Le message de Greta

C’est frappant. La critique contre Greta Thunberg passe toujours à côté de l’essentiel. Alors, c’est quoi, l’essentiel ? Mais c’est le message. « Écoutez la science », dit Greta. Et que dit la science ? Eh bien, que nous nous acheminons vers quelque chose comme une catastrophe climatique. Qu’il est peut-être encore temps de l’éviter. Mais que cela presse. Et que ce qui se fait actuellement en ce sens est largement insuffisant. Cela a déjà été dit, il est vrai. Depuis longtemps même. Le problème, c’est qu’on a fait semblant de ne pas l’entendre.

Certains ne pardonnent pas à cette adolescente, d’une maturité surprenante, de porter avec autant d’intelligence et d’efficacité ce message qu’il est difficile, je l’avoue, d’accepter. Que ce sont les jeunes comme elle, justement, nos petits-enfants et arrière-petits-enfants, qui risquent de souffrir le plus des conséquences du réchauffement. Que nous devons sans doute faire des sacrifices dans notre confort et notre mode de vie, ce qu’elle illustre par sa traversée peu confortable de l’océan. Qu’on peut se demander en fait à quoi sert d’aller à l’école quand nos décideurs choisissent d’ignorer ce que nous sommes censés apprendre.

[...]

D’autres lui reprochent de ne pas apporter de solutions. Alors qu’il y a des gens qui sont élus et payés pour le faire.

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12 commentaires
  • Pierre Boucher - Inscrit 11 septembre 2019 06 h 22

    Santa Greta

    Quand les gauchiasses vont la larger, fini Sainte Greta.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 11 septembre 2019 08 h 31

      Larguer le message aussi?

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 11 septembre 2019 09 h 07

      santa science?

    • Cyril Dionne - Abonné 11 septembre 2019 09 h 18

      @Claude Saint-Jarre

      Personne n’est contre la moralité écologique, mais ce message alarmiste de la jeune Greta Thunberg devient redondant puisque tous connaissent les solutions. Et il serait plus pratique de convaincre les pays les plus populeux de la planète de l’urgence climatique.

      Ceci dit, cher Bengt, vous avez plus de 15 000 ogives thermonucléaires 1 000 plus puissantes que celle d'Hiroshima qui sont suspendus au-dessus de votre tête, qui sont acheminées par des missiles intercontinentaux et vous vous angoissez pour les changements climatiques? Lorsque vous lisez ce commentaire, pensez qu’il y en a au moins un qui cible votre ville présentement.

      Les jeunes comme Mlle Thunberg sont justement ceux qui risquent de souffrir le plus des conséquences du réchauffement climatique mais ne veulent pas faire les sacrifices nécessaires pour parvenir à l’idéal écologique. Ils veulent continuer à consommer avec une vengeance qui nous laisse tous loin d’être béats. Enfin, ils veulent aller au ciel sans mourir.

      Évidemment que Mlle Thunberg n’a aucune proposition pratique et réelle à nous faire part. Enfin, nous les connaissons déjà mais personne ne les met en pratique. Il faudrait couper toute de suite notre consommation de moitié, faire de l’émancipation et de l’éducation des femmes partout dans le monde une priorité et dénoncer vigoureusement les croyances médiévales religieuses et culturelles qui les tiennent sous le joug patriarcal.

      Les Chinois ajoutent à toutes années, des millions de consommateurs comme nous qui consomment avec une vengeance inégalée. Bientôt, ce sera le tour aux citoyens de l'Inde et aux citoyens de nations pauvres et on n’aimerait pas être de ceux qui leurs font la leçon alors que nous consommons comme des ivrognes depuis longtemps. D’un côté, on vante l’émancipation économique des nations du tiers monde et de l’autre, on pratique l’autoflagellation sur la surconsommation. Il n’y a pas seulement Mlle Thunberg qui est autiste.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 11 septembre 2019 17 h 47

      "Il faudrait couper toute de suite notre consommation de moitié." - Cyril Dionne

      Vous oubliez de mentionner le danger no 1: la surpopulation.

      Avec huit milliards de personnes qui foulent quotidiennement son sol, la Terre étouffe sous le poids des humains. La population totale de la planète, qui était stable à environ ceux cent millions d'individus jusqu'à la Renaissance, explose depuis la Révolution industrielle. Et ça continue de peupler sans retenue, surtout dans les pays pauvres d'Asie et d'Afrique. Avec Greta ou sans elle, l'humanité toute entière va bientôt frapper un mur, bien avant que le réchauffement climatique ne devienne un véritable problème.

      Ce n'est pas en adoptant quelques petites habitudes "écolo" qu'on va changer quelque chose.

    • Cyril Dionne - Abonné 12 septembre 2019 06 h 12

      110% d'accord avec vous M. Morin. Le véritable problème des changements climatiques, c'est la surpopulation dont je fais allusion - faire de l’émancipation et de l’éducation des femmes partout dans le monde une priorité et dénoncer vigoureusement les croyances médiévales religieuses et culturelles qui les tiennent sous le joug patriarcal. Si les femmes sont en contrôle de leur corps, les taux de natalité va baisser drastiquement. Eh oui, la surpopulation, c'est l'éléphant dans la pièce.

  • Jacques Maurais - Abonné 11 septembre 2019 06 h 47

    Belle défense

    Mon cher Bengt (pour ceux que cette familiarité étonnerait, nous avons travaillé ensemble), que voilà une belle défense de ta compatriote. Pour ma part, je ne puis m'empêcher de penser qu'elle ferait mieux de poursuivre ses études. Mais, après tout, nous n'assistons pas à un phénomène nouveau: le Moyen Âge a bien connu des croisades d'enfants

    • Bernard Terreault - Abonné 11 septembre 2019 08 h 55

      Amusante cette comparaison avec la Croisade des enfants. Heureusement que celle-ci est moins sanglante et catastrophique -- à moins qu'un cinglé agresse Greta.

  • Marc Therrien - Abonné 11 septembre 2019 07 h 14

    Carpe diem pour les condamnés


    Le défi posé par les changements climatiques est de comment «écouter la science» rationnellement tout en laissant la place qu’il faut à l’affectivité, moteur de la motivation à bouger pour changer, sans que celle-ci ne déborde au point d’embrouiller la raison ou dit autrement, comment parler de la catastrophe annoncée par la science étayée par des faits sans être accusé de catastrophisme, une accusation que refuse ardemment Dominic Champagne, initiateur du «Pacte pour la transition», par exemple. Quand je l’écoute discourir avec ferveur, je me rappelle le poète Ralph Waldo Emerson: «What you do speaks so loudly that I cannot hear what you say». Vos actions voire même votre façon d’être parlent si fort, que je ne peux plus entendre ce que vous dîtes. Le problème avec un discours perçu comme catastrophiste pourrait être qu’il entraîne l’effet contraire à celui souhaité en amenant les citoyens concernés, s’éprouvant comme condamnés à la mort, à renforcer leur désir de jouir intensément de la vie pour le temps qui reste et les comportements hédonistes de consommation effrénée qui sont dénoncés. «Carpe diem», s’exclameront-ils tous en chœur.

    Marc Therrien

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 11 septembre 2019 08 h 57

    Moyenner

    Y- aurait-t-il moyen de concilier cet article avec celui d'Éric Desrosiers ce matin? Par exemple, y-a-t-il des mesures qui permettent en même temps de baisser les GES et de s"adapter?

  • Paul Gagnon - Inscrit 11 septembre 2019 09 h 28

    Quand quelqu'un pense comme nous

    c'est toujours une personne géniale.