Il faut faire des choix payants pour tous

Seuils d’immigration pour le Québec... Pénurie de main-d’oeuvre...

Deux expressions que nous avons entendues abondamment au cours des derniers mois ! Or, s’il semble manifeste que le Québec fait face à une pénurie de main-d’oeuvre dans certains domaines, il faut s’interroger à savoir qu’il est possible que nous ayons moins besoin de travailleurs qualifiés et davantage de travailleurs moins spécialisés. Il est souvent question des secteurs de l’agriculture, de l’hôtellerie et de la restauration. Dans les circonstances, le Québec a-t-il toujours autant besoin de sélectionner un nombre élevé de « travailleurs qualifiés » ?

Ainsi, certains réclament une augmentation significative des seuils d’immigration pour les prochaines années. Il est même question d’un minimum de 60 000 immigrants par année pour les trois prochaines années ! Il apparaît important de souligner que la question des seuils d’immigration est pour beaucoup une question de moyens. En effet, il est de notre responsabilité d’accueillir correctement les immigrants sélectionnés par Québec : « Il faut savoir intégrer adéquatement et efficacement ! » Par conséquent, les seuils d’immigration pour le Québec ne doivent pas augmenter plus rapidement que les ressources humaines, matérielles et financières qui sont destinées à l’intégration et, par-dessus tout, à la francisation des immigrants. N’oublions pas que le premier outil d’intégration est la langue. Il faut impérativement accorder la priorité au français, et Québec devrait exiger la maîtrise de la langue aux immigrants économiques qu’il sélectionne !

30 000, 40 000, 50 000, 60 000 ! Pourquoi pas 20 000 ?

On ne le répétera jamais assez souvent : les seuils d’immigration ne doivent pas être déterminés à la légère. Ils doivent s’appuyer sur des analyses rigoureuses de la situation actuelle du Québec en tenant compte du vieillissement de la population ainsi que de la pénurie de main-d’oeuvre dans certains domaines et certaines régions du Québec. De plus, ils doivent miser davantage sur un pourcentage élevé de rétention des immigrants sélectionnés.

Est-ce que le nouveau système d’immigration proposé par le ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette est la solution ? Peut-être ! L’avenir nous le dira…

Quoi qu’il en soit, il semble nécessaire de rappeler que la maîtrise du français ainsi que l’accès rapide au marché du travail sont des choix payants tant pour la société d’accueil que pour les nouveaux arrivants…

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4 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 24 août 2019 07 h 36

    En effet, et plus...

    Puisqu'il est toujours plus difficile de se regarder dans un miroir, ce qu'on voit un peu partout dans le monde et dans le reste du Canada nous aide à réfléchir un peu.

    La montée des résistances envers les immigrants n'est pas un phénomène local, au contraire : il y a bien plus de crimes de haine à Toronto qu'à Montréal. Pourtant c'est ici que la question se pose, avant Toronto où l'on ne pense qu'en terme de répression et de "méchants terroristes".

    Partout on a augmenté l'immigration pour différentes raisons, surtout sous le poids du raz-de-marée des réfugiés et pour la main-d’œuvre.
    Mais sans augmenter sensiblement les budgets d'accueil!
    Dans certains pays le seul budget à avoir augmenté est celui de l'armée, pour juguler et diriger le nombre d'arrivants.
    On a aussi organisé des "accueils" qui consistaient à les réunir en un endroit, ici au Stade, et les faire sortir au compte-goutte selon leur acceptation.
    Je n'ose pas juger. Il est vrai que chaque pays a le devoir de protéger ses citoyens d'abord. Il ne fait aucun doute qu'il y ait eu de graves exagérations, mais quel chamboulement n'en cause pas?

    Aucun, aucun budget n'est prévu pour informer la population, la rendre concernée, organiser les quartiers, villes et villages pour soutenir les immigrés et les hôtes.

    Comment voulez-vous que certaines personnes, qui n'ont rien décidé et à qui l'on dit que les nouveaux arrivants vont leur voler leur job, réagissent?
    D'autant plus que pour beaucoup une perte d'emploi coïncide avec de nouvelles arrivées.
    Je ne parle pas d'imbéciles, je parle de gens dépossédés de leur capacité de réaction et qu'on condamne à sourire béatement.

    Je veux rappeler qu'avant les définitions économique ou sociale, laissé-pour-compte signifie "dont on ne tient pas compte", ou "auquel on ne s'intéresse pas". Ça, c'est une insulte grave pour quiconque est le moindrement humain.

    Comment réagissez-vous à une insulte répétitive?

  • Cyril Dionne - Abonné 24 août 2019 11 h 19

    Les mythes de l’immigration qui conjuguent aux avocats en droit de l’immigration

    20 000, 30 000, 40 000, 50 000, 60 000 ! Pourquoi pas 10 000 ou 5 000 ou 1 000? Le mythe de l’immigration bat son plein. Il ne résout absolument rien de nos problèmes socioéconomiques, mais règle la situation personnelle des immigrants. L’immigration ne profite qu’aux immigrants et non pas à la société d’accueil. Il en coûte plus de 5 à 6 milliards au Québec pour les immigrants en 2019.

    Le vieillissement de la population ne passe pas par l’immigration. C’est un mythe. Comment expliquer que presque 5% de l’immigration, ce sont des gens 65 ans et plus? Réunification de famille avec des gens qui ne parlent même pas aucune langue officielle, n’ont aucune éducation ou formation utile et sont souvent plus vieux que ceux qui les ont parrainé. Non merci. Les modèles démographiques démontrent que l’immigration ne résout absolument rien en fait de vieillissement, mais agrave plutôt le problème et pose une charge indue sur nos services sociaux.

    La pénurie de main-d’œuvre est une concoction des chambres de commerce afin que les salaires des classes moyenne et pauvre demeurent au plus bas. Que les employeurs paient un salaire décent avec des avantages sociaux pour procurer une dignité socioéconomique et le problème disparaîtra en un clin d’œil. Mais c’est plus que ça, avec l’avènement de la 4e révolution industrielle de l’automation, de la robotique intelligente et de l’intelligence artificielle, ces emplois disparaîtront comme une peau de chagrin. Les méthodes de production au Québec sont désuètes et on demeure poli. C’est déjà le cas pour les emplois bien rémunérés parce qu’ils n’augmentent pas, mais diminuent très rapidement. Enfin, pourquoi a-t-on besoin d’une masse d’immigrants dans les secteurs tertiaires comme l’hôtellerie et de la restauration qui sont directement proportionnels à la santé de l’économie? Un ralentissement et toutes ces personnes se retrouvent au chômage ou sur l’aide sociale.

    Pardieu, l’immigration n’est pas un droit, mais bien un privilège.

  • Serge Pelletier - Abonné 25 août 2019 03 h 37

    Exact que cela: "il faut s’interroger à savoir qu’il est possible que nous ayons moins besoin de travailleurs qualifiés et davantage de travailleurs moins spécialisés". Pire, des ingénieurs, des médecins, des infirmières, des avocats, des... et des... les universités du Québec en forment suffisamment pour son petit marché. Le Québec a beaucoup plus besoin de main-d'oeuvre "manuelle", et pas uniquement en restauration et en hôtellerie. L'exemple des travailleurs agricoles - saisonniers ou non - est flagrant des besoins de main-oeuvre non hautement qualifiée. Pire, la majorité des "enfants" des immigrants (quand ce ne sont pas les parents eux-mêmes) qui suivent des formations de niveaux secondaires ou collégiales décrochent de très bons emplois. Ce qui n'est pas le cas de ceux qui vont aux niveaux universitaires. Même les québécois "pures laines" ne déchochent pas dans une proportion de 40% à 50% d'emplois en rapport avec leur formation universitaire...

    Étrangement, les pleurniches ne cessent de décrier les "médecins étrangers immigrés ici", les "infirmières étrangères imigrées ici", et autres professions dites "hautement scolarisées". Mais jamais un mot n'est dit sur les particularités des formations étrangères en le domaine.

    Prenez les formations d'infirmières comme exemple. Dans la majorité des pays du Maghreb, se sont des écoles "privées" qui dispensent la dite formation. Ce qui laisse entendre un contôle étatique absent ainsi qu'un cursus scolaire à la "va comme je te pousse". Sans omettre bien entendu qu'il n'y a pas de corparation professionnelle régissant l'entrée à l'occupation. Et que dire des contenus des cours - sont-ils pertinents aux besoins d'ici? La même réflexion pour les avocats, les médecins, etc.

    Mais le Québec étant obsédé par les rangs internationnaux de la scolarisation des peuples... Ben, il tente de monter par tous les moyens possibles dans les dits rangs... Cela en est ridicule consommé.

  • Marc Pelletier - Abonné 25 août 2019 12 h 07

    Pile ou face

    Que ce soit aux USA ou au Québec, les promesse électorales ou encore les décisions me semblent de plus en plus basées sur le pif, et non sur des études sérieuses.

    On nous fait avaler des couleuves et le bon peuple se nourrit avec celà et parfois en redemande.

    Il suffit de regarder le flou notamment en ce qui concerne l'immigration, les maternelles 4 ans et le troisième lien et vous pouvez constater qu'il n'y avait pas de véritables fondations sur lesquelles ces projets pourraient s'arrimer.