Réplique à propos de la communauté anglophone

Pour répondre à la lettre de Christopher Eustace publiée le 26 juillet 2019, « Impatient de faire partie de la tournée de consultation auprès des anglophones », il est aberrant de croire que la communauté de langue anglaise au Québec est d’accord avec le plan du gouvernement de la Coalition avenir Québec pour, selon lui, « faire le ménage du réseau d’instruction publique et y instaurer une vraie démocratie ».

Contrairement à l’opinion minoritaire de M. Eustace, les résultats d’un sondage Léger Marketing mené auprès de Québécois d’expression anglaise démontrent qu’ils sont unis dans leur opposition aux centres de services que le gouvernement du Québec veut mettre en place et sont résolus à protéger leur droit constitutionnel à gérer et à contrôler leur système scolaire.

Les répondants sont fermement résolus à protéger les droits de leur collectivité : 90 % d’entre eux disent que leur droit à l’instruction dans la langue de la minorité leur est très important, et 87 % pensent que les commissions scolaires devraient demeurer indépendantes du gouvernement du Québec pour protéger ces droits.

D’autre part, en ce qui a trait aux élections, 84 % des répondants conviennent que la population en général devrait pouvoir voter lors des élections des commissions scolaires quand il s’agit de protéger les droits des Québécois d’expression anglaise et de contrôler et de gérer leurs établissements d’enseignement.

Nos commissions scolaires sont profondément enracinées dans notre communauté, où elles jouent un rôle crucial pour s’assurer que nos écoles élémentaires et secondaires répondent efficacement aux besoins de notre collectivité.

Cette attaque gratuite de la part de M. Eustace contre des leaders communautaires — qui, soit dit en passant, parlent pour bien plus de Québécois que lui — ne contribue en rien au débat sur l’avenir de nos écoles. M. Eustace peut bien emboîter le pas à Jean-François Roberge, mais gardons-nous de l’illusion qu’il parle au nom d’un grand nombre de Québécois d’expression anglaise.

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19 commentaires
  • Pierre Grandchamp - Abonné 29 juillet 2019 07 h 26

    Que voilà une mise au point opportune!

    Les 2 messages de M. Eustace trahissaient une partisanerie évidente et étaient truffés de fleurs bleues à la Trudeau.

    La Québécois francophone, *séparatisse*, que je suis, comprend et reçoit ce qui est exprimé dans le texte ci-dessus.

    L'origine de tout cela: le manque de précisions sur le projet de la CAQ. M. Eustace proposait des affirmations sans appuis à ses dires. C’est quoi « instaurer une véritable démocratie » ? C'est quoi un centre de services?

    Que la commission scolaire/centre de services soit géré(e) par des employés de ladite organisation amène, d’évidence, un problème : ces gens-là seront , assez souvent , en situations d’apparence de conflits d’intérêts.Dans un « conseil d’établissement »(conseil d’école), une personne ayant un enfant dans cet établissement ne peut y siéger; pis là, elle pourrait siéger au centre de services/commission scolaire?

    Quant au déficit démocratique au poste de commissaire, je sais pertinemment qu’il est, aussi, là quand vient le termps de nommer les parents sur le conseil : ça ne se bouscoule pas aux portes!

  • Germain Dallaire - Abonné 29 juillet 2019 07 h 33

    Un espoir!

    Peut-être que M. Eustace ne parle pas pour un grand nombre d'anglophones mais on ose espérer que ce nombre soit le plus grand possible. Ainsi il en vaudra mieux pour l'avenir des relations avec la communauté francophone.

    • Germain Dallaire - Abonné 29 juillet 2019 08 h 41

      Un ajout à mon commentaire pour signaler que M. Chambers parle des deux côtés de la bouche. Lorsqu'il parle à la communauté francophone, il nous dit que la majorité ne suffit pas et qu'il faut respecter le droit des minorités ainsi que les droits individuels. Dans son texte d'aujoud'hui, pour dévaluer M. Eustace, il nous sort un sondage disant que la communauté anglophone appuie sa position en majorité. La majorité devient un argument d'autorité seulement lorsqu'il parle de communauté anglophone.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 29 juillet 2019 08 h 56

      Je diffère d'opinion. La question de fond est la suivante: nous sommes encore, malheureusement, dans le Canada; les Anglo Québécois ont-ils droit, selon la constitution, non pas à un quelqconque centre de services mais à une institution dont les membres sont élus au scrutin universel. That's the question?

      Le francophone Québécois, que je suis, aimerait que Legault réponde à cela.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 29 juillet 2019 12 h 39

      En clair, le "no taxation without representation"!!!!

  • Pierre Grandchamp - Abonné 29 juillet 2019 08 h 17

    La commission scolaire, tout comme la municipalité, est un centre de services

    Une commission scolaire propose une variété de programmes à une variété de clientèles: allant du programme international aux classes pour déficience intellectuelle, l'enseignement aux autistes, adaptation scolalre, à l'enseignement professionnel, à l'éducation des adultes. sports études, l'enseignement régulier....etc

    Est-ce que la commission scolaire actuelle peut être plus décentralisée? Peut-être? Mais, j'ai besoin qu'on m'en fasse la démonstration.J'ai des réserves.Je sais, pertinemment, que dans notre commission scolaire, la direction d'école et son conseil d'établissement disposent de budgets considérables.

    Quant au faible taux de participation aux élections de commissaires, surtout chez les Francophones, c'est un fai! Moi, je suis de ceux qui pensent qu'il y a moyen d'améliorer la situation. D'autre part « Le taux de participation à Montréal pour les élections municipales se situe à 42,45 %, en légère baisse par rapport aux élections de 2013, où il dépassait légèrement les 43 %. »-JdM-

    Élections 2018 (provinciales), l’un des pites taux de participation
    https://www.journaldemontreal.com/2018/10/02/lun-des-pires-taux-de-participation

  • Claude Bariteau - Abonné 29 juillet 2019 08 h 38

    Le sondage fait ressortir les attentes des Québécois d'expression anglaise, qui incluent, je présume, des Québécois de l'immigration récente.
    Ce sondage révèle que les répondants veulent protéger les droits de leurs collectivités et « pensent que les commissions scolaires devraient demeurer indépendantes du gouvernement du Québec pour protéger ces droits ». Aussi s'opposent-ils aux « centres de services que le gouvernement du Québec veut mettre en place »

    Rien dans la constitution de 1982 n'empêche la création de tels centres et rien ne dit que les « établissements d'enseignement de la minorité linguistique financés sur les fonds publics » soient la propriété ou sous la juridiction des commissions scolaires de langue anglaise.

    En fait, il est seulement dit que « dans la province (le droit linguistique s'exerce ) où le nombre des enfants des citoyens qui ont ce droit est suffisant pour justifier à leur endroit la prestation, sur les fonds publics, de l'instruction dans la langue de la minorité.

    Un centre de service peut alors remplir cette obligation. En cela, il n'enlève aucun droit aux enfants et aux parents. Mieux, comme cette activité a été conférée à des commissions scolaires par le gouvernement du Québec dans les années 1870 de mémoire, il lui est loisible, sans restreindre les droits des enfants et des Québécois de langue anglaise, de se doter d'un nouvel outil de gestion en créant un centre de service.

    Je note que vous ne faites pas écho à ce point.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 juillet 2019 11 h 30

      Y a-t-il eu un ou des jugements de la Cour suprême du Canada qui ont interprété cette disposition largement, quant à l'instruction en français hors-Québec, pour y inclure un droit à la gestion scolaire par la minorité de langue officielle? Obligation peut-être remplie par les centres de service, ou pas, je n'ai pas lu les jugements ni ne connaît les détails quant à ces centres de service.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 29 juillet 2019 11 h 51

      "Je note que vous ne faites pas écho à ce point."

      M.Bariteau, je ne suis pas constitutionnaliste. Je trouve dommage qu'on focuse sur les structures, alors que le véritable problème se trouve dans les services à donner dans nos écoles publiques.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 juillet 2019 14 h 17

      D'accord avec vous M. Bariteau et les centres de service. Contrairement à plusieurs, j'ai enseigné dans les écoles françaises hors Québec comme dans les écoles anglaises. Et ce ne sont pas les commissions scolaires qui font la différence. Enlever les bureaucrates qui sont payés et qu'est-ce qu'il vous reste de cet intermédiaire que sont ces institutions?

      Les commissions scolaires sont un vestige du passé colonialiste britannique. Elles sont redondantes et inutiles aujourd’hui. Cette forme de gouvernement scolaire (presque) non-élue n’a plus sa place dans une société moderne et progressive. On est taxé et la plupart des gens se foutent bien s'il y a représentation ou non puisque personne ne vote aux élections scolaires (5%). Nous sommes bien en 2019 et non pas en 1841, date des premières commissions scolaires? Juste pour dire que l'infâme Loi sur les Indiens est apparu seulement 1867.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 30 juillet 2019 13 h 58

      @ M. Dionne

      J'ai de la misère à vous suivre. Très récemment, vous écriviez, sur ces pages, qu'on n'avait plus besoin d'une instance intermédiaire entre le Minisrère de l'Éducation et l'école.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 29 juillet 2019 10 h 43

    Ne pas confondre la loi sur la laïcité et la question des commissions scolaires

    Ne pas confondre la loi 21 et la question de gestion des écoles sur un territoire donné. Dommage que M. Eustace ait lancé des propositions et qu’il ne soit pas venu les défendre.

    Je comprends parfaitement les Anglo Québécois de vouloir protéger leurs droits constitutionnels; je ne suis pas constitutionnaliste……Ont-ils raison? La question constitutionnelle, c’est une chose; la question du soi-disant « centre de services » en est une autre. J’ai des grosses réserves sur l’aspect démocratique du soi-disant centre de services.

    Pour ma part, c’est mon dernier message sur cette question. Je reviendrai quand les gens qui défendent le projet de la CAQ mettront de la chair sur le projet.
    .
    En ce qui me concerne, j’ai des réserves sur le fait qu’un employé puisse siéger à la table de la commission scolaire/centre de services.
    Re : apparence de conflits d’intérêts!

    A lire ce que dit le MEQ sur un(e) prof ne pouvant sièger au conseil d’établissement s’il y a un enfant : »Si un parent a un travail rémunéré par la commission scolaire à l’école que fréquente son enfant, il fait partie des membres du personnel de l’école et ne peut donc siéger en qualité de parent au conseil d’établissement. »
    http://www.education.gouv.qc.ca/enseignants/admini