Sommes-nous différents du Brésil?

Ces temps-ci, on voit le gouvernement du Canada réagir au sujet de la forêt amazonienne qu’on laisse brûler. Mais sommes-nous si différents du Brésil ? Le gouvernement brésilien laisse de grosses compagnies agricoles brûler la forêt pour en faire des pâturages. Nous, nous détruisons des centaines d’hectares de forêt pour… extraire du pétrole de sables bitumineux ! Où est la différence ? D’un côté, on détruit la forêt pour en faire des pâturages éphémères et de l’autre, on détruit la forêt pour produire du pétrole par une industrie qui est la plus grande productrice de gaz à effet de serre (GES) au Canada. Et on va bientôt lui permettre de tripler sa production par la construction du pipeline Trans Mountain.

Le principal argument qu’on entend actuellement pour l’exploitation des sables bitumineux, c’est : « La ressource est là ! Pourquoi ne pas l’exploiter ? » Au Québec, nous avons des ressources dénombrées et bien connues d’uranium et d’amiante. Est-ce une raison de les exploiter pour autant ? En suivant le même raisonnement, on a failli exterminer la loutre de mer et la baleine bleue, au XIXe siècle, et il s’en est fallu de peu, au XXe siècle, pour qu’on extermine la morue de l’Atlantique, n’eût été le moratoire qu’on a imposé sur sa pêche. « La ressource est là ! » Allons-y allègrement !

Comment le Canada va-t-il atteindre les objectifs qu’il a signés à Paris en permettant à son principal producteur de GES de tripler sa production ?

Depuis sa construction, on dénombre plus de cent fuites provenant du pipeline Trans Mountain. Advenant un désastre écologique, qui paiera la note ? Le pétrole issu des sables bitumineux est un pétrole lourd. Il cale au fond des eaux. En plus de détruire la flore et la faune de nos cours d’eau, qui paiera la note pour fournir l’eau potable de nos villes, qui la puise à même ces cours d’eau ?

M. Trudeau, est-ce une farce ? Vous voulez vraiment que le Canada diminue ses GES ?

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

2 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 5 septembre 2019 07 h 35

    Non!

    Nous, nous détruisons des centaines d’hectares de forêt pas seulement pour extraire du pétrole de sables bitumineux, du minerai et toutes autres sortes de ressources naturelles, mais personne ne parle de l’étalement urbain qui est le pire récalcitrants dans toute cette affaire. Vouloir augmenter la population via l’immigration, vous pouvez être assuré que nous allons continuer à détruire la biodiversité et ses écosystèmes marins et terrestres. C’est l’homme qui pollue, pas la qualité intrinsèque qu’il tire de la nature.

    Le Canada n’avait aucune intention d’atteindre les objectifs qu’il a signés à Paris. C’était un leurre politique et d’une hypocrisie crasse de la part de Justin Trudeau, en passant, qu’il n’est pas mieux que son prédécesseur Stephen Harper en la matière. Selon les prévisions basées sur le schéma de production du site climateactiontracker.org, le Canada augmentera sa production de 10% d’ici 2030. S’il augmente sa production d’extraction des sables bitumineux, cela pourrait se traduire de 15 à 20%. Dire qu’au Québec, ils favorisent Trudeau. Misère.

    Mais, c’est en se comparant qu’on se console. La Chine produit plus de GES par capita que le Québec. Et ils sont 1 400 millions et nous sommes 8,3 millions. En fait, avec la Chine, les USA et l’Inde, ceux-ci représentent presque les deux tiers de la production de GES dans le monde.

  • Françoise Labelle - Abonnée 5 septembre 2019 08 h 08

    Désastre écologique et même logique économique à courte vue

    Le Brésil est dans l'état où il est parce qu'il n'a pu s'affranchir de sa dépendance du secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche et mines). La dépendance du Canada à l'énergie sale (appelons le chat par son nom) participe de la même faute.