Carles Puigdemont, «persona non grata»

À l’invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), l’ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, avait prévu de venir au Québec en juin, mais, malheureusement, le Canada n’a pas délivré les papiers nécessaires à cette fin. M. Puigdemont a beau avoir été autorisé à voyager dans plusieurs pays européens (l’Allemagne, l’Angleterre et le Danemark, notamment), on le traite comme un criminel au Canada. Alors, la SSJB a reporté le voyage à l’automne.

Mais comme M. Puigdemont a été invité à parler du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, tenu en 2017, il y a tout lieu de croire qu’Ottawa fera tout en son pouvoir pour l’empêcher de venir durant la campagne électorale, qui se tiendra en septembre et en octobre, en prévision des élections fédérales du 21 octobre. Pourquoi ? Parce qu’il pourrait donner des ailes au Bloc québécois, un parti indépendantiste.

Car M. Puigdemont, qui vit en exil à Bruxelles, est une vedette, surtout depuis qu’il est visé par des poursuites de l’État espagnol pour avoir été l’un des principaux organisateurs du référendum catalan, considéré comme illégal par Madrid. En outre, il parle un excellent français. Nul doute que nombreux seront ceux, notamment chez les jeunes, qui voudront l’entendre parler d’indépendance, au grand dam de tous les partis fédéralistes.

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10 commentaires
  • Benoît de Mier de Colombres - Inscrit 3 août 2019 01 h 01

    Un guignol

    Bonjour,

    Quelques précisions concernant Mr Puigdemont: vous devez, Monsieur, être l’une des rares personnes à trouver encore un semblant de crédibilité à ce fugitif ( il est sous le coup d’un mandat d’arrêt en Espagne) particulièrement lâche, en effet, il a fui l’Espagne, prétextant un exil ridicule alors que d’autres leaders indépendantistes affrontent leurs responsabilités pénales et attendent leur verdict en prison ( à cause lui d’ailleurs, sans le risque de fuite qu’il a parfaitement illustré, ces derniers seraient plus que probablement en liberté). Je ne sais pas où vous êtes allé chercher qu’il parlait un « excellent français » la passion vous égare; il parle un français médiocre. Vous prétendez qu’il se déplace en toute liberté: faux, il n’a pas osé et n’osera jamais mettre un pied en France, conscient que cette dernière n’hésitera pas à le remettre aux autorités espagnoles: il n’a d’ailleurs pas osé se rendre à Strasbourg pour la cérémonie d’investiture des eurodéputés. Vous voyez en lui « une vedette » vous êtes très drôle, nulle part ailleurs, à l’exception de petits mouvements indépendantistes sans envergure comme le votre, personne ne lui prête attention.
    J’ignore les raisons pour lesquelles Ottawa lui refuse l’entrée du territoire Canadien, mais je peux comprendre qu’un État de Droit comme le Canada n’ait aucune envie de voir cet énergumène s’immiscer dans ses affaires internes, à chacun sa croix.

    Benoît. Bruxelles.

    • Claude Froment - Abonné 3 août 2019 15 h 01

      Il appert que vous soyez un expert, en ce qui concerne, le nationalisme en Europe ! Et d'ici ?
      Il n'y a aucune justification de médire sur une personnalité, que l'on méprise. Il y a des gens qui veulent , à tout prix, ne voir que l'aspect monétaire d'un pays, qui ignorent volontairement le respect que chacun porte envers ses racines. Qu'il s'agisse des francophones au Canada peuple minoritaire en Amérique du Nord, des Autoctones qui sont cloisonnés dans des réserves sous le joug du gouvernement Fédéral ou encore de Bretons, Catalans, Basques etc. d' Europe, il me semble que chacun a droit à son espace vital, dans le respect de ses croyances et ses espoirs.

    • Gilbert Troutet - Abonné 3 août 2019 15 h 25

      Monsieur Puigdemont est une personnalité aussi respectable que vous pouvez l'être. Pour le traiter «d'énergumène», il faut vraiment manquer d'arguments; c'est pourquoi sans doute vous recourez à des insultes.

      Pour ma part, j'ai suivi de près l'organisation du referendum de 2017 en Catalogne, que j'ai trouvée en tous points exemplaire. Le gouvernement espagnol, par contre, s'est comporté de façon antidémocratique et brutale. Tant mieux si M. Puidgemont a pu échapper aux geôles espagnoles et à un procès qui nous ramène quasiment à l'ère franquiste. D'où il est, il peut encore agir, comme l'ont fait beaucoup de dissidents exilés avant de rentrer au pays.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 3 août 2019 20 h 50

      @ De Mier

      Fendant le monsieur, comme le bois que la froideur de l'hiver québécois de janvier fait pèter au frett.
      Belge en plus le monsieur où coexistent, j'imagine, wallons et flamands dans la plus parfaite des harmonies. Oui-Non???

      Les catalans, dans leur quête de souveraineté légitime, ont agi avec beaucoup de courage et de détermination paisible devant la violence fasciste de la gestapo espagnole. L'exil m'apparait préférable à l'emprisonnement parce qu'il peut s'exprimer et faire valoir la cause de son peuple.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 4 août 2019 15 h 41

      M. De Mier,

      Si M. Puigdemont mettait les pieds en France, il se pourrait effectivement que cette dernière le remette à l'Espagne, cela du fait de la Corse. Qui se ressemble s'assemble.

      M. Puigdemont parle un meilleur français que les chefs de partis fédéralistes à Ottawa, ce qui est déjà pas mal.

      M. De Mier, vous me faites penser à un certain Francisco Franco.

      Pour le reste, les autres ont répondu.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 3 août 2019 04 h 18

    … mais !?!

    « Mais comme M. Puidgemont a été invité à parler du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, tenu en 2017, il y a tout lieu de croire qu’Ottawa fera tout en son pouvoir pour l’empêcher de venir durant la campagne électorale, qui se tiendra en septembre et en octobre, » (Sylvio Le Blanc)

    Possible, mais, de mon petit doigt, Ottawa, capitale nationale d’un « pays si loin et si proche de nulle part », restera « tranquille » compte tenu du fait que, pour les quatre prochaines années, le Québec s’est doté d’une gouvernance pro-fédéraliste et que les questions liées au nationalisme québécois (autonomie et autodétermination de Peuple) relèvent (relèveraient ???) malencontreusement d’aucun leadership assuré !

    Possible, mais, mais et …

    … mais !?! - 3 août 2019 –

  • Pierre Desautels - Abonné 3 août 2019 09 h 50

    Le Bloc, un parti indépendantiste?


    Le Bloc reviendra à ses vieilles habitudes, c'est-à-dire ne jamais, jamais, parler d'indépendance avant, pendant, et après la campagne électorale. Carles Puigdemont, lui, a le courage de ses idées.

  • Claude Gélinas - Abonné 3 août 2019 10 h 49

    Liberté d'expression et venue au Québec de ce défenseur de l'autodétermination de son peuple.

    Cette victime du Gouvernement espagnol dont le seul reproche qu'on peut lui faire est d'avoir voulu défendre le projet d'audotérmination de la Catalogne en dit long sur les relents de franquisme de l'Espagne alors que le Roi dont la neutralité historique assurait jadis le respect de sa fonction a condamné ce désir d'affirmation nationale des Catalans.

    Il s'impose également de garder en mémoire les manifestations qui ont toujours été pacifiques alors que les forces de l'ordre espagnols remarquables par leur brutalité ont tout saccagés comme des enragés.

    Bienvenue au Québec Monsieur Puigdemont et au plaisir d'entendre votre message.

  • Daphnee Geoffrion - Inscrite 4 août 2019 12 h 03

    À Benoît Bruxelle ou Benoît de mier...?!
    Je me demande bien ce que vous avez fait de si grand dans votre vie qui vous permette autant de mépris envers M.Puigdemont.
    Son exil est hautement justifié et son objectif est très très noble.
    Je ne pense pas qu'il s'amuse à vivre et se faire traité comme un criminel en plus d'être jugé par des gens comme vous, qui ne font que "clapotter" tranquillement bien à l'abris derrière un clavier.
    J'admire et j'espère sa présence au Qc car avouons que nous ne manquons pas "d'énergumène " qui parle de n'importe quoi dans nos universités.
    Évidemment parler d'indépendance et de nationaliste dérange, et j'aime bien les qui dérange les fédéralistes.