Un irritant dans les écoles

Monsieur le Ministre,

Je profite de la rentrée pour vous souligner un problème qui est maintenant généralisé dans l’ensemble des trois commissions scolaires françaises de Montréal : la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, la Commission scolaire de Montréal et la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île. Il s’agit de l’utilisation de l’anglais langue seconde par une grande majorité des enseignants dans les écoles.

Voici un exemple : un parent qui a le turc comme langue maternelle mais l’anglais comme langue seconde rencontre un prof pour parler de son enfant, et lui parle en anglais… et tout cela dans une école française. Même les communications entre les parents et le secrétariat se font de plus en plus en anglais.

Ne serait-il pas possible de bonifier le service d’interprète qu’offrent les commissions scolaires de manière à ce que les enseignants qui ont à rencontrer un parent qui ne parle pas français puissent le faire dans la langue d’origine du parent, avec traduction vers le français (turc-français, chinois-français, etc.) ?

De plus, votre ministère ne devrait-il pas envoyer une circulaire pour rappeler que la langue d’usage dans les écoles est le français et qu’un service d’interprète est possible pour la rencontre des parents ?

Ne faudrait-il pas réaffirmer aussi que le français est la langue d’usage dans toutes les communications scolaires ?

Certaines directions et certains syndicats voudront sûrement minimiser cet état de fait, mais soyez certain, Monsieur le Ministre, que la réalité dépasse grandement ce que j’énonce. Vous trouverez même des enseignants qui parlent anglais, leur langue seconde, pour intervenir auprès des élèves des classes d’accueil sous prétexte de leur faire comprendre des consignes. Quel message envoyons-nous à tous ces nouveaux arrivants ? Que le Québec est un État bilingue ?

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes salutations les plus distinguées.

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1 commentaire
  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 4 septembre 2019 07 h 40

    Bonne pâte + acculturation = assimilation

    Le québécois moyen est gentil, toujours prêt à faire plaisir et rendre service. Une personne peine à communiquer en français? La bonne pâte qu'il est passe subito presto à l'anglais.

    Le message envoyé à la personne en peine est que l'anglais règne partout et tout le temps, à Monttrial comme à Toronto. Pourquoi apprendre cette langue minoritaire quand on peut très bien s'en passer? Le turc de l'exemple se dit en son soi-même : heille! J'ai d'autres chats à fouetter! Si ces «french canadians» s'adressent à moi en anglais, what is the problem???

    À vouloir se faire aimer, le bon petit québécois récolte du mépris. Parce que le respect, ça se mérite et que ça commence par le respecte de soi, de sa culture et de sa langue.