Une simple visite...

Lettre ouverte à Sylvie D’Amours, ministre responsable des Affaires autochtones ; à Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation ; et à Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Nous avons été heureux et heureuses de vous rencontrer, même furtivement, lors de votre passage à Puvirnituq, Nunavik, mardi 30 juillet dernier. Vous y étiez présent.e.s une journée dans le but d’« établir une relation de confiance et [de] jeter des bases constructives empreintes de compréhension mutuelle, de respect et d’une vision commune de l’avenir [des communautés du Nunavik] ».

Nous saluons cette initiative et croyons en votre sincère volonté de favoriser un rapprochement avec les communautés autochtones. Nous sommes conscient.e.s des difficultés vécues dans les communautés du Nunavik : sous-financement des services sociaux, crise du logement, suicides, etc. Les médias ne manquent pas de rapporter ces sombres réalités.

Toutefois, nous avons eu la chance de côtoyer durant l’été des jeunes Inuit de Puvirnituq. Nous avons été touché.e.s par leur joie de vivre, leur intelligence, leur vivacité d’esprit, leur capacité d’apprentissage (de l’anglais et du français en plus de leur langue maternelle, l’inuktitut), leur débrouillardise et leur accueil plus que chaleureux. Tous les enfants que nous avons rencontrés, rieurs et résilients, ont des rêves qu’ils et elles souhaitent réaliser.

Ainsi, nous espérons profondément que cette visite sera suivie d’actions concrètes concertées et d’effets tangibles et pérennes afin d’offrir les mêmes chances de s’épanouir à tous les enfants du Québec inclusivement.

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3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 9 août 2019 08 h 59

    Poser les bonnes questions

    Au lieu de faire des visites, pourquoi ne pas y vivre afin de comprendre pourquoi les services sociaux sont inadéquats, qu’il y a une crise du logement et que les suicides sont malheureusement la norme pour échapper à un destin sans avenir? Tous sont dotés d’une joie de vivre, d’intelligence, de vivacité d’esprit et d’une capacité d’apprentissage. Lorsque j’enseignais justement à des enfants autochtones venant d’une réserve qui n’arrêtait pas de faire les manchettes, c’est ce que j’ai constaté.

    Ceci dit, vous ne posez pas les bonnes questions. Pourquoi les gens vivent dans un endroit où il sera impossible justement de s’épanouir dans le sens du terme que l’on connaît? Lorsque vous vivez isoler de tout dans un environnement sans pitié, vous devenez dépendant des autres si vous voulez atteindre un certain niveau de vie qui sera toujours impossible à maintenir au milieu de nulle part. C’est bien beau les recettes ancestrales basées sur le camping, mais ce ne sont pas celles-là qui vous amèneront vers une émancipation sociétale et personnelle en 2019.

    Vous pouvez engloutir des millions, sinon des milliards et à la fin de l’exercice, vous en serez au même point. Il faudra un jour prendre une décision, soit de faire partie de la société à part entière ou bien de se créer une entité de pays et assumer les conséquences qui s’ensuivent. Et cela demeurera impossible au milieu de nulle part. Ils sont à l’aube d’une décision afin de pouvoir vivre avec les autres avec indépendance et réaliser leurs rêves.

  • Gilles Théberge - Abonné 9 août 2019 09 h 50

    Vois écrivez : « nous espérons profondément que cette visite sera suivie d’actions concrètes « ...

    Ouais.... !

  • Tristan Roy - Abonné 9 août 2019 11 h 01

    Avec de l'imagination

    D'abord bravo aux auteures et à M. Dionne pour leur implication auprès des autochtones.

    Ensuite, il est faux de dire que le Nunavik est au milieu de nul part. Le passage du nord-ouest est de plus en plus praticable et va permettre à terme le trafic maritime dans la région, gagnant une partie du trafic du canal de Panama, ce qui va entrainer un boom économique!

    Cette région est riche en ressources hydro électriques et minérales. Comme pour les Crees à la Baie James, des redevances devraient être versées au gouvernement Inuit et, étant donné leur faible population, ces revenus devraient être suffisants pour leur permettre de vivre dignement.

    La mise en orbite d'un satellite de télécommunication pour le grand nord a aussi permis de rapprocher virtuellement cette région du reste du pays. Il est maintenant plus facile d'y travailler à distance pour des mandats dans le "sud" ou de suivre les formations des télé-universités.

    Le réchauffement climatique, une calamité planétaire, comporte néanmoins des avantages pour le Nunavik qui voit son climat polaire s'adoucir. Des projets de serres hydroponique pour produire des fruits et légumes sont présentement en développement avec l'aide du gouvernement fédéral. Hydro Québec projète d'installer de petits barrages dans la région pour remplacer les centrales au mazout actuelles.

    Le tourisme, premier secteur économique dans de nombreuses région, a beaucoup de potentiel de développement et pourrait profiter de la culture inuit. Un expérience immersive dans des conditions extrèmes en expérimentant une culture de survie pourrait être l'expérience d'une vie pour les nombreux adeptes de l'éco-tourisme...

    Le Nunavik a un bel avenir devant lui, si les Inuits structurent un projet de société, leur révolution tranquille, avec notre appuis, ils peuvent y arriver. L'autonomie consentie par le Danemark aux Inuits du Goenland est d'ailleurs une expérience qui pourraient devenir un modèle pour le Nunavik aussi...