À quand la robotisation des rapports entre humains?

L’article paru le 3 septembre dans Le Devoir sous le titre « Climat de travail malsain à l’Assemblée nationale » fait état du sondage réalisé par la firme-conseil SPB Psychologie organisationnelle, sur la qualité de vie au travail et la mobilisation des employés du parlement entre mai et juin 2018.

La conception de l’« incivilité » véhiculée par le rapport me déboussole un peu. Selon les répondants au sondage, il s’agirait de signes d’« impatience », de gestes d’« arrogance » et de « condescendance ». Illustré comme ceci : « Certaines personnes haussent le ton, d’autres “adoptent une ou des attitudes non verbales négatives” comme “lever les yeux au ciel, soupirer [esquisser un] sourire en coin” lorsqu’un autre individu prend la parole. » Sous cet angle, qu’en serait-il de bâiller, sourciller, griffonner, hausser les épaules, fixer le regard sur quelqu’un ? Et les éclats d’une voix animée par l’enthousiasme ou l’indignation ? Sommes-nous en voie de censurer toute forme d’expression jugée « négative », de prôner l’éviscération des rapports à autrui ?

Consolation : grâce à l’informatisation, on peut encore laisser libre cours à l’expression de ce qui nous distingue (pour l’instant) des robots — et viva les émoticônes.

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1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 7 septembre 2019 00 h 27

    Banalisation

    Cette lettre banalise l'impact de ce type de relations sur le moral et le climat de travail. L'article décrit bien les conséquences négatives de ce type de comportement, parlant aussi de harcèlement et de contacts non souhaités (attouchements, frôlements ou pincements), ce qui n'est pas mentionné dans cette lettre.