L’accord Canada-Europe et l’environnement

Dans une lettre parue dans Le Devoir (29 juillet 2019), Léonie Derome affirme que les critiques des groupes environnementaux à l’égard de l’AECG sont injustifiées puisque l’accord comporte une grande diversité de dispositions environnementales. Ce point de vue est problématique pour au moins trois raisons.

Premièrement, l’AECG favorise une déréglementation sur le plan environnemental puisqu’il comporte un tribunal d’arbitrage qui permet aux entreprises de poursuivre les États si leurs profits sont limités par des réglementations. Ensuite, le chapitre de l’AECG sur la coopération en matière de réglementation complique l’adoption de règlements et favorise un nivellement par le bas sur les plans environnementaux et sociaux. Finalement, l’AECG favorise une agro-industrie industrielle et exportatrice avec toutes les conséquences environnementales que celle-ci occasionne tant au niveau de la production que du transport. Ainsi, la présence de dispositions environnementales dans l’AECG ne permet pas de conclure qu’il s’agit d’un traité qui favorise le respect de l’environnement.

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2 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 10 août 2019 09 h 30

    Qui a raison

    je pense que madame Ponce a raison. Ces traités ne sont pas signés en transparence, avec l'accord de la population. J'invaliderais tant que la participation citoyenne n'est pas d'accord.

  • Gilbert Troutet - Abonné 11 août 2019 11 h 13

    Avec quelle Europe?

    J'étais de ceux qui pensaient que l'avénement de l'Europe était salutaire. Elle a au moins permis aux Européens de vivre en paix après la Deuxième guerre mondiale. Elle leur a permis aussi de se donner une monnaie commune, ce qui est certainement positif.

    Toutefois, J'ai l'impression depuis un certain temps que la bureaucratie européenne est devenue l'outil privilégié de la pensée néo-libérale. Une armée de lobbyistes travaille au service de multinationales comme Bayer, Nestlé et consorts, dans l'antichambre et les couloirs de Bruxelles. Comme le souligne Véronique Ponce, les accords économiques ont aussi pour effet de réduire la réglementation des États-membres, par exemple en matière sociale et environnementale, ou les contester s'il le faut devant des tribunaux sur mesure.

    C'est ainsi que le gouvernement français envisage de privatiser ses barrages hydro-électriques, depuis longtemps propriété d'une société d'État (ÉDF), soi-disant parce que la politique économique européenne ne tolère pas les « monopoles ».