Le cas de l’enseignante qui refuserait de retirer son voile islamique

S’entendant qu’il s’agit ici d’une personne qui ne bénéficie pas d’un « droit acquis » au sens de la loi 21, le comportement de l’enseignante refusant de retirer son voile ne se distinguerait guère de celui de l’employé qui persisterait à afficher à l’école ses convictions politiques ou qui serait surpris à fumer dans le périmètre de l’école.

Cette enseignante serait, comme les autres, par ce comportement, à mon sens sujette à l’application de mesures disciplinaires, suivant les règles prévalant largement en droit du travail, à savoir la gradation des sanctions, et la proportionnalité de la mesure à la faute, en regard des circonstances.

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98 commentaires
  • Jean-Charles Morin - Abonné 12 septembre 2019 03 h 22

    La contestation des zélotes.

    Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, il y aura toujours des gens qui, imbus de leur propre vérité, réfractaires à toute concession et encouragés par des groupes de pression partisans qui les utilisent comme chair à canon, se feront un malin plaisir à défier l'autorité pour tester les limites de la tolérance du système à leur endroit.

    De la part des tenants du fondamentalisme religieux, cette fin de non-recevoir était malheureusement prévisible. Le gouvernement n'a plus d'autre choix que de contrer la stratégie de ces zélotes en résistant à leur contestation jusqu'au-boutiste car s'il consent à marchander son autorité et finit par céder à ce genre de chantage pour "acheter la paix", il abandonne de fait le pouvoir aux activistes et perd la face aux yeux de la population. En d'autres termes: s'il capitule, son chien est mort et personne ne le prendra plus au sérieux dans quelque dossier que ce soit.

    La loi 21 sur la laïcité a été présentée aux différents acteurs de la société comme un modèle de compromis et de modération. Le gouvernement doit maintenant d'être conséquent dans ses actions et se rendre au bout de sa logique. Comme toutes les lois en pays démocratique, celle qui vient d’être adoptée doit maintenant être appliquée quoi qu'il arrive.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 12 septembre 2019 07 h 56

      J'abonde. J'abonde.
      Sauf qu'on repassera pour le modèle de compromis et de modération de cette loi.

      Cette loi consacre un système d'éducation à deux vitesses : le public sous la loi et le privé hors la loi. De plus, on permet l'expression des signes religieux dans tous les services de garde, comme si le prosélytisme n'avait aucun effet sur eux et elles. Parce qu'ils-elles seraient trop jeunes ou quoi???

      Jean-Pierre aimerait qu'on lui explique la logique derrière tout ça.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 08 h 41

      Le problème, monsieur Morin, c'est que les gens qui contestent la légitimité de la loi ne sont pas tous ces « zélotes jusqu'au boutistes » que vous appelez à la barre pour conforter le gouvernement dans son bon droit. Je comprends qu'il soit nécessaire de démoniser les adversaires pour pouvoir présenter une dérogation à notre propre charte comme un exemple de compromis, de modération et une application autoritaire de L21 comme de la simple fermeté.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 septembre 2019 09 h 38

      Encore faudrait-il, M. Maltais Desjardins, que vous démontriez ce que vous dites, alors quel le contraire se conçoit assez facilement.
      Ce que je vous dis, c'est que vous ignorez et ignorerez toujours les intentions des autres. Par contre, sur le comportement...

      Aucun signe religieux n'est obligatoire, pour quelque religion que ce soit. En conséquence ils sont tous signe d'intégrisme, en tout cas pour tous ceux qui s'en font une obligation.

      Nous ne pouvons pas savoir si une personne porte ce voile parce qu'elle est intégriste ou parce que son milieu de vie est intégriste. Connaître les intentions des gens est, je le répète, impossible (sauf psychanalyse de 8 ou 9 ans peut-être?), et j'ajoute, antipolitique.

      Mais on serait ce signe est relié directement a un intégrisme. Sur ce point je ne vois aucun doute possible. C,est d'ailleurs l'un des (très mauvais) arguments utilisés par les opposants à L21 : laissez-leur porter le voile, sinon elles ne pourront même plus sortir de chez elles.

      Ce qui est ridicule : si une femme ne peut sortir de chez elle que pour travailler, elle est déjà une esclave et va le rester tant que la situation perdurera. Il y a quelques chances d'ailleurs que le supposé mari, ou père, ou entourage, la laisse travailler parce qu'il a besoin de l'argent qu'elle rapporte et dont elle ne voir d'ailleurs probablement jamais la couleur.
      Ce que je sais, c'est qu'on ne se plie pas, on ne se plie jamais aux diktats des extrémistes, intégristes et autres dogmatiques.

      Ces signes signifient, j'aime bien ce quasi-pléonasme, une attachement à un intégrisme, voulu ou pas, intentionnel ou pas, traditionnel probablement.... et alors ? Ce n'est pas une tradition de prendre l'avion pour voyager, ni pour migrer, ni pour le plaisir. On ne reste pas toujours dans la tradition.

      Le respect d'une raison humaine qui dépasse la raison divine est essentiel à la vie d'une société qui se dit et se veut laïque.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 10 h 24

      Monsieur Trottier, j'essaie de comprendre... Si nous ne pouvons rien dire de probant à l'égard des intentions, il me semble contradictoire de dire que le signe signifie forcément un attachement à un intégrisme. Ne vous fâchez pas trop vite : merci de m'éclairer simplement.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 septembre 2019 13 h 09

      M. Maltais Desjardins, je crois que vous êtes aptes à faire la différence entre les inntetions personnelles et celles, avouées, qui s'affichent, par exemple dans un texte de loi, ou "Les confessions", ou "La causalité".

      De nombreux ouvrages, textes et déclarations disent que ces signes sont des symboles. L'intention derrière ces symboles est claire.

      Je ne puis pas savoir si une persoinne a des intentions "intégristes" en portant tel ou tel signe, sauf si la personne le dit et que je suis absolument persuadé qu'elle ne ment pas.

      Par contre, le message y lié à un symbole ne peut pas plus tromper que celui d'un drapeau. Il représente une présence absolue qui se veut universelle. Que la personne qui le porte en soit parfaitement ignorante, est possible. Mais je ne la laisserai pas plus arriver avec un drapeau dans un classe, ni l'assemblée nationale, ni même chez moi.

      Le symbole en lui-même porte un message, ce message a une intention avouée, qui est intégriste à tout point de vue.

      Et je ne vois toujours pas comment vous pourriez connaître sans l'ombre d'un doute les intentions d'une personne qui arriverait dans une classe avec un drapeau du Vatican, ou celui des USA. De toute façon, comment être "probant" sans connaître une personne plus qu'elle-même?

      J'ajoute que les seuls qui aient jamais voulu juger depuis les intentions sont la Sainte Inquisition et l'URSS.
      Il y a aussi 1984 et son crime par la pensée, évidemment.
      Heureusement nous vivons dans un état de droit, plein d'imperfections, qui se base sur les faits, dont les comportements. Au lieu d'intention on ne peut parler que de préméditation, preuves tangibles à l'appui.

      "Oui mais c'est un bons gars" n'aura pas grand chance devant un tribunal.

    • Prof. David Gagnon - Inscrit 12 septembre 2019 14 h 18

      Selon monsieur Trottier, «l'intention derrière ces symboles est claire».

      Elle ne me paraît pas toujours claire, à moi, cette intention, pas plus qu'elle ne paraît limpide à toutes les femmes qui le portent, ni à tous ces imams qui en discutent entre eux sans arriver à s'entendre depuis des décennies.
      En ces matières comme en toutes celles où mon ignorance limite ma compréhension des enjeux, j'ai tendance à faire confiance aux spécialistes, dont sont ici les imams, les sociologues, les chercheurs et chercheuses en sciences religieuses, etc.
      Jusqu'ici, personne ne semble avoir trouvé une réponse claire…

    • Raymond Labelle - Abonné 12 septembre 2019 15 h 45

      "(..) il me semble contradictoire de dire que le signe signifie forcément un attachement à un intégrisme." RMD.

      À un intégrisme, pas nécessairement. À une religion, nécessairement. Peu importe l'intention de la personne qui porte le signe, son port identifie que cette personne partage la vision du monde de cette religion - même si la personne n'a pas l'intention de manifester sa foi, voire même si elle a l'intention de ne pas la manifester. Et même si elle ne prononce pas un seul mot prosélyte. Visuellement, tout le temps qu'elle porte le signe, ce message est lancé, inévitablement, intentionnellement ou non. La question de l'intention n'est donc pas pertinente.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 12 septembre 2019 17 h 32

      "J'abonde. J'abonde.
      Sauf qu'on repassera pour le modèle de compromis et de modération de cette loi.
      Jean-Pierre aimerait qu'on lui explique la logique derrière tout ça." - Jean-Pierre Marcoux

      La logique de modération en est toujours une de compromis et les compromis sont toujours imparfaits, donc potentiellement insatisfaisants, du fait de leur nature même.

      J'ai moi-même des réserves concernant certains aspects de la loi, dont certaines recoupent les vôtres. Il y aura toujours des gens qui prétendront que la loi ne va pas assez loin et d'autres qui déchireront leurs chemises en affirmant le contraire. Tout est, au final, perfectible. Une société qui se veut démocratique n'est pas monolithique et je trouve que c'est très bien ainsi.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 17 h 50

      Monsieur Labelle, ce que la loi fait, c'est de charger d'une signification particulière la persistance à vouloir porter le voile, de lui conférer une intention prosélyte contre laquelle la seule défense désormais acceptable est de renoncer en même temps qu'au voile à cette intention, les réticences à le faire ne faisant que confirmer la présomption induite. Tout à fait comme quand nos parents nous taxaient de rebelles parce que nous portions les cheveux longs et que nous leur donnions la « preuve » de cela en résistant à leur L21. L'intention n'est pas mesurable... mais la « règle » instaure celle-ci. Je m'étonne toujours de vous voir reprendre cet argument qui me paraît si évidemment circulaire. Prenez-le comme un hommage et l'expression d'une perplexité.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 septembre 2019 19 h 02

      Malheureusement ou heureusement, M. Gagnon, en cett4e mati;ere comme en toute autre il revient à vous seul de décider, L'homme Est condamné à être libre.

      Pour le religion catholique, on sait : aucun signe bn'est exigé. Pour l'Islam, le seul sourate qui parle d'un voile stipule que les femmes devraient, et non pas doivent, porter un voile sur leurs seins, la mode étant à l'époque de se promener seins nus.
      Ce n'est même pas péremptoire.

      De plus en plus de sikhs ne portent aucun signe particulier au Pendjab et personne ne semble y trouver à redire selon ce que j'ai lu. Jagmeet Singh a enlevé son turban pour faire campagne au Québec il dy a peu. Difficile de trouver plus pertinent.

      Il existe certains pays ou régions ou le simple fait de ne pas porter de hidjab est jugé comme criminel, au nom d'une religion. Pas du tout dans certains autres. Les premiers sont caractéristiquement ce que nous appelons des pays ou régions où l'intégrisme règne.
      J'espère ne pas avoir à définir l'intégrisme.

      Dans tous les cas, on ne peut certainement pas dire qu'un signe est insignifiant. Ni qu'un symbole ne symbolise rien. Il y a "intention", une intention commune et donc déchiffrable et compréhensible, non pas dans le fait de le porter mais bien dans le symbole lui-même, qui n'a pas forcément sa place partout selon que votre pensée est humaniste et donc place l'humain avant la volonté divine, ou pas.

      De là, il reste votre choix.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 septembre 2019 21 h 09

      Ce que la loi fait, c'est de demander à certains employés de l'État d'être cohérents avec le principe de la neutralité religieuse de l'État en ne manifestant pas de préférence religieuse lorsqu'en fonction. La loi ne fait rien d'autre. Et il est de l'ordre des faits que de porter un signe religieux identifiable manifeste nécessairement une préférence religieuse, indépendamment de toute intention.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 22 h 44

      Ce que la loi exige, c'est de se conformer à des prescriptions vestimentaires. Le législateur les a instaurées en « cohérence » avec sa compréhension du principe de la neutralité religieuse de l''État parce qu'il estime que la manifestation d'une préférence religieuse est incompatible avec les exigences des fonctions visées. La loi ne fait rien d'autre, en effet. De même, le lien sur lequel son choix repose, tel que vous l'énoncez vous-même est bien trop complexe pour qu'on puisse prétendre qu'il appartient à l'ordre des « faits » comme deux et deux font ce qu'ils peuvent. Bref, votre défense de L21 repose sur des présupposés dont vous ne semblez même pas concevoir qu'on puisse les interroger. À se demander si malgré la courtoisie fort agréable avec laquelle vous échangez, cela en vaut encore la peine...

    • Raymond Labelle - Abonné 12 septembre 2019 23 h 55

      Vous vous interrogez donc: porter un signe religieux a-t-il nécessairement comme conséquence que la personne qui le porte manifeste une préférence pour la religion dont elle porte le signe, indépendamment de son intention?

      Vous vous interrogez donc: manifester une préférence religieuse est-elle une marque de neutralité religieuse?

      Vous vous interrogez donc: un employé de l'État en fonction doit-il suivre la politique de neutralité religieuse de son employeur et ce dernier peut-il le lui demander?

      Eh bien, je vous laisse vous interroger sur ces questions.

    • Raymond Labelle - Abonné 13 septembre 2019 03 h 34

      "(...) le lien (entre le port d'un signe religieux et la manifestation d'une préférence religieuse) sur lequel son choix (du législateur) repose, tel que vous l'énoncez vous-même est bien trop complexe." RMD

      Le lien entre le port d'un signe religieux d'une religion et la manifestation d'une adhésion envers cette religion est-il si complexe?

      Par exemple, le lien entre le port de la kippa et la manifestation d'une adhésion au judaïsme est-elle un problème d'une si haute complexité?

      Dans vos propres interventions, lorsque vous donnez l'exemple d'enseignantes musulmanes par exemple, vous ne semblez pourtant pas trouver complexe le lien entre le port du hidjab et la manifestation (même non-intentionnelle) d'une adhésion à l'Islam.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 septembre 2019 07 h 26

      Qu'elle adhère à cette religion, cela va de soi.
      Qu'elle la « préfère » à une autre religion ou à une conception non religieuse, cela va de soi.
      Qu'elle marque une « préférence » pour les préceptes de sa foi sur ses obligations citoyennes, pas nécessairement.

      Pour vous, la cause est entendue, indépendamment de ce qu'elles en pensent. Pas pour moi.

      Vous tordez la deuxième question. Je ne prétends pas du tout que l'objectif soit de marquer une neutralité religieuse (ce serait plutôt idiot de ma part) mais que les deux sont compatibles.

      Je ne me demande pas si les citoyens doivent obéir aux lois. Je dis seulement que cela ne les prive pas du pouvoir et même du devoir de les contester s'ils ont le sentiment qu'elles sont injustes.

      En effet, je vous laisserai adhérer en toute quiétude au dicton voulant que « la loi, c'est la loi » (c'est comme ça qu'on vit, au Québec) et je vais continuer à m'interroger. Mais la Loi ne me prescrira pas le questionnaire comme vous le faites, vous savez.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 septembre 2019 09 h 01

      Je n'avais pas accès à l'ajout de 03 h 34

      Je ne dis pas que la question est simple et qu'elle ne mérite pas examen, à chaque fois qu'une jeune femme prétendrait que le port du voile reste compatible avec les exigences de la fonction, comme on s'assure, voile pas voile et à chaque fois, que des personnes sont aptes à les honorer.

      Ce que je dis, c'est qu'il faut éviter le genre de raccourci qui associe, nécessairement et sans appel, la volonté de porter des signes religieux à l'adhésion à des préceptes religieux à quoi les pratiquants donneraient activement préséance, volontairement ou pas.

      Je suis en train de dire que rien ne s'est passé à Victo, peut-être ? Allons...

    • Raymond Labelle - Abonné 13 septembre 2019 11 h 00

      Illustrons. Même si l'athée le plus radical porte une kippa en public, il manifeste de cette manière une adhésion au judaïsme. C'est du sens de la manifestation publique dont il est ici question et c'est tout ce qui est pertinent.

      Les considérations sur les intentions des uns et des autres, ce que pense vraiment la personne qui porte le signe, n'ont aucune pertinence dans la discussion.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 septembre 2019 14 h 17

      Ce que pensent les gens qui portent des signes n'est pas pertinent?
      Seule compte la présomption sur laquelle repose le décret?
      Je prends note et je prends congé. Désolé.

    • Raymond Labelle - Abonné 13 septembre 2019 15 h 51

      "Seule compte la présomption sur laquelle repose le décret?" RMD Cette question implique un pré-supposé: le décret repose sur une présomption d'intention des porteurs de signe. Or ce pré-supposé est une affirmation fausse et donc, la question n'a pas de sens.

      Aucune présomption d'intention, quelle qu'elle soit, n'est nécessaire pour justifier l'interdiction de la loi, qui d'ailleurs n'en fait aucune.

      Pour prendre un exemple plus consensuel. Un professeur en fonction ne peut pas porter un T-shirt aux couleurs du Parti libéral parce c'est une manifestation de partisannerie politique. Que le porteur soit un anti-libéral dans sa tête ou non, qu'il ignore le sens de ce qu'il porte, que son conjoint l'ait forcé à porter le T-shirt ou toute autre considération est non-pertinente. C'est interdit parce que ça manifeste de la partisannerie politique, peu importe ce qui se passe dans la tête du porteur et ce qui l'a poussé. à porter le T-shirt. Punto.

      Vous embrouillez le débat avec condition d'intention qui n'existe pas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 septembre 2019 17 h 00

      Vous le dites vous-même : il y a un motif prévalent dans l'interdiction de porter un signe partisan. Nous en avons d'ailleurs déjà parlé. Dans ce cas-ci, on ne peut porter le signe sans que l'intention partisane puisse être présumée, de façon d'ailleurs assez univoque. On ne porte pas un T shirt du PLQ pour dire qu'on est péquiste et sans savoir que la neutralité politique de la fonction est compromise. Fouillez ailleurs dans les échanges antérieurs pour vous rappeler mes arguments à cet égard.

      Dans le cas des signes religieux, s'ils sont interdits, c'est que l'intention EST présumée. Je comprends que pour vous, l'intention n'existe pas et que vous voulez être sûr de ne pas avoir à négocier avec ces personnes « non pertinentes », qui n'ont en somme qu'à ne pas exister, à la limite.

      Quoi qu'il en soit, monsieur Labelle, il y a des gens qu'on peut essayer de convaincre, d'autres qu'on devra combattre. Vous ne faites partie ni des uns ni des autres.

    • Raymond Labelle - Abonné 13 septembre 2019 20 h 04

      "On ne porte pas un T shirt du PLQ pour dire qu'on est péquiste et sans savoir que la neutralité politique de la fonction est compromise." RMD

      Mais c'est vous ici que supposez une intention de la personne qui porte le T-shirt. Moi, je m'en fous de l'intention pour laquelle la personne pourrait vouloir porter le T-shirt. Le porter est par lui-même en contravention d'une discrétion minimale à avoir de possible non-neutralité politique. C'est interdit pour cette raison, suffisante par elle-même, c'est tout.

      Ce qui ne veut pas dire que la personne elle-même est non-pertinente - ce que je n'ai jamais, même de loin, laissé entendre.

  • Raynald Rouette - Abonné 12 septembre 2019 05 h 18

    Comportement idéologique qui va jusqu’au-boutisme!


    S’apparentant à celui de la famille de Victoriaville qui ne veut absolument pas s’intégrer. Ayant décidé de vivre en marge de la société d’accueil.

    Tous les jours nous voyons se former des ghettos musulmans islamistes, que ce soit individuellement ou en groupe. Et selon les bien-pensants et partisans d’un nouveau régime, nous devrions trouver cela normal et l’accepter sans mots-dire?

    C’est pour des motifs semblables que le monde va si mal, c’est-à-dire à feu et à sang dans certaines régions du monde. C’est cela que l’on veut reconstituer ici?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 08 h 58

      Non, monsieur, ce n'est pas ce que « nous » voulons.

      « Cette adolescente est en droit de s’émanciper et d’aspirer à des réalisations personnelles des plus légitimes que sont de marier quelqu’un qu’elle aime, de vouloir exercer une profession, de décider de sa tenue vestimentaire et de ses fréquentations. Elle a droit à sa liberté de conscience, de religion, de pouvoir être libre de décider de son avenir, et de ne pas être soumise à un fiancé qui contrôle tout et qui l’oblige à porter le hijab. Elle veut être libre et s’affranchir du diktat des hommes qui l’entourent. »

      Remarquez qu'il n'est pas question dans ces propos ni de l'Islam, ni des islamistes, ni des immigrants, mais des droits d'une personne. Les mêmes qui sont reconnus à toutes les jeunes filles du Québec et dont la DPJ s'emploie à les rendre effectifs.

      C'est ce qui compte.

      On vous laisse la propagrande.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 septembre 2019 10 h 01

      M. Maltais Desjardins, les personnes qui voulaient forcer cette jeune femme le faisaient au nom de la religion, et l'ascendant, sinon le pouvoir de fait, que son futur mari avait déjà sur elle, relevait des enseignements d'imams.

      Le fait que le juge n'ait pas utilisé le mot "religion" n'est pas un hasard. Il voulait éviter des contestations de son jugement qui auraient pu se rendre jusqu'à la cour suprême, sachant que le Charte Canadienne débute par une reconnaissance de la raison divine.

      La grande différence est que le juge fonctionne selon les lois, un peu, et les procédures, beaucoup. Pas les citoyens, qui ont le devoir politique de respecter, oui, mais surtout de dépasser ce que peut dire un juge. Sinon, les compagnies pourraient encore très légalement remplir les caisses électorales des partis du Québec, par exemple.

      Refuser de même en parler comme vous le faites, c'est se cacher la tête dans le sable.

      Comme chaque curé pas mal toute sa vie, non? Combien de femme catholique prêtre ? Évêque? Pape ? On peut relire : tout ça au singulier parce qu'il n'y a pas de représentation du néant dans le nombre des mots.

      La religion est en question sur ce point, impossible de dire le contraire à moins d'inféoder ses paroles à une vision partisane très restreinte.

      Je sais bien que Toutte Est Dans Toutte et Love is in the air, mais il est difficile de nier qu'un imam, donc un chef religieux, qu'il soit représentatif ou pas, a mené à des abus acceptés par les personnes qui ont envahi un espace privé, et au nom d'une religion. Il semble que le climat général est mauvais maintenant dans ce quartier. Donc il ne sont pas les seuls et le mal (oui, oui, mal!) est réel.

      Exemple un peut trivial : ce n'est pas au nom de la religion qu'un curé viole un p'tit gars.
      C'est la religion qui lui a donné le pouvoir moral qui a occasionné cette situation. Bin quin.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 septembre 2019 10 h 23

      L'école devrait, comme elle l'a toujours été au Québec depuis la Révolution tranquille, être un exemple du vivre ensemble, d'inclusion et d'acceptation des différences. Alors qu'aujourd'hui elle trahit ses valeurs et offre une vision contradictoire de ces dernières en disant d'un côté de la bouche qu'il faut accepter les autres comme ils sont en dehors de l'école, en refusant certains autres dans son propre millieu de vie. Quel bel exemple d'éducation pour nos enfants.

    • Gilles Théberge - Abonné 12 septembre 2019 10 h 26

      Je ne connais pas de « Desjardins » ou de « Maltais » qui poursuivraient leur enfant, arrachent les portes de leurs voisins, obligent leur fille à porter un hidjab, lui interdisent de parler aux autres hommes, et veulent la forcer à se marier à quinze ans, avec un cousin...

      Je n'en connais pas et je n'en connaitrai jamais, parce que ce n'est pas dans notre culture ça! C'est nécessairement dans la mentalité de vous savez fort bien qui.

      Êtes vous confortable, la tête dans le sable...?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 10 h 41

      « Pas les citoyens, qui ont le devoir politique de respecter, oui, mais surtout de dépasser ce que peut dire un juge. »

      Ils le peuvent et le doivent, en effet, dans la mesure où un juge de « dit » jamais en principe que ce qui découle de leur délibération démocratique et non à partir de vérités éternelles venues du ciel des Idées. On l'a assez dit : les chartes sont oeuvre humaine et ne sont pas immuables.

      Mais ça, c'est dans l'idéal. La réalité, c'est qu'un peu tout le monde trouve sa propre façon de « dépasser » ce que disent les juges assez légitime pour s'en accorder license. Cela vaut certainement pour cette famille de Victo et pour les compagnies dont vous parlez. Si le juge ne parle pas de religion, en l'occurrence, c'est peut-être à cause du préambule de la Charte canadienne, mais plus vraisemblablement je crois parce que les droits et devoirs sur lesquels il se prononce sont ceux reconnus par le consensus social aux citoyens et non ceux que les particuliers définissent par devers eux-mêmes. C'est à cette hauteur (ne vous fâchez pas!) qu'il faut se tenir plutôt que de cibler des individus sur la foi de nos perceptions particulières de leurs particularités.

    • Simon Grenier - Abonné 12 septembre 2019 11 h 15

      Objectivement, on est loin de tenir à son ghetto quand on va - au quotidien - se mêler à une foule prépubère et dissipée, tout en se présentant tel ou telle que l'on est et en sachant que l'on risque désormais de se faire lancer des roches. Possiblement même qu'on habite plutôt quelque part à Laval, pas trop loin de l'autoroute, où on fait des bbq tout l'été avec nos voisins qui boivent de la 50. Ou en plein Rosemont. Ou à Lévis. Ou Saint-Jérôme, pendant que c'est encore achetable (et encore là).
      Par ailleurs, ni vous ni moi ne savons pourquoi ces personnes portent un hijab. Il est bien possible que cette décision relève plus de la sphère culturelle qu'autre chose - l'environnement social du Québec aidant. Pensez-vous beaucoup au petit Jésus à Noël et au grand Jésus à Pâques, vous? Ou quand vous vous promenez sur la plus grande artère commerciale de Montréal, la rue Sainte-Catherine? Certains ne portent pas de vêtements moulants car elles n'aiment pas qu'on voit la forme de leur corps. D'autres préfèrent cacher leurs cheveux - ou les raser, pratique très fréquente chez les victimes masculines de calvitie. Si c'est ça qui risque de pervertir la belle jeunesse québécoise, c'est une loi sur l'estime personnelle des parents qu'il fallait adopter.

    • Cyril Dionne - Abonné 12 septembre 2019 13 h 19

      Cher M. Desjardins,

      Vous détournez les mots du juge avec vos sophismes. Qui d’autre que les fanatiques religieux forcent les gens à aller à l’encontre de leurs aspirations les plus profondes ? Franchement. « Elle a droit à sa liberté de conscience, de religion, de pouvoir être libre de décider de son avenir, et de ne pas être soumise à un fiancé qui contrôle tout et qui l’oblige à porter le hijab. Elle veut être libre et s’affranchir du diktat des hommes qui l’entourent. »

      Cette jeune fille avait décidé de faire fi de sa religion archaïque qu’est l’islam qui emprisonne les femmes sous un voile et qui les force une obéissance totale aux diktats de cette idéologie politico-religieuse. En fait, elle voulait être libre de ne pas pratiquer de religion. Évidemment que le juge ne pouvait pas prononcer les mots « islam » et « islamiste » dans son allocution sans se faire crucifier par les extrémistes qui prient à l’autel de la très sainte rectitude politique. On parle ici de « hijab » et de « mariage forcé », des pratiques courantes sanctionnées par la charia. Est-ce qu’on peut-être plus clair que cela? Et non les gens ne peuvent pas exprimer leur propre façon de « dépasser » les lois qui sont administrées par les juges et ce n’est pas légitime de s'en accorder licence. Il n’y pas de consensus social sur ceux qui briment les lois dûment votées démocratiquement par l’Assemblée nationale. Vous êtres des hors-la-loi. Et ils ne peuvent pas s’en remettre aux amis imaginaires parce qu’ils n’existent tout simplement pas. C’est cela le mur jeffersonien ou la séparation des églises de l’État dans un environnement laïc. Pardieu, liberté, égalité et fraternité dans une communion sociétale.

      En passant dans une école publique, selon le code déontologique des enseignant.e.s, les droits collectifs des enfants priment sur les droits individuels (religieux ou autres) des agents de l’État. Alors pour les signes ostentatoire religieux ou autres, qu'ils passent leur chemin.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 14 h 06

      Monsieur Dionne, je ne suis pas du tout croyant, mais je me réjouis que les juges ne se prononcent pas en VOTRE NOM sur l'existence des amis imaginaires.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 12 septembre 2019 18 h 24

      @ Montmarquette
      Le Québec est sorti de sa noirceur quand la société laïque a pris en main son destin et jeter dehors le clergé. L'éducation est devenue progressive et dynamique quand la religion a été sacré dehors des écoles.

      On obtient pas la sociodiversité que vous souhaitez en encourageant un prosélytisme politico-religieux qui milite contre l'égalité entre les hommes et les femmes, qui proclame la supériorité d'un Dieu virtuel sur Celui du voisin.

      Au Québec, si on a appris quelque chose de nos siècles de soumission et d'humiliation à l'église catholique, c'est qu'elle n'a pas sa place dans le domaine de la politique et encore moins de l'éducation.

      Cela n'empêche absolument pas tout un chacun d'avoir une vie spirituelle dans la discrétion de son sanctuaire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 22 h 50

      Monsieur Marcoux, je crains que vous ne réécriviez l'histoire à partir de vos rancoeurs personnelles. Les religieux n'ont pas été sacrés dehors, ni des écoles, ni des hopitaux. Une partie ont quitté les ordres de leur propre initiative. D'autres en raison de l'âge. Ceux et celles qui sont restées, suivant l'esprit de Vatican II, ils ont progressivement sécularisé leur engagement religieux... sans qu'on ait eu à leur prescrire la longueur des colerettes et des voiles.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 septembre 2019 07 h 47

      Merci M. Maltais.

      Je n'aurais su mieux dire.

  • Brigitte Garneau - Abonnée 12 septembre 2019 05 h 56

    Et voilà!

    C'est aussi simple que ça...aucun "rêve" n'est brisé, ça ne fait pas mal et tout le monde est heureux!

    • François Caron - Abonné 12 septembre 2019 09 h 14

      «de décider de sa tenue vestimentaire», est-ce un droit fondamental ? Personnellement, je porte une tenue vestimentaire adéquate selon l'endroit où je me présente. Je n'irais pas au supermarché avec mes vêtements de chasse, je me présente à des réunions avec des vêtements autres que ceux du travail. Bref, même si je peux de décider de sa tenue vestimentaire, j'utilise mon jugement pour le faire et si je ne le faisais pas, on aurait tôt fait de me le signaler. Un enseignant adepte du naturisme s'habille bien pour enseigner !

    • Simon Grenier - Abonné 12 septembre 2019 11 h 26

      Ben... la prémisse de cette situation est qu'un rêve est brisé, qu'une formation académique de nombreuses années a été faite en vain - c'est du mal, ça - et qu'une personne est malheureuse (sans parler de ses proches, ni de la classe qui n'a soudainement plus de professeur après une semaine). Le tout à multiplier par le nombre de cas qui surviendront forcément.

      La situation se défend peut-être mais il faut l'évaluer correctement, là. Le sentiment d'exclusion des communautés minoritaires, ça n'apparaît pas tout seul.

  • Cyril Dionne - Abonné 12 septembre 2019 06 h 31

    Bravo Mme Lavoie

    Vous avez tout dit et bien dit. Toutes les écoles ont des codes vestimentaires, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les enseignants. L’indiscipline des enseignants au sujet de leur accoutrement en salle de classe comme agents de l’État est inacceptable au travail. Si leurs convictions personnelles outrepassent leur devoir de réserve en tant que pédagogue opérant avec une clientèle d’enfants, c’est qu’ils n’ont pas choisi la bonne vocation. Même si les « Punks » ont des convictions sincères, cela ne leur donne pas le droit de venir à l’école publique pour enseigner accoutrer comme ils sont. Idem pour les fanatiques religieux. En plus, il existe des écoles religieuses au Québec où ils peuvent enseigner.

    La façon dont les enseignant.e.s exercent leur profession reflète le respect de valeurs spirituelles et culturelles des apprenants, la justice sociale, la confidentialité, la liberté, la démocratie et l'environnement sans imposer leurs convictions personnelles en salle de classe à une clientèle en mode d’apprentissage et qui n'a pas les filtres ou les discernements nécessaires pour juger d'une situation. L’enseignant.e est au service des individus en formation dont il/elle a la charge et la responsabilité (in loco parentis) et doit faire preuve d’un devoir de réserve nécessaire pour l'épanouissement des élèves. C'est cela le code déontologique des enseignants.

    La loi, qui a été voté de façon démocratique et qui représente la volonté de la très grande majorité des Québécois, c’est la loi. Les droits engendrent aussi les responsabilités et ont aussi des limites en démocratie. Point à la ligne.

  • Yvon Montoya - Inscrit 12 septembre 2019 06 h 42

    Autant on sera d’accord qu’il n’y ait aucune forme de prosélytismes en éducation mais lire une telle lettre, dont l’auteur n’a certainement pas invente le bouton a 4 trous, cela procure un frisson dans le dos car le souvenir pas tres lointain de la délation, de la dénonciation ou de la «  collaboration » y suinte un peu trop. Épeurant esprit que nous avons ici...puis «  faute » est manifestement très très catho-chrétien.

    • Pierre Rousseau - Abonné 12 septembre 2019 08 h 59

      Ah, encore une fois on atteint le point Godwin ! Est-ce faute d'argument valable ?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 09 h 05

      À tout prendre, ce n'est pas une absence de signes de croyance qui est exigée, mais qu'on fasse ostensiblement signe d'allégeance à une exclusion des modes religieux de concevoir la vie bonne de l'espace public au profit d'une seule. Avec ses codes et ses « gradations de la sanction » conséquentes à la gravité de la « faute ».

    • Raymond Labelle - Abonné 12 septembre 2019 09 h 58

      "(...) ce n'est pas une absence de signes de croyance qui est exigée, mais qu'on fasse ostensiblement signe d'allégeance à une exclusion des modes religieux de concevoir la vie bonne de l'espace public au profit d'une seul." RMD

      Une absence de signe de croyance est donc une manifestation ostensible de pensée univoque exclusiviste et autoritaire

      Corollaire inévitable de ce raisonnement: pour bien montrer que l'on ne propose pas une pensée unique autoritaire, il faut porter un signe de croyance.

      Ouf.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 septembre 2019 10 h 32

      M. Montoya, le symbole dépasse l'individu.
      Il clame que la raison divine dépasse la raison et les lois humaines, l'État et les électeurs.

      Comme dans le Rest Of Canada, pays officiellement religieux où il est impossible de se faire élire sans pratiquer une religion dans environ les deux-tiers des comtés. Ford n'aurait jamais été élu sans l'appui du Ontarian Bible Belt, et c'est bien pire plus à l'ouest.

      M. Maltais Desjardins, vous qui ne retenez que les paroles d'un juge pour essayer de faire disparaître la religion un peu plus haut, décrivez-moi précisément les signes ostensibles d'allégeance dont vous parlez. Mot pour moi et rituel au complet. Moi, je ne vois qu'absence de signes et code vestimentaire, comme pour les policiers et leurs pantalons.

      Vous tenez, c'est étrange, exactement les même propos que les gens qui traitaient le PQ de raciste en 1977 au sujet de la loi 101. Aucune différence à la virgule près. "Allégeance", "tentative d'éradication", "citoyens de seconde zone"... C'est "tellement" vrai : je ne vois aucune trace d'anglais au Québec depuis!

      Oui, il existe des lois de normalisation des comportements, et les religions doivent nettement être exclues de l'État.
      Aucune religion n'a jamais refusé de prendre le pouvoir politique où que ce soit. Les conversions de Constantin et de Clovis sont vues comme de "grands moments" par les catholiques, comme des exemples à suivre.

      S'il y a "intention", prouvez-le. S'il y a tentative d'éradication, amenez des chiffres précis : combien de personnes religieuses ne le sont plus ou ont perdu leur citoyenneté, combien on perdu un poste qu'elles occupaient auparavant, où est l'état policier que vous suggérez?

      Je rappelle que scruter les intentions est éminemment religieux, tout comme la Sainte Inquisition. Les seuls qui ont suivi cette voie sont les socialistes du bloc de l'est, mais qui a dit que le socialisme n'est pas une religion? Pas moi en tout cas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 10 h 43

      Monsieur Labelle : ouf, en effet. J'espère que vous avez raison, que j'ai tort. Mais le texte de madame Lavoie me semble assez symptômatique de cette rigidité autoritaire, de même que l'enthousiasme avec lequel sa vision si claire, nette et précise est saluée.

    • Françoise Labelle - Abonnée 12 septembre 2019 10 h 53

      À M.Maltais Desjardins,
      «qu'on fasse ostensiblement signe d'allégeance à une exclusion des modes religieux de concevoir la vie bonne de l'espace public»

      Première fausseté: il n'y a pas de signes ostentatoires d'exclusion des modes religieux. Le pasteur fondateur du NPD ne portait pas de signe religieux. C'était donc un signe d'exclusion des modes religieux?
      Deuxième fausseté: ça ne concerne pas l'espace public mais l'école publique et le service de l'État
      La cerise étincelante: Une absence de signe est une manifestation ostensible. Vous devez percevoir des manifestations bruyantes de l'immatériel un peu partout.

      C'est de l'humour mais est-ce volontaire?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 septembre 2019 13 h 43

      Madame Labelle,

      1- le fondateur du NPD n'était pas contraint par une loi
      2- vous avez raison : la loi ne s'étend pas expressément à tout l'espace public... pas encore
      3- l'absence de signe est prescrite par une loi qui n'a rien d'une « manifestation immatérielle ». Sinon, vous ne prendriez sans doute pas tant de plaisir à en anticiper les effets.

      J'entendrai donc votre rire sous cape avec indulgence, sans m'en amuser moi-même.