Aides aux médias: les regroupements de municipalités doivent collaborer

Les maires de plusieurs villes du Québec assistent aux audiences de la commission parlementaire sur l’avenir des médias. Ils ont poussé un cri du coeur à l’endroit des parlementaires québécois en leur disant : « Portez vos culottes et agissez » dans la crise des médias. Alors que différents scénarios de financement sont évoqués par les parlementaires, les associations représentant les villes québécoises ont contribué partiellement au problème de financement des médias.

Il faut se rappeler qu’en mars 2017, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) avaient demandé et obtenu que les villes et municipalités ne soient plus obligées de publier leurs avis publics dans des médias. La sanction du projet de loi 122 permet aux municipalités de se soustraire de leurs obligations de publier dans un média et de choisir les modalités de publication de leurs avis publics par l’adoption d’un règlement. Plusieurs villes, dont Montréal et Québec, s’en sont prévalues.

En tant qu’élu municipal de la ville de Québec, je m’étais opposé à l’adoption d’un tel règlement. Je jugeais que si les villes ne publiaient plus les avis dans les médias, les citoyens perdraient une source d’information importante. De plus, nos journaux devenaient des victimes collatérales de ces pertes de revenus. L’UMQ et la FQM doivent revoir leur position sur la publication d’avis dans les médias. Nos villes, municipalités et organismes paramunicipaux, tels que les offices de tourisme et de promotion régionale, les centres événementiels, les sociétés de transport et les sociétés d’habitation, dépensent collectivement de fortes sommes en publicité. Face à la crise actuelle, l’UMQ et la FQM doivent demander à leurs membres de revoir leur modèle publicitaire : que les membres dépensent davantage leurs montants publicitaires dans nos médias et plateformes numériques et moins sur les sites des géants d’Internet (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). C’est un effort collectif auquel l’UMQ et la FQM doivent nous convier. Il en va de la survie de nos médias, des plateformes numériques et, surtout, de l’information au Québec.

À titre d’exemple, l’Office de tourisme de la Ville de Québec dépense 17,8 millions en budget de mise en marché. Mais quelle proportion va dans nos médias ? En tant que conseiller municipal, je n’ai pas accès à cette information.

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1 commentaire
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 30 août 2019 08 h 42

    Satisfait?

    Les médias écrits locaux et la radio, puis la télé, mais surtout les écrits, à ma connaissance ne rapportent presque pas la parole citoyenne aux séances des conseils municipaux. Il faudrait que ça change, s'ils veulent être aidés. De plus, souvent il n'y a pas de courriers de lecteurs. Oui, si une lettre et envoyée par quelq'un d'informé, parfois elle est publiée, mais on est loin d'une bienvenue clairement exprimée par la direction envers la poplationi de faire connaître leur opinion, même si ellle va à l'encontre du paradigme dominant.
    Je verrais d'un bon oeil une sorte de co-gestion citoyenne avec les médias locaux. Les citoyen.es choisi.es pourraient l'être par tirage au sort parmi les intéressé.es.