Taxer les grosses cylindrées

Dans le maelström d’événements qui se précipitent autour des changements climatiques, une question me tarabuste depuis quelque temps. J’habite la campagne et je possède une petite voiture qui satisfait parfaitement à mes besoins de déplacements.

Au cours de ces déplacements, je constate avec grande frustration qu’au bas mot, près d’un véhicule sur trois est un VUS, au gabarit imposant, avec (approximativement), une fois sur quatre, une seule personne à bord. Cela dit, j’imagine qu’il vous arrive comme moi de fréquenter encore la télévision et d’y observer à tout bout de champ les messages publicitaires souvent hallucinants qui vantent les mérites de ces véhicules dispendieux, gourmands et grands émetteurs de CO2.

Dans la perspective de la lutte contre les changements climatiques, existe-t-il une bonne raison pour qu’aucun gouvernement responsable n’ait encore songé, comme cela se fait dans plusieurs pays européens, d’imposer une taxe significative fondée sur la puissance de ces grosses cylindrées polluantes ? Si je ne m’abuse, la France applique depuis de nombreuses années une taxe du genre nommée « taxe sur la puissance fiscale ».

Au point où nous en sommes, n’y aurait-il pas lieu de contraindre les automobilistes à plus de modération quand vient le moment de choisir un véhicule ?

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

10 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 25 septembre 2019 00 h 37

    Publicité

    «les messages publicitaires souvent hallucinants qui vantent les mérites de ces véhicules dispendieux, gourmands et grands émetteurs de CO2»

    Il faudrait aussi réglementer ces publicités, voire les interdire, comme on interdit la publicité sur les cigarettes, deux produits nuisibles à la société. Par contre, cela donnerait un autre coup au financement des médias. C'est donc un sujet à creuser, mais pas à oublier.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 septembre 2019 11 h 23

    « près d’un véhicule sur trois est un VUS, au gabarit imposant » (Claude De Gaspé Alleyn)



    Près d'une route sur trois est une série de nids de poule et de reliquats d'asphalte ondulé;

  • Germain Dallaire - Abonné 25 septembre 2019 11 h 59

    Une fausse bonne idée

    Je ne crois pas du tout à cette approche. Pour moi, cela revient à réserver aux riches le droit de polluer. Je suis loin d'être certain que globalement, la société y gagne avec une diminution de pollution. On sent venir l'application de ce genre de fausse bonne avec la mairesse Plante. Il faut s'en inquiéter.

    • Germain Dallaire - Abonné 25 septembre 2019 16 h 36

      Une précision s'impose suite au commentaire de M. Lacoste. Je ne voulais évidemment pas dire qu'il ne fallait pas diminuer la pollution, au contraire. Mais je doute de l'efficacité des mesures punitives (taxes, tarifs) en regard de l'objectif de diminution de la pollution.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 septembre 2019 14 h 02

    « Je suis loin d'être certain que globalement, la société y gagne avec une diminution de pollution.» (Germain Dallaire)



    En effet, on y gagnerait à polluer davantage, parce que cette pollution est la source de la croissance économique.

    C'est comme ceux qui s'opposent aux guerres, alors qu'en réalité les conflits militaires stimulent l'économie, génèrent le plein emploi et rapportent des dividendes aux actionnaires.

    • Claude Froment - Abonné 25 septembre 2019 15 h 33

      Est-ce que vous pensez qu'une guerre est louable ? Vu les pertes de vies, les ruines des cités, la santé mentale des gens implquées ?

      J'espère que votre lettre n'est que sarcastique !

    • Gilbert Troutet - Abonné 25 septembre 2019 20 h 23

      J'aime l'ironie de votre commentaire. Ainsi, quand le gouvernement Chrétien a refusé de se ranger aux côtés des Yankees pour envahir l'Irak, Stephen Harper avait affirmé « qu'on allait manquer de bonnes occasions d'affaires ». Sauf que lui y croyait vraiment...

  • Gilbert Troutet - Abonné 25 septembre 2019 20 h 27

    Entièrement d'accord

    Ce serait en effet une mesure simple à appliquer et qui ferait payer ceux qui tiennent à leur « gros char ». J'irais même plus loin, comme on l'a fait pour la cigarette : la publicité pour ce genre de véhicules devrait être interdite. Sinon, il y aura toujours des moutons suiveux pour se croire à la mode.