Pour en finir avec la couleur de peau

Pourquoi, lorsque l’on parle de l’histoire d’un quelconque peuple d’origine asiatique ou européenne, se réfère-t-on à la dénomination de leur pays ou continent d’origine, alors que, lorsqu’il est question de parler de l’histoire des Africains en terre d’Amérique, on parle de l’histoire des Noirs ?

Quelle est cette fixation sur le taux de mélanine dans la peau pour parler de l’histoire d’une grande variété de peuples, dont la plupart sont issus du continent africain ? Que les Africains aient migré de gré ou de force, directement ou via d’autres pays, ça ne change rien au fait que tous les descendants partagent une origine commune, l’Afrique, et arborent aujourd’hui une large variété de couleurs de peaux. Mon nom est Cavanagh et bien que mon ancêtre soit arrivé au Canada il y a 6 ou 7 générations de Boston où il était citoyen américain, on reconnaît toujours l’origine irlandaise de mon patronyme. Cette référence identitaire n’est pas identifiée par la couleur de sa peau. On ne me dit pas « tu as un ancêtre blanc », mais bien « tu as un ancêtre irlandais ».

Noir n’est pas une origine, ni un pays ou un continent, au risque d’exprimer une évidence, et pourtant ! Je propose de changer l’appellation « l’histoire des Noirs » pour « l’histoire des peuples d’Afrique en terre d’Amérique ». La couleur de la peau a servi de levier justificatif à des pratiques honteuses, alors pourquoi utiliserait-on encore aujourd’hui la référence à la couleur de la peau pour parler de l’apport historique des divers peuples d’Afrique au Canada, ou ailleurs ?

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6 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 3 août 2019 06 h 55

    Les Arabes et les Berbères sont aussi des Africains

    Et ils ne sont pas noirs.

    N'est-ce pas la volonté des Noirs eux-mêmes de se définir ainsi et d'écrire et de diffuser leur histoire ? En excluant les Arabes, les Berbères et autres groupes ethniques morphologiquement différents des Noirs et habitant l'Afrique.

    Madame Cavanagh propose « l’histoire des peuples d’Afrique en terre d’Amérique » pour remplacer « l'histoire des Noirs ». Quand on vit depuis des générations en Amérique on est devenu américain, on n'est plus africain. Sa proposition n'a donc pas de sens.

  • Réal Boivin - Abonné 3 août 2019 07 h 37

    Je suis bien d'accord avec vous mais il y a un hic.

    En occident, mais concentrons nous sur le Québec, nous avions développé une vision et un langage pour nommer n'importe quel citoyen en faisant abstraction de son origine ethnique ou de sa couleur de peau. Darwin et les avancés en génétique nous ayant démontré qu'il n'y avait qu'une seule race humaine, il était de fait facile de ne plus parler de race mais de personne. Pour une bonne partie de la population, le vocabulaire non racisé allait de soit et tranquillement de plus en plus de gens allaient dans ce sens.

    Puis est arrivé une horde d'universitaires gauchistes pour ancrer dans la pensée collective le terme racisé. Ces universitaires ont alors réintroduit des divisions entre les humains. Les concepts racisé, privilèges blancs. féministe intersectionel, multiculturalisme, communautarisme, ont alors enfermé les individus dans des espaces où l'autre n'avait plus sa place. La charte de Trudeau père qui a sacralisé le concept du droit individuel et religieux au dessus du droit collectif, a détruit le concept de la nation qui unissait les personnes peut importe leur origine.

    Tous ces universitaires se décrivent comme progressistes alors qu'ils sont extraordinairement régressifs. On peut en voir les effets néfastes avec le documentaire EVERGREEN ET LES DÉRIVES DU PROGRESSISME sur YouTube. Quel gâchi!

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 août 2019 09 h 24

    « l’histoire des Afro-Américains »

    ferait plus court.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 août 2019 10 h 19

    Afro-Américain ou « Black American »

    Bien d’accord avec l'auteure. Les Noirs aux États-Unis sont des Afro-Américains. Les Noirs au Canada et au Québec sont tout simplement des Canadiens et des Québécois. Il n’y a pas d’ethnie noire, seulement des peuples et des humains. La couleur d’une personne a souvent une connotation raciste et j'affirme cela comme un petit blanc-bec. ;-)

    Ceci dit, pourtant dans les chartes des droits humains, on retrouve toujours cette notion de la couleur. Et la plupart des Afro-Américains aiment se faire appeler des « Black American ». Ils ne se considèrent pas des Nigériens-Américains ou bien des Kényans-Américains comme la moitié de la progéniture de Barack Obama. Et ils n’aiment pas se faire appeler des Américains tout court. Ils sont fiers de leur couleur tout comme pour l’auteur de sa descendance irlandaise. De toute façon, la planète est pas mal métissée et personne ne peut revendiquer une appellation blanche, noire au jaune ou même rouge. Notre arbre généalogique peut-être très intéressant à la mesure de notre origine qui n’est jamais pure et désolé pour tous les nazis de ce monde. Adolph Hitler doit se retourner dans sa tombe, race aryenne oblige. lol

    Moi, j’aime me faire appeler Français d’Amérique puisqu’il a du sang autochtone qui coule dans mes veines (tout comme pour la plupart des Français d'Amérique). Après plus de 12 générations en terre d’Amérique, je pense que je l’ai mérité.

  • Pierre Langlois - Inscrit 4 août 2019 10 h 46

    @ Réal Boivin : connaissez-vous le Sanglier Sympa ?

    Vous nous suggérez de visionner « Evergreen et les dérives du progressisme ».

    Le Sanglier Sympa est l'auteur de ce pamphlet. On le catégorise dans l'alt-right de l'échiquier politique français. Il a voté pour Marine Le Pen aux dernières élections présidentielles.

    C'est un sot de la détestable extrème-droite qui, dans le but d'avoir l'air vertueux et fréquentable, s'attaque à des sots de la détestable extrème-gauche. ( https://www.slate.fr/story/153504/sanglier-sympa-twitter-alt-right-francais )

    Il ne faudrait pas prendre des vessies pour des lanternes, monsieur Boivin.

    Vous opposez droits individuels et droits collectifs. De quoi parlez-vous ? Les droits collectifs de qui par rapport à qui ? Sachez que les majorités n'ont pas de droits collectifs par rapport aux minorités puisqu'elles ont toujours le plus gros bout du bâton. En effet, elles seules peuvent imposer leur volonté en usant de la loi du plus fort.

    • Réal Boivin - Abonné 4 août 2019 15 h 39

      Evergreen et les dérives du progressif est une histoire réelle et qu'elle soit racontée par qui que se soit n'a aucune importance. Si vous avez une dent contre machin chouette, c'est votre problème.
      Tant qu'à moi, ni les gens de gauche ni les gens de droite ne m'intéressent. Ils sont les deux faces de la même médaille. Les deux sont capables des pires dérives. C'est ce qui arrive avec les personnes qui s'enferment dans une cage idéologique. Comme les animaux qu'on enferme, ils deviennent sauvage.