Un bémol sur le TGF

Le projet de train à grande fréquence (TGF) annoncé par le gouvernement d’Ottawa semble, en première analyse, un jardin riche en boîtes de Pandore ! Récemment, de nombreuses rumeurs couraient sur le fait que la portion Montréal-Québec ne serait pas dans les plans pour cause de non-rentabilité ! Le projet déraille déjà, ça part bien !

Bien sûr, le ministre des Transports, M. Garneau, tel un preux chevalier, a tenu à rassurer les citoyens avec diligence en affirmant que le tronçon Montréal-Québec était bel et bien dans le projet. Cependant, sans en préciser la date de réalisation, voilà le piège ! Rappelons-nous qu’il y aura une élection fédérale en octobre 2019.

Les politiciens, une fois réélus pour quatre ans, seront bien capables de nous annoncer, candidement et sans ambages, un manque de budget et que la section Montréal-Québec, dans un plan B, fera partie de la deuxième étape du projet TGF. Bref, ce sera renvoyé aux calendes grecques. Il faudra donc passer par les élections suivantes pour concrétiser le tout. Rappelons-nous : entre une promesse électorale et sa réalisation complète, il y a un monde. Quelle odeur aura ce projet désarçonnant ? Voilà mon bémol craintif sur les finalités !

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2 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 8 août 2019 09 h 31

    Pourquoi l'annoncer? Et puis, faut penser à tout le monde...

    Je ne vois pas pourquoi des politiciens iraient, au lendemain d'une élection, reculer sur une promesse pareille.

    Duplessis disait qu'un pont, c'était bon pour deux élections. Un train, ça en vaut combien?

    On ira même jusqu'à commencer le projet, ailleurs bien entendu, étant entendu que le tronçon Montréal-Québec est pour la suite, et se rendre ainsi jusqu'aux prochaines élections, peut-être les suivants!

    Et puis... Des projets non-rentables, ça pleut sous les Libéraux! Regardez Mirabel!

    Ce n'est pas parce qu'Ottawa a une "meilleure" culture du secret que son fonctionnement est exempt de corruption. En fait les Libéraux fédéraux ont beaucoup plus de petits amis à satisfaire que leurs homologues Québécois. Et ils sont bien plus riches.
    Encore une fois, pensez à Mirabel! Méchant terrain de jeu pour les compagnies qui savaient investir dans les bonnes caisses.

    Il est fort probable que le TGF se fasse malgré les bonnes raisons, dont le tout-Ottawa se fout royalement.

  • Benoit Gaboury - Abonné 9 août 2019 10 h 08

    Promesse électorale, quand tu nous tiens

    En effet, M. Beaumont, les promesses électorales vont devenir légions par les temps qui courent. Et un gouvernement qui ne veut pas tenir ses engagements, il faudrait être bien naïf pour ne pas croire que ça existe. C'est pourquoi, en France par exemple, le mouvement des gilets jaunes propose le Référendum d'initiative citoyenne (RIC) – qui a aussi un aspect révocatoire pour de tels politiciens - comme moyen de sanctionner un gouvernement qui ne tiendrait pas sa parole, car ils en ont vu plusieurs ces dernières années. Cela redonnerait plus de sérieux au processus électoral et ferait ainsi progresser la démocratie d'un cran.