L’interculturalisme du PLQ comme une chimère

Les jeunes libéraux du Québec veulent se rapprocher des francophones et, pour ce faire, ils tentent de nous convaincre que le parti a toujours eu une position interculturaliste. Il nous semble cependant que les gouvernements Charest et Couillard ont plutôt démontré un fort penchant pour le multiculturalisme fédéral, bien appuyé par la Charte canadienne des droits.

Si le PLQ veut se démarquer de son passé et ainsi accepter de déplaire à sa base anglophone et allophone, il devra faire des compromis importants sur le renforcement de la langue française et accepter de se doter de politiques plus coercitives envers les nouveaux arrivants pour favoriser une meilleure intégration de ceux-ci. Pour ce faire, il devra lâcher du lest dans sa défense des libertés individuelles et s’ouvrir franchement vers une reconnaissance des droits collectifs des Québécois.

Si le PLQ ne fait pas cette démarche difficile d’une remise en question de ses politiques traditionnelles, son pas vers l’interculturalisme sera un faux pas cosmétique d’un parti qui veut faire semblant pour se donner une image nationaliste vide de contenu. En ce sens, sa position interculturaliste sera une chimère.

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32 commentaires
  • Jacques-André Lambert - Abonné 12 août 2019 03 h 21

    Le PLQ nouveau

    Le PLQ fait un bon coup de pub. Soit.
    - Est-ce que l’interculturalisme est soluble dans la Charte canadienne ?

    Puisque cette notion repose sur la reconnaissance d’une "ethnie" (selon l’étalon canadien) majoritaire au Québec – fondée sur la « race ».

    L’interculturalisme, n’est-ce pas l’obligation pour les immigrants de s’intégrer à la "nation" québécoise, officiellement francophone et laïque, à l’encontre du droit canadien ?

    Dominique Anglade promet de légiférer en ce sens.

    Laissez passer les clowns…

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 août 2019 13 h 24

      @M. Pelletier En tout respecT!

      Mais dans quel état le PLQ a-t-il laissé la DPJ, nos écoles, nos hôpitaux, nos routes!!!! De plus, il s’est couché devant l’attitude fleur bleue de Trudeau en laissant entrer des dizaines de milliers de demandeurs d’asile, de façon irrégulière. Or, une très forte proportion de ceux-ci vont être refusés pcq ne répondant pas aux normes de réfugiés; cela nous coûte une fortune notamment en aide sociale, en aide juridique, en santé et crée de très nombreuses déceptions. Il était grand temps qu’un autre gouvernement mette de l’ordre là-dedans. Cours de francisation boudés par de nombreux immigrants ne parlant pas français.

      Au niveau canadian, il a adopté la position du canadian multiculturalisme niant la nation québécoise. A genoux!

      Interculturalisme :un emplâtre sur une jambe de bois!

    • Marc Pelletier - Abonné 13 août 2019 09 h 17

      @ M. Pierre Grandchamp,

      Nos gouvernements n'ont pas le plein pouvoir : on n'a qu'à se remettre en mémoire l'époque de M Lucien Bouchard et celle plus récente de M. Couillard : ils se sont retrouvés dans une situation où les finances de l'état étaient dans un piteux état !

      Les maisons de cotation ont alors lancé un signal d'alarme qui " obligeait " ces deux gouvernements à remettre les finances de l'Etat à un niveau acceptable, faute de quoi ils feraient plonger la cote du Québec : donc les deux gouvernements ont dû remettre de l'ordre dans les finances publiques.

      Ces gouvernements n'avaient aucun choix de rationaliser ou de couper dans les dépenses, sinon les taux d'intérêts sur la dette et les emprunts du Québec auraient été augmentés de 1 ou de 2 %.

      L'erreur des libéraux, compte tenu que l'économie mondiale s'était replacée, et par conséquent celle du Québec, fut de ne pas retourner dans les services publics, après 3 ans de pouvoir, une bonne partie des sommes qu'ils avaient encaissé .

      Bien sûr, on leur aurait alors reproché de faire des cadeaux à la veille des élections, mais ils auraient peut-être évité de ce faire battre à " plate couture ". De plus, la piètre qualité de leur communication avec la population, le désir de changement de gouvernement qui fut incrusté dans la population par les partis d'opposition ( je ne saurais les en blâmer ) ont fait le reste .

      La CAQ à maintenant des finances saines en main : j'espère qu'elle saura éviter le gaspillage et qu'elle utilisera la marge de manoeuvre dont elle dispose dans le meilleur intérêt du Québec et des Québécois .

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 août 2019 15 h 59

      "Nos gouvernements n'ont pas le plein pouvoir :".

      Nous acceptons, même avec la CAQ, que les pleins pouvoirs soient dans les mains de l'Autre nation!

  • Raynald Collard - Abonné 12 août 2019 07 h 09

    Bof!

    Je ne sais pas combien d'années ça va durer cette réaction nauséeuse que j'éprouve à l'égard de cette formation politique qui nous a tant fait mal depuis 15 ans. Je leur souhaite un long séjour dans l'opposition, mais surtout un changement de garde COMPLET.

    • Pierre Raymond - Abonné 12 août 2019 10 h 46

      Et même avec un changement de garde complet, je dirais comme les Anglos... " What's in a name (QLP) ?

    • Marc Pelletier - Abonné 12 août 2019 11 h 21

      " ...qui nous a tant fait mal depuis 15 ans ".

      Ce n'est ni le PQ , ni aucun autre parti, qui auront réussi à assainir les finances de l'état, à tel point que gouvernement actuel de la CAQ peut même se permettre des dépenses extravagantes pour tenter de respecter quelques-unes de ses promesses électorales.

      Des maternelles 4 ans, des maisons luxueuses pour les aînés , un troisième lien......

      " En a-t-on vraiment besoin " ?

  • Jean-Charles Morin - Abonné 12 août 2019 07 h 18

    Tactique évidente de marketing racoleur.

    Qu'est-ce qu'un libéral ne ferait pas pour aller chercher quelques votes de plus?

    De toute évidence, ce sont ici les crédules et les naïfs et les mous qui constituent encore une fois la clientèle cible idéale pour venir grossir les rangs du "parti des anglos".

  • Claude Bariteau - Abonné 12 août 2019 07 h 29

    Au Canada, la nation est celle d'un État post-national de ce pays, les autres nations reconnues étant les “ Premières nations ». La « nation » québécoise n'est pas reconnue dans la constitution de 1867 et celle de 1982, le gouvernement Trudeau ayant rejeté le rapport Laurendeau-Dunton qui voulait refonder le Canada sur la base de deux « nations » fondatrices.

    Cette idée de « nations fondatrices » renvoyait aux « Canadiens-anglais » et aux « Canadiens français » qui, supposément, auraient fondé le Dominion of Canada. Or, ce Dominion fut créé selon les vues de la Grande-Bretagne désireuse de fédérer ses colonies nord-américaines dans une super-colonie pour se protéger des États-Unis après la Guerre de sécession.

    Elle le fit parce que la colonie du Nouveau-Brunswick y consentit après une élection sur ce sujet et que deux autres colonies, la Nouvelle-Écosse et le Canada-Uni y consentirent. Dans le cas de la Nouvelle-Écosse, un référendum ayant donné un refus d'adhésion fut discrédité, Londres l'estimant de moindre portée qu'une décision du Conseil des Ministres. Dans le second, un référendum demandé par le Pari rouge de la section-est du Canada-Uni Québec fut rejeté. Il y eut plutôt un décompte des élus favorables de la section-est sur la base de l'origine britannique ou française à la suggestion de Londres.

    Le résultat révéla un appui des élus d'origine non-britannique, Ce sont donc des élus sans mandat de cette section-est, Cartier en tête, qui tranchèrent. À l'évidence, on ne peut pas parler d'une « nation » ayant donné son appui à ce projet, mais d'élus sans mandat qui se virent qui octroyer ce pouvoir par Londres.

    Parler de « nation québécoise », manière PLQ, manière CAQ ou manière PQ et QS, c'est du discours. La nation du Québec existera quand le peuple québécois se dotera d'un pays indépendant. Actuellement, il n'existe au Québec qu'une « nation » postulée qui sert de tremplin à des élites locales.

    • René Pigeon - Abonné 12 août 2019 15 h 59

      Monsieur Bariteau,
      Vouliez-vous écrire : ‘la section ouest’ au lieu de « la section est » dans la phrase : « Il y eut plutôt un décompte des élus favorables de la section-est » ?
      L’article ci-bas affirme que :
      "Dans un texte éclairant, Stéphane Kelly analyse la fracture entre le Haut-Québec conservateur favorable à la Confédération et le Bas-Québec républicain (voir ci-bas : la section-est du Canada-Uni Québec) qui lui est opposé."
      Le « Haut-Québec conservateur » est dominé par les Anglo-Montréalais, je suppose.

      http://www.ledevoir.com/culture/livres/477065/la-c
      La Conférence de Québec de 1864, sous la direction d’Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Guy Laforest 6 août 2016 | Dave Noël | Livres
      La Conférence de Québec de 1864.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 août 2019 20 h 07

      M. Pigeon, la section-ouest fut derrière le projet de Brown et du gouverneur général. C'est de cette section que vient le pacte de la Grande coalition auquel s'est rallié Cariter. Le décompte des votes s'est fait pour la section-est, l'ex-Bas-Canada, à la suggestion de Londres transmise par Brown à laquelle s'est ralliée Cartier et ce décompte ne s'est pas fait à la réunion de Québec de 1864.

  • Gylles Sauriol - Abonné 12 août 2019 08 h 20

    Encore du bla bla du PLQ

    Comme d’habirude , le PLQ est en retard et réagit au lieu d’agir quand c’est le temps. Ce parti politique a été au pouvoir pendant plusieurs années et s’est limité à faire de l’aplaventrisme devant le Gouvernement fédéral (surtout Couillard) en se fichant éperdument des revendications nationalistes des Québécois; plus préoccupé qu’il était à satisfaire les désirs des minorités anglophones et allophones et à dresser l’épouvantail d’un potentiel référendum au moindre soubresaut un tant soit peu nationaliste. Et aujourd’hui ce même PLQ veut nous faire croire qu’il a la fibre nationaliste. Mon œil !! Maintenant qu’ils constatent que l’adoption d’une position plus ouverte sur les revendications nationalistes et légitimes qui est privilégiée par la CAQ fait son succès, ils se disent qu’ils adopteront désormais la même position. Comme d’habirude, des vœux pieux, des entourloupettes politiques et du bla bla !
    Il aurait été préférable pour eux de bâtir sur les propos de leur ex chef Robert Bourassa qui finalement prit acte de la réalité dans sa brève mais non moins historique déclaration du 22 juin 1990.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 août 2019 10 h 14

      Je me souviens de la déclaration de Bourassa du 22 juin 1990 qui donnait espoir, suite à l’affront de Meech par le Canada anglais : le tout ayant commencé par la position incendiaire de Trudeau père.. Puis, il y eut « Bourassa le Tricheur » et « Bourassa le Naufrageur ». Puis, le Rapport Allaire qui allait mener à la naissance de l’ADQ….qui deviendra la CAQ.

      Je me souviens du samedi soir 23 juin 1990, c’était la convention du PLC qui allait élire Chrétien, à Banff. Je revois, en pleine télé, le p.m. de Newfoundland, Clyde Wells, se jetant dans les bras de Chrétien; et, ce dernier de lui dire : « Thanks for all you have done, Clyde »! Ce Wells venait de couler Meech.

    • Gilles Théberge - Abonné 12 août 2019 13 h 43

      Monsieur Grandchamp, je ne suis pas certain que nous serions plus avancé aujourd'hui si l'accord du lac Meech avait été adopté. Meech m'apparait être un fantôme bienveillant. Mais à chaque fois que l'on a pensé trouver un peu de justice pour le Québec, cela s'est avéré presque un mirage.

      Pensez à toutes ces choses qui ne veulent rien dire. Je donne un exemple parmi mille. Le fait que nous n'avons pas signé la constitution, alors que nos sommes soumis aux dictats de la Supreme Court of Canada.

      Et d'ailllers un juge peut être unilingue anglais et y siéger alors qu'il est impossible pour un unilingue francophone.

      Et des exemples on pourrait en donner des tas....

      Moi j'estime que les discussions constitutionelles c'est de la foutaise, et le Québec serait mieux de leur dire Basta !

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 août 2019 16 h 44

      @ M. Théberge

      Estoy de acuerdo con el basta! C’est pourquoi je ne crois plus aux partis fédéralistes. Ce qui me désole : le fait que et les fédéralistes et les indépendantistes sont coïncés. Pas jojo! Le Québec s'anglicise de plus en plus et notre poids démographique de francophones va en diminuant. Pendant tout ce temps-là, tout ce que le PLQ a offrir: l'interculturalisme!!! MIsère de misère!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 août 2019 10 h 58

      Monsieur Théberge, ce serait déjà ça de pris de ne pas répéter les mêmes exemples, s'il y en a tant.