Quelle erreur!

Il est difficile de comprendre que Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, maintienne son discours sur les bienfaits des maternelles 4 ans. Lors de sa conférence de presse, il nous a d’abord servi des pourcentages (26 %, 27 %, 32 %) relatifs aux clientèles d’enfants ayant des besoins particuliers, peu importe leur appartenance à une classe défavorisée, moyenne ou favorisée. Cet exercice visait à contrer les propos des organismes qui prônent le maintien des classes de maternelles 4 ans en milieux défavorisés plutôt que l’accès à tous les enfants de 4 ans.

Or, rappelant qu’il a été lui-même enseignant au préscolaire-primaire, il n’est certes pas sans savoir que tous les enfants ont des besoins particuliers à un moment ou un autre de leur passage en milieu scolaire. Afin d’établir tous les besoins, il importe de ne pas fonder les réponses en fonction de pourcentages, la réalité dépassant trop souvent la fiction. À cet égard, le ministre nous promet que tous les enfants auront accès à des spécialistes en fonction de leurs besoins. Quelle bonne nouvelle, car actuellement, cet accès n’existe que très peu ou, à la limite, pas du tout. Il nous annonce que chaque classe de maternelle 4 ans profitera d’une enseignante et d’une éducatrice. L’enseignante n’étant pas nécessairement préparée pour ce groupe d’âge, ses lacunes seront comblées par les connaissances d’une éducatrice diplômées issue des centres de la petite enfance (CPE). Enfin, il nous assure que le développement global des enfants fera partie des priorités du ministère et que les enfants vivront une variété d’activités conformes à leur âge grâce au Programme d’éducation préscolaire 4 ans (photocopie du Programme éducatif des services de garde du Québec. Accueillir la petite enfance).

L’erreur réside précisément dans le fait qu’aux prises avec cette décision, réaliste ou pas, le ministre de l’Éducation, qu’il y croie ou pas, est contraint de défendre « les maternelles 4 ans » puisque ce choix est imbriqué dans les promesses électorales. L’erreur réside aussi dans l’absence dans ce dossier de Mathieu Lacombe, ministre de la Famille, et de Lionel Carmant (neurologue spécialisé à la petite enfance), ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux. Ces deux ministres auraient eu leur mot à dire. Leur présence était-elle dérangeante ? Pourquoi ne pas s’être tourné vers les CPE qui, depuis plus de 30 ans, ont joué ce rôle important d’éducation dans la société québécoise ? Afin de permettre aux enfants de 4 ans et à leurs parents de bénéficier des bienfaits des CPE qui correspondent à leur réalité, le gouvernement n’aurait-il pas dû y mettre l’énergie et l’argent nécessaires à leur croissance ?

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 26 août 2019 09 h 04

    Chaque gouvernement a ses éléphants blancs

    Les maternelles quatre ans tout comme pour le 3e lien, ce sont les éléphants blancs de la CAQ. Pourtant, il des dossiers plus importants à régler.

    Ceci dit, pourquoi essayer de résoudre un problème lorsqu’il n’y en a pas? Si ce n’est pas brisé, pourquoi essayer de le réparer? Les centres de la petite enfance (CPE) font l’envie de tous ailleurs au Canada. Et ce mythe de dire qu’avec la création de la maternelle 4 ans, les enfants réussiront mieux à l’école est une chimère digne des anciens gouvernements libéraux. Ce qui est le plus important dans la vie d’enfant de quatre ans dans son cheminement scolaire, c’est le développement et le peaufinement des habiletés émotionnelles et sociales, point à la ligne. Et qui est mieux placé pour le faire que les parents et les CPE? Pour les compétences cognitives, elles suivront leur cour normal si les deux premières conditions sont remplies. Il faut avoir enseigné à ce niveau pour comprendre. L’Ontario a introduit, il y a longtemps, le programme des maternelles quatre ans et les élèves ne réussissent pas mieux. En fait, c’est pire et pour le décrochage aussi, qui est camouflé tout simplement.

    Pour le 3e lien, c’est d’une absurdité tout simplement. Au lieu de faire des projets pharaoniques superflus parce que seulement une poignée de gens vont en bénéficier, on penserait qu’il y a plus urgent en la demeure. La condition des routes du Québec sont une insulte à l’intelligence, la risée de toutes les autres provinces et une cause de plusieurs accidents mortelles inutiles. Réparez les routes et sortez le crime organisé de cette industrie afin que les argents servent à construire de bonnes routes en creusant plus creux afin que la gelée ne fasse pas des ravages au printemps et en utilisant de l’asphalte de qualité. On sait, les mafieux n’aiment pas lorsqu’on parle de cette façon. Désolé Tony.

    • Yves Graton - Abonné 26 août 2019 14 h 57

      Mnsieur Cyr.
      Bravo

    • Brigitte Garneau - Abonnée 27 août 2019 16 h 53

      Je suis entièrement d'accord avec vous M. Dionne.