Pour l’efficacité de la loi 101

En cette époque où l’on accepte bêtement l’usage populaire, facile et commode du « Bonjour / Hi », où Québec solidaire a dû apprendre que le français est la seule langue officielle du Québec, on est en droit de s’inquiéter sur l’avenir de la langue française chez nous.

On n’a pas vraiment l’impression que le premier ministre François Legault se passionne pour la question linguistique et culturelle. L’avenir du français ne semble pas l’empêcher de dormir. Cependant, la CAQ affiche des idées clairement énoncées dans le rapport de Claire Samson sur la protection et la promotion de la langue française Une langue commune à tous et pour tous. Mieux réussir la francisation des néo-Québécois.

Ce rapport fait état d’un grave recul en matière de francisation et d’intégration des immigrants, qu’il attribue à la négligence et au laisser-faire du gouvernement du PLQ durant 15 ans, et particulièrement à la diminution des ressources, notamment dans les COFI. Il propose un sérieux coup de barre pour redresser la situation.

L’idée d’un guichet unique dans l’esprit des COFI pour éviter l’éparpillement des ressources en matière de francisation est certainement à retenir, tout comme le projet de franciser enfin les petites et moyennes entreprises de 10 à 50 employés.

Pour ce faire, les institutions et le mandat qui leur est confié relativement à la loi 101 sont à revoir et à bonifier. La création d’un poste de commissaire qui viendrait enrichir le Conseil supérieur de la langue française, dont le titulaire serait confirmé démocratiquement par les deux tiers des parlementaires de l’Assemblée nationale, pourrait être considérée comme un grand pas en avant pour améliorer l’efficacité de la loi 101 et la francisation réelle dans tous les milieux de travail au Québec. Encore faudrait-il que le commissaire soit autre chose qu’un chien de garde, et sans moyens d’action autre chose qu’une coquille vide.

Le diagnostic posé par les experts et les partis politiques est unanime. Le gouvernement doit donc bouger et décider d’actions concrètes dans les meilleurs délais.

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3 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 7 septembre 2019 08 h 55

    Exagération chronique des adversaires de Québec solidaire

    "Québec solidaire a dû apprendre que le français est la seule langue officielle du Québec.."- Jean-Louis Bourque

    Presque pas exagéré de foutre tout un parti dans le même sac, alors qu'il s'agit de l'erreur d'une seule personne.

    Mais nous n'en sommes plus à une exagération près, de la part des adversaires de Québec solidaire. Et ça se dit politologue.. En tant que politologue et professionnel de la politique, Jean-Louis Bourque aurait du commencer par lire et la plateforme de QS et nous donner son avis là-dessus, plutôt que de colporter ses cancans.

    Extrait de la plateforme électorale 2018 de Québec solidaire :

    13.5 LANGUE FRANÇAISE

    Pour faire de la langue officielle du Québec la langue commune dans tous les espaces de vie collective, Québec solidaire :

    a. Raffermira l’application de la Charte de la langue française dans tous les milieux de travail;

    b. élargira sa portée aux entreprises employant 10 personnes et plus et soutiendra leur francisation;

    c. Rétablira la portée d’origine de la Charte, entre autres en interdisant le recours aux écoles passerelles;

    d. Reconnaîtra le droit, pour quiconque réside au Québec, de recevoir le soutien des pouvoirs publics pour apprendre le français.

    Source :

    https://cdn.quebecsolidaire.net/QS-Plateforme-E%CC%81lectorale.pdf

  • Michel Lebel - Abonné 7 septembre 2019 09 h 39

    Plus de bons fruits?

    Une question fort difficile à trancher: jusqu'où la loi, la coercition, peut protéger une langue, mieux la protéger? La Loi 101 a donné ses fruits. Modifiée pour une application plus large, donnera-t-elle plus de fruits? Rien n'est sûr à ce sujet. Je crois plus à de fortes et intelligentes publicités médiatiques en faveur du français plutôt qu'à une police de la langue. Et celles-ci appuyées par gouvernement toujours fort soucieux du français et le parlant bien. De fait, tout ceci est une affaire de culture et de respect de soi.

    M.L.

  • Daniel Gagnon - Abonné 7 septembre 2019 21 h 28

    L’insouciance et la désinvolture de François Legault

    L’État doit continuer d’orchestrer la défense de notre langue, avec toute la vigilance possible, et sans crainte d’aller de l’avant, il se doit de renforcer la loi pour mieux protéger notre langue.
    Il nous faut rester vigilants et nous devons continuer de nous affirmer dans notre langue française si unique en terre d’Amérique, si courageuse et lumineuse dans cette mer de 350 millions d’anglophones qui nous entoure.
    Il est évident que le français au Québec reste sous pression.
    L’insouciance et la désinvolture de François Legault doivent cesser et son attitude pragmatique de ne pas heurter le monde des affaires et le business anglophone aura pour conséquence la suppression de tous les progrès chèrement acquis depuis des décennies pour la protection de notre langue, la prunelle de nos yeux.