À la recherche du conteneur égaré

Depuis 1996, nous devrions avoir, selon l’article 5 de la loi sur les transports au Canada (L.C. 1996, ch. 10), un « système de transport national compétitif et rentable […] qui favorise un environnement durable [tout en étant] essentiel à la satisfaction des besoins de ses usagers et au bien-être des Canadiens… ». Au niveau maritime, il y a certes de la concurrence si on considère l’achat récent du port de Halifax par une firme de Singapour et le partenariat du port de Québec avec une firme de Hong Kong.

Avant cette ouverture à la concurrence, on pouvait compter sur des analyses prospectives crédibles, lire ministérielles, pour influencer le processus décisionnel, il va sans dire, centralisé. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, comme le démontre l’approche du port de Québec, qui fait miroiter des retombées économiques mirobolantes avec son projet Laurentia, un nouveau terminal de conteneurs (le cinquième dans l’est du pays), alors qu’aucune étude de marché n’appuie ses prétentions qui, par ailleurs, vont à l’encontre de ce que les sites Web spécialisés publient sur le sujet.

Actuellement, rien ne permet à la population de connaître les véritables enjeux économiques et écologiques liés au transport des marchandises dans l’est du pays. En générant de la concurrence entre les administrations portuaires, on a malheureusement perdu en cours de route le conteneur informationnel. À cet égard, la population s’attend du ministre fédéral des Transports qu’il le récupère rapidement tout en agissant comme un pilote de navire expérimenté qui prendrait la mer avec l’équipement adéquat (cartes, GPS…) et, surtout, après avoir sécurisé la cargaison.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

6 commentaires
  • Jean Lacoursière - Abonné 19 août 2019 07 h 02

    « Terminal de conteneurs du Port de Québec: fantaisiste, dit un expert »

    Source : https://www.lesoleil.com/actualite/la-capitale/terminal-de-conteneurs-du-port-de-quebec-fantaisiste-dit-un-expert-90ff492ff7231430de6daab7c3f92f16

  • Claude Bariteau - Abonné 19 août 2019 07 h 09

    Ce que vous révélez est la face connue d'une gestion au-dessus des élus du Canada et du Québec. Vous revendiquez un pilote pour gérer autrement. Il faudrait plutôt revendiquer une enquête pour connaître le pilote caché qui a en mains des outifs pour changer la structure économique et, avec elle, le pouvoir politique.

    • Simon Pelchat - Abonné 19 août 2019 08 h 18

      Je partage votre lecture et votre requête

    • Jean-François Trottier - Abonné 19 août 2019 09 h 02

      Une enquête ? Pas une mauvaise idée, M. Bariteau. Au contraire.

      Toutefois c'est un peu court. J'ai mon voyage de ces enquêtes qui ne mènent à aucune modification des pratiques utilisées.
      Ça fait toujours "bien" de trouver des coupables. Mais s'ils sont remplacés par d'autres, aussi pires mais plus habiles à se cacher, qu'est-ce qu'on gagne?
      Je ne suis pas très fort sur la justice accusante et condamnante.

      Trouver ce qui ne va pas, c'est bien. Trouver comment rendre ce type de gestion transparent est une autre paire de manche et c'est pourtantl e seul qui ait des chances de résultats.

      Je ne vois pas du tout en quoi changer la structure économique et, avec elle, le pouvoir politique y fera grand-chose, honnêtement.

      Pas que ce soit mauvais là! C'est que ce que vous écrivez tend à dire, si je lis bien, qu'il faut d'abord trouver ce qui ne va pas, puis tout changer et vite. C'est ce "avec elle" de votre part qui me mène à croire que telle est votre idée.

      Comme si tout changer était une panacée!

      Mettre à la porte des gens, ou un système, qui nous on dit "Faites-nous confiance" et nous ont abusé, et faire confiance à ceux qui les accusent, vous ne sentez pas la redondance? Pourtant encore aujourd'hui on donne le bonyeu sans confession à certains politiciens qui n'ont en fin de compte jamais dirigé quoi que ce soit sauf leur petit groupe de pression, ou au mieux un parti. Facile de diriger ses chums!
      Des gens qui pointent du doigt les "vrais problèmes", ça pleut! Des gens qui agiront dans le respect de tous, euh...

      Le pire que les plus démunis aient à craindre, c'est que tout change vite.
      Par définition les plus démunis sont ceux qui s'adaptent le plus mal. Qu'advienne une crise ou une révolution, les mêmes non seulement restent au bas de l'échelle mais en fait descendent plus bas. C'est pas la conscientisation qui va y changer quoi que ce soit.

    • Claude Bariteau - Abonné 19 août 2019 09 h 54

      M. Trottier,

      vous avez raison sur les incidences d'une enquête-maison-bidon.

      Je n'ai pas pensé à ce type d'enquête.

      Il existe amplement de journalistes chevronnés et de chercheurs tout aussi chevrenonnés pour mettre en relief les détournements actuels, ce qui peut aboutir à des publications chevronnées porteuses de changements, comme vous dites, dans le respect des citoyens et des citoyennes, ce que sous-tend, je pense, le « tous » de votre texte.

    • Jean-François Trottier - Abonné 19 août 2019 10 h 01

      Merci, M. Bariteau