Urgence climatique, mon œil!

Chaque jour, les journaux sont tapissés d’articles sur l’urgence climatique. Il est minuit moins une, paraît-il. Lorsqu’on lit bien, il est plutôt minuit cinq. Quoi qu’il en soit, que font les écologistes à part nous donner l’heure ? Comme la plupart des gens à une heure si tardive, ils dorment.

Les Québécois viennent d’élire le parti le moins environnementaliste de tous. Les Canadiens hésitent entre les deux seuls partis pro-pétrole. À Montréal, l’écologiste le plus audacieux de nos élus a quitté la politique pour aller faire le guignol à la radio, entre deux pubs de voitures.

Pendant ce temps, nous irons tous nous rassurer en marchant bien gentiment derrière Greta, pour nous donner l’impression que les choses changent. Tout ça n’est pas sérieux. La consommation de pétrole continue d’augmenter, l’étalement urbain se poursuit et une bonne partie de nos bacs à recyclage part pour l’enfouissement. Ah oui, j’oubliais : nous serons 10 milliards dans quelques décennies !

À tous ces jeunes écoanxieux, vous me ferez signe quand vous serez sérieux. Je renoncerai alors peut-être à mon confort douillet de retraité pour lutter à vos côtés.

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10 commentaires
  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 19 septembre 2019 06 h 44

    Ne pas devenir de vieux grincheux!

    Même si je comprends la frustration de M. Demers, je suis loin de partager son jugement à l'emporte-pièce. Aussi, j'irai marcher vendredi prochain avec tous ceux et celles qui pressent nos gouvernements d'agir plutôt que de faire semblant. J'appuierai par ce geste la génération qui suit M. Demers et moi-même. Car la responsabilité du maintien de la situation actuelle qui a des conséquences pour minimalement les 20 prochaines années incombe à notre génération qui a occupé ou occupe encore des postes de responsabilités. J'en parle avec aise, car dans ma petite vie, j'ai depuis plus de 40 ans travaillé à l'émergence d'un monde nouveau en œuvrant pour une formule qui viendra un jour remplacer cet hypercapitalisme régnant, je parle non pas des lendemains qui chantent, mais bien du coopératisme, de l'économie sociale et solidaire. J'ai aussi pendant plus de 20 ans mis l'épaule à la roue pour analyser et proposer des alternatives à l'auto solo avec les centres de gestion des déplacements afin de réduire l'impact du transport individuel sur la production de GES. Je ne m'arrête pas encore, étant impliqué dans la mise en place d'une fiducie d'utilité sociale agricole (FUSA) afin de donner de la résilience à une production agricole qui nous sorte de la dépendance à l'agrobusiness dopée d'énergie fossile. Donc, si je marche, j'agis aussi à mon niveau, faisant modestement ma part.
    Quant à cet élu dont vous dénoncez la voix à la radio, sachez qu'il y est sans doute très utile pour sensibiliser ceux qui n'ont rien entendu ou feignent la surdité. Enfin Greta, victime désignée des grogneux de service, elle a un incommensurable avantage sur ceux qui chialent contre elle. Car elle incarne une jeunesse qui demande des comptes à ses aînés. Il faut prendre acte que sa présence est nettement plus efficace que ne le fut, l'an dernier, même la pétition de 15 000 scientifiques, sans doute parce qu'elle parle au cœur et pas juste à la tête.

  • Marc Therrien - Abonné 19 septembre 2019 07 h 03

    L'avenir n'est plus ce qu'il était- Paul Valéry


    «Quoi qu’il en soit, que font les écologistes à part nous donner l’heure ? Comme la plupart des gens à une heure si tardive, ils dorment. »
    Qui sait si le plus «allumé» des jeunes, une vieille âme tenant d’Héraclite et de l’Antiquité grecque, ne pourrait pas vous surprendre en vous disant comme lui s’attristant des humains: «Éveillés, ils dorment.» À maintes occasions, de siècles en siècles, il a été malheureux de constater que les humains ont besoin d’atteindre des situations limites qui les obligent à penser en les sortant de leur torpeur pour changer ce qui ne va pas. Le malheur a cette qualité d’ébranler la conscience de soi. La conscience de soi doit vivre avec ce paradoxe : nous croyons être constamment conscients tout simplement parce que nous ne pouvons évidemment pas prendre conscience du fait que nous ne le sommes pas.

    Si la peur rend le discours trop sérieux, on peut s’en sortir en suivant cet avis de Milan Kundera : «La source de la peur est dans l'avenir, et qui est libéré de l'avenir n'a rien à craindre».

    Marc Therrien

  • Serge Grenier - Abonné 19 septembre 2019 07 h 45

    Ça prend les deux...

    Il y a les gestes individuels que l'on pose dans l'anonymat du quotidien et les gestes collectifs que l'on pose tous en même temps sur la place publique. Pour faire évoluer les choses, ça prend les deux.

    Ces gestes collectifs ne changent pas le monde du jour au lendemain, mais ils contribuent à faire avancer les choses.

    Déjà beaucoup de personnes ont choisi de sortir de leur zône de comfort. Éventuellement, peut-être toi aussi.

  • Cyril Dionne - Abonné 19 septembre 2019 08 h 19

    110% d’accord avec vous M. Léger

    Désolé pour les petits amis de Passe-Partout. La solution des changements climatiques ne passe pas par le Québec. Absolument pas avec notre 0,17% de GES mondial (78 Mt de GES). La réponse passe inévitablement par l’Empire du Milieu avec ses 13 000 Mt de GES annuellement.

    Nous étions 2,5 milliards sur notre vaisseau spacial qu’est la Terre en 1950. Maintenant nous sommes 8,5 milliards et nous serons plus de 10 milliards en 2050. En 1950, personne ne parlait des changements climatiques et à raison. Ce sont les humains qui polluent, pas le pétrole.

    La consommation de pétrole continuera d’augmenter. L’étalement urbain aussi avec les immigrants qui arrivent à tous les jours légalement et illégalement. Le recyclage est de la désinformation puisque que pour produire un produit neuf recyclé, cela prend plus d’énergie et donc est plus coûteux. C’est pour cela que le matériel des bacs à recyclage est enfouit et non pas recyclé.

    Nul besoin de conscientiser les gens; ils le sont mais à part les vœux pieux, c’est celui qui a le plus de « bébelles » est celui qui gagne dans la vie selon la grande majorité des gens. Si un gouvernement utiliserait des mesures draconiennes telles que préconisées par le rapport de Nations unies sur le climat, il serait défait instantanément et disparaîtrait de la scène politique. La simplicité volontaire n’est pratiquée que de façon involontaire par les pauvres. Le développement durable est un oxymore et on est poli.

    Oui, lorsque les générations benjamines d’enfants rois seront sérieuses et prêtes à faire les sacrifices nécessaires, vous nous appellerez. Sinon, vous pouvez continuer à crier, faire de l’école buissonnière et marcher avec Sainte Greta dans la rue, mais cela ne fera aucune différence. Pourtant, la solution était évidente depuis longtemps et passait nécessairement par l’émancipation et l’éducation des femmes dans le monde afin qu’elles soient libres des préjugés patriarcaux et religieux pour être maîtresses de leur corps.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 septembre 2019 10 h 30

      C'est bien "spatial" et non "spacial" comme dans mondial mondiaux. lol

  • Marc Pelletier - Abonné 19 septembre 2019 12 h 35

    "Urgence climatique, mon oeil ! "

    M. Léger,

    Je m'excuse, mais votre titre semble tout droit sorti d'un brouillard de manque d'information !

    Pour votre gouverne, ce ne sont pas les écologistes qui nous donnent présentement l'heure juste concernant l'urgence climatique, mais plutôt les scientifiques de partout dans le monde : leur constat est unanime, nous sommes bien à minuit moins une et peut-être plus près si on se fie aux mises à jour des dernières données scientifiques publiées ces jours-ci.

    Nos gouvernements sont mous face à cette urgence et le gouvernement de la CAQ a été élu pour un changement de gouvernement et non pour les changements climatiques, car tous ceux qui sont le moindrement informés connaissent la tiédeur manifeste de la CAQ sur ce sujet. De plus, notre gouvernement québecois subit, comme tous les autres qui l'ont précédé, les pressions fortes de lobbys excessivement puissants, reliés à l'utilisation du pétrole et du charbon.

    De fait, qui représentera notre gouvernement , lors de la marche pour le climat , avec Greta, marche qui se tiendra à Montréal le 27 prochain ? Poser la question, c'est y répondre !

    Vous dites : " Pendant ce temps, nous irons tous nous rassurer en marchand bien gentiment derrière Greta, pour nous donner l'impression que les choses changent. Tout celà n'est pas sérieux. "

    Il n'est pas question de se " rassurer ", mais plutôt de sensibiliser tous les gouvernements dont le nôtre en particulier et aussi une plus large partie de la population de l'urgence d'agir : n'est-ce pas une des seules façons pour le peuple, incluant les sondages, d'avoir une influence ( notre propre lobby ) sur nos gouvernements.

    Étant retraité depuis 23 ans, seul mon âge m'enpêchera de participer à cette marche, mais j'y serai de coeur !

    Je souhaite que cette marche pour le climat et pour l'environnement de nos enfants et de mes petites-filles, ait le plus grand succès et impacts possibles !

    • Cyril Dionne - Abonné 19 septembre 2019 17 h 12

      Et après la marche de santé, qu'est-ce qui sera différent? Sensibiliser les gouvernements vous dites? Eh bien, les gouvernements c'est nous puisqu'ils sont élus. Et ils sont élus en autant qu'ils ne mettent pas en place des mesures draconiennes d'austérité.

      Tous sont sensibilisés aux changements climatiques, mais personne ne veut changer son train de vie. Et personne ne le fera même si nous allons avoir une orgie de bonnes pensées pour rien dire le 27 septembre. Pardieu qu'on est « tanné » de tous ces discours à l'emporte pièce et qui ne vont nulle part. Vous avez des gens qui essaient de nous culpabiliser en signant des Pactes. Ensuite on les voit dans les médias et à la télévision nous vendant des camions et des SUV. Même nos illuminés de Québec solidaire se promènent en SUV tout en dénigrant ceux qui supposément ne font pas leur part.

      C’est bien cela. Tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir. Misère « noire ». Oups, un faux pas comme dans au moins trois « black face » à la Justin Trudeau.