Réponse à l’article «L’hydroélectricité propre, un mythe?»

La propreté de l’hydroélectricité est loin d’être un mythe.

Selon l’analyse du cycle de vie réalisé par le CIRAIG de l’Université de Montréal, notre hydroélectricité émet 50 fois moins de gaz à effet de serre (GES) que les centrales thermiques, quatre fois moins que le solaire et se compare à l’éolien. C’est ce que confirment des dizaines d’études et 200 000 mesures.

Quant à nos écosystèmes boréaux, c’est connu qu’ils absorbent moins de CO2 sur une base annuelle que ceux des zones tempérées ou tropicales. D’une part, les milieux terrestres (forêts et tourbières) absorbent du CO2 mais émettent aussi du méthane (CH4), surtout dans les tourbières, un gaz 34 fois plus efficace que le CO2 pour retenir la chaleur.

D’autre part, il ne faut pas oublier que les forêts boréales sont carbone neutre sur leur cycle de vie (sur une base de 100 ans). C’est-à-dire que la totalité du CO2 absorbé par les arbres pendant leur existence sera retourné à l’atmosphère à leur mort (maladies, invasions d’insectes, feux de forêt).

Tous ces éléments ont été considérés dans le bilan net des GES au réservoir de l’Eastmain-1 réalisé par l’Université du Québec à Montréal et McGill et publiés dans une revue scientifique en 2012 (Teodoru et al. 2012). Nous travaillons actuellement à documenter un bilan net de GES au complexe de La Romaine.

De plus, afin de réduire son empreinte environnementale, Hydro-Québec a planté des millions d’arbres, revégétalise le bord de routes et aménage des milieux humides à la suite de la construction de nos infrastructures (ou barrages et centrales).

Nos réservoirs sont des écosystèmes dynamiques et vivants, ils séquestrent du CO2, produisent de l’oxygène et supportent de grosses communautés de poissons. Au Québec, l’hydroélectricité propre, c’est une réalité.

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1 commentaire
  • Cyril Dionne - Abonné 12 septembre 2019 06 h 58

    Bravo M. Tremblay

    Vous avez remis les pendules à l’heure de la désinformation opérée par les fanatiques écologiques, Québec solidaire oblige. Si les nombreuses études confirment que l’hydroélectricité émet 50 fois moins de gaz à effet de serre (GES) que les centrales thermiques, quatre fois moins que le solaire et se compare à l’éolien, eh bien, il n’y a plus grand-chose à dire pour critiquer l’énergie propre, verte et renouvelable produite par la gravité naturelle de l’eau qu’est l’hydroélectricité. Ce qui est intéressant dans votre lettre, c’est que vous nous donnez l’heure juste en ce qui concerne les énergies dites vertes. Si le solaire émet plus de quatre fois plus de GES que l’hydroélectricité et est semblable pour l’éolien, il faudrait se rappeler que celles-ci coutent de 5 à 10 fois plus chères et produisent de l’électricité en moyenne que 25% du temps. D’où l’appellation « énergies intermittentes » dans le cas du solaire et de l’éolien alors que l’hydroelectricité produit 24 heures sur 24. Et la désinformation bat son plein avec les énergies éoliennes puisqu’ils vous diront qu’elles coûtent en Alberta seulement 7¢ du kWh sans dire qu’elles produisent de l’énergie pour seulement 15 minutes de cette heure. Ce qui veut dire qu’elle en coûte plus de 28¢ du kWh et celles-ci sont les plus performantes. En Ontario, il a des contrats où l’énergie éolienne coûte plus de 80¢ du kWh.

    Oui, les forêts boréales sont carbone neutre. Cela, tout le monde l’oublie. Les réservoirs d’Hydro Québec « sont des écosystèmes dynamiques et vivants, qui séquestrent du CO2, produisent de l’oxygène et supportent de grosses communautés de poissons ». Tout le monde est d’accord que planter un arbre est aussi bon pour l’environnement.

    Enfin, il n’y aucune activité humaine qui n’a pas d’impact sur la biosphère et la biodiversité. Aucune. L’hydroélectricité est la forme d’énergie qui se rapproche le plus de la nature en utilisant l’énergie potentielle de l’eau.