Le verre: un matériau noble

Alors qu’a pris fin la commission parlementaire qui portait sur le recyclage du verre, il convient de se pencher sur la nature exacte de ce matériau. La production de ce matériau connu depuis l’Antiquité a été mécanisée à grande échelle à compter des années 1920. Au fil des siècles, le champ d’application du verre n’a cessé de s’étendre. Ainsi, les ampoules électriques de Thomas Edison, en 1879, et les fibres optiques contemporaines sont, à des époques éloignées, la démonstration de la grande flexibilité et des nombreuses propriétés du matériau.

Pour la communauté scientifique, le verre est considéré comme un « matériau noble ». Dans la foulée des consultations de cette semaine, le gouvernement aura à décider de la meilleure manière de valoriser ce produit qui, loin d’être un déchet, est au contraire une substance d’une très grande valeur.

On sait que le système actuel de récupération, les fameux bacs verts ou bleus, est à repenser. Certains organismes, qui le défendent encore, prétendent qu’un jour la technologie permettra aux centres de tri de produire un verre propre. On peut toujours rêver ! Pour le moment, malgré les millions investis, les résultats sont décevants : il est impossible de refondre le verre extrait.

Mais d’abord et avant tout, la question essentielle à se poser est la suivante : quelle est la meilleure, sinon la seule, destinée pour le verre nouveau qui sera récupéré ? Deux options sont disponibles : réutiliser ou recycler. Si la réutilisation est impossible, on doit recycler, c’est-à-dire refaire du verre. Employer le verre comme abrasif, ou comme recouvrement des déchets ultimes dans les lieux d’enfouissement sanitaire, ou lui faire terminer sa vie utile dans un bloc de béton comme substitut du ciment Portland, voilà autant d’usages indignes d’un matériau noble. Dans ces trois situations, on ne peut pas parler de recyclage, le verre étant carrément sorti du cycle, ni d’économie circulaire ni de développement durable. On a plutôt affaire, ici, à du véritable décyclage, à une mort précoce. Donc, les solutions de rechange au système actuel de récupération devront garantir que le verre obtenu pourra satisfaire l’une ou l’autre des deux seules options viables : réutiliser ou recycler.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 20 août 2019 08 h 59

    Un bémol

    J’ai trouvé le texte de M. Landry particulièrement intéressant et je suis d’accord avec l’essentiel de ce qu’il dit.

    J’aurais un petit bémol à l’égard de l’utilisation du verre dans le béton, qu’il qualifie de décyclage. Je parlerais plutôt de réincarnation.

    Strictement parlant, il a raison de dire que cette utilisation met fin au cycle du verre. Mais cela diminue l’empreinte environnementale du ciment, un matériau dont la fabrication est très polluante.