La vraie question

Je suis loin d’être un admirateur de Justin Trudeau et je compte encore une fois voter pour le Bloc québécois aux prochaines élections fédérales, comme j’ai toujours voté pour le Parti québécois depuis sa création.

Cependant, dans l’affaire SNC-Lavalin, j’appuie la démarche du premier ministre, qui a agi pour protéger un grand nombre d’emplois en danger et un siège social au Québec, en demandant à Jody Wilson-Raybould d’accepter un accord de réparation pour SNC-Lavalin, comme cela se fait couramment dans plusieurs pays. Accord qui n’exonère pas la compagnie, loin de là, et qui entraîne pour elle une reconnaissance de ses torts, des compensations importantes et une restructuration. Justin Trudeau a sans doute commis des erreurs, mais le fond du problème se situe ailleurs.

La question toujours sans réponse, c’est pourquoi Jody Wilson-Raybould s’est toujours opposée à cet accord de réparation. Quelles étaient les raisons profondes pour lesquelles elle s’y opposait ? Elle savait qu’un procès au criminel nuirait fortement à la compagnie et à ses travailleurs, et n’apporterait rien de bon, ni pour le Canada ni pour le Québec. On est en droit de se demander quelles étaient ses réelles motivations. Tant qu’on n’aura pas de réponse à cette question, on pourra douter de son impartialité dans ce dossier.

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7 commentaires
  • Claude Saint-Hilaire - Abonné 26 août 2019 02 h 44

    L'affaire SNC-Lavallin

    La vraie question à mon avis est la suivate: sur quels critères s'est basé la Ministre pour refuser un accord de réparation à SNC-Lavallin? L'autorisation ou non doit bien reposer sur des critères. Quels sont-ils? La ministre n'a jamais répondu à cette simple question et aucun journaliste à ma connaissance ne lui a jamais posé la question. Lorsque l'on sait que la ministre s'est déjà opposé à l'adoption de cette loi, se disant inconfortable avec les objectifs qu'elle contenait, on est en droit de se demander si la ministre n'a pas agi en mettant d'abord de l'avant sa propre subjectivité pour prendre sa décision plutôt que sur des critères objectifs. Ce sont ces critères objectifs qu'il faut connaître afin de savoir si la ministre a erré dans sa décision. Après, et seulement après pourrons nous savoir si la ministre a pris sa décision en tout objectivité ou si elle a laissé sa subjectivité lui dicter sa conduite.
    Claude St-Hilaire - Montréal

    • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2019 07 h 40

      La ministre a seulement dit qu'elle approuvait la décision de la responsable des accords de réparation dans le dossier SNC-Lavalin.

  • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2019 06 h 37

    La réponse à votre question est dans votre texte. SNC-Lavalin voulait bien un accord de réparation, mais ne reconnaissait pas ses torts.

    Si la responsable du dossier des accords avait pu expliquer sa décision, vous ne poseriez même pas la question que vous posez.

    Qui a empêché qu'elle témoigne ? Le bureau du PM et le PLC.

    Pourquoi ? Pas pour sauver des emplois et un siège social. Pour sauver une compagnie d'un procès où elle est présumée coupable et lui permettre de se laver les mains en disant qu'elle a tout fait pour les blanchir et ce qui s'est passé sous sa gouverne relève de la responsabilité de gestionnaires retors.

    Dans ce dossier, le PM Trudeau a servi de courroie au blanchiment de SNC-Lavalin. Mais ça, bien sûr, il ne le dira jamais.

  • André Joyal - Inscrit 26 août 2019 08 h 15

    Jody Wilson-Raybould

    Cette ancienne ministre est-elle déjà venue au Québec? Pourrait-elle trouver facilement Chicoutimi ou Rimouski sur une carte? Elle me laisse croire que les emplois au Québec pour elle c'est : «Who cares?» Ceci étant, bien sûr ,notre adultescent s'est comporté dans ce dossier, comme pour beaucoup d'autres, en un individu qui vérifie le principe de Peter. Moi aussi je voterai Bloc.

  • Cyril Dionne - Abonné 26 août 2019 08 h 43

    Non, non et non

    Moi aussi je suis un supporteur du Bloc québécois.

    Ceci dit, il ne faut pas tout mélanger. Lorsque le premier ministre du pays intervient directement dans une question judiciaire pour faire des pressions indues sur la ministre afin que la justice ne suive pas son cour, il y a crise en la demeure. Cette ingérence politique dans les affaires judicaires qui relèvent d’un pouvoir qui n’a rien à voir avec la politique, est un très dangereux précédent. Si on peut intervenir directement dans une décision comme celle-là et changer le cour de la justice, qui nous dit qu’on ne peut pas le faire pour d’autres causes?

    Justin Trudeau aurait dû être accusé dans cette affaire tout comme pour SNC-Lavalin.

    L’impartialité de notre système de justice est un des piliers d’une société démocratique. La justice doit être aveugle et ceci en tout temps et hors des contraintes et des pressions politiques. Lorsqu’on vote pour des lois, eh bien, il faut les suivre, sinon, pourquoi en créer?

  • Hélène Somma - Abonnée 26 août 2019 16 h 43

    L'affaire SNC Lavalin

    Je suis d'accord avec cette lettre. Personnellement cette ministre veut faire tomber monsieur Trudeau pour un but personnel. Moi je voterai encore Libéral , je ne voudrais surtout pas revoir les conservateurs au pouvoir! Monsieur Trudeau doit se replacer dans une ligne différente, laissons lui la chance d'y arriver. Mais voter Bloc nous amènerai aux conservateurs, avec le reste!!!!Hélène Somma

    • Cyril Dionne - Abonné 26 août 2019 23 h 58

      « Mais voter Bloc nous amènerai aux conservateurs »

      Il faut réfléchir lorsqu’on écrit mais lorsqu’on défend une certaine position d’une idéologie politico-religieuse, le résultat n’est jamais inattendu. Mais voter pour les libéraux nous amènera vers un multiculturalisme malsain qui est le pourvoyeur du communautarisme si ambiant dans les métropoles. Alors, personne n’est surpris que ces gens défendent des positions indéfendables de Trudeau, comme se moquer des lois dûment votées par les parlements et d’une ministre autochtone. Pardieu, notre bambin n’est pas satisfait de posséder les pouvoirs exécutifs et législatifs, il veut maintenant s’accaparer du pouvoir judiciaire comme tous les bons dictateurs.

      En passant, on ne peut pas être d’accord avec cette lettre et en même temps dire que voter pour le Bloc nous amènera vers les conservateurs. C’est un oxymore et on reste poli. L’auteur le dit explicitement qu’il va voter pour le Bloc lorsqu’il s’exprime tout en défendant la position contraire des conservateurs. Misère. La littératie n’est pas au menu dans ce forum.