum ne s'impose au contraire absolument pas, quand ont sait que les appuis au scrutin proportionnel sont stables à 70% depuis plus de 10 ans, et à 78% selon de dernier sondage Angus Reid des 12 et 13 septembre derniers; en hausse de 9% par dessus le marché.

      https://www.democratienouvelle.ca/actualites/sondage-angus-reid-les-quebecoises-et-quebecois-appuient-plus-que-jamais-la-reforme-du-mode-de-scrutin

  • Réal Gingras - Inscrit 26 septembre 2019 08 h 13

    un référendum sur le mode de scrutin

    Hier 25 septembre , on nous présentait la question qui serait éventuellement posée lors de la prochaine élection québécoise en 2022, à savoir, si oui ou non les citoyens accepteraient un nouveau mode de scrutin en ajoutant, dans la question référendaire, que ce mode serait une proportionnelle mixte.

    Mais , on ne peut pas voter la-dessus. On est d'accord avec la modification du mode de scrutin mais pas nécessairement avec la formule proposée.

    On ne parle pas, par exemple, d'un scrutin à 2 tours ou de d'autres modèles.

    Oui je suis d'accord avec la modification du mode de scrutin mais pas dans le sens de celui qui est proposé.

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 septembre 2019 20 h 50

      Un scrutin à 2 tours revient au bipartisme actuel et à forcer les gens à voter pour un parti dont ils ne veulent pas.

      Non, merci.