Impatient de faire partie de la tournée de consultation auprès des anglophones

Même si « Québec veut rajuster le tir avec les communautés anglophones » (Le Devoir, 24 juillet), les observations faites par le président du Quebec Community Groups Network (QCGN), Geoffrey Chambers, ne sont pas toutes utiles à l’initiative intéressante prise par M. Christopher Skeete, adjoint parlementaire du premier ministre pour les relations avec les anglophones.

L’initiative est une « tournée de consultation » prévue pour cet automne afin d’élaborer un plan d’action adapté aux besoins d’environ 125 groupes divers de la communauté anglophone. Cela mènera probablement à l’adoption d’un projet de loi prévoyant l’abolition des commissions scolaires.

Naturellement, le QCGN s’oppose à l’idée, car il perçoit cette « tournée » comme un outil de relations publiques. En réalité, le QCGN est troublé par le fait qu’il ne pourra gérer et contrôler cette consultation. M. Chambers a même dit que le QCGN ne peut prendre part au processus et ne peut que présenter un mémoire.

Comment peut-on avoir confiance en cette organisation qui prétend sans cesse parler pour la communauté anglophone ?

Outre cette attitude, nous allons examiner les observations d’autres leaders de la communauté anglophone.

L’ancien ministre libéral Geoffrey Kelley est le président d’APPELE-Québec, un nouveau groupe d’environ 40 organismes communautaires créé il y a quelques mois pour défendre l’existence des commissions scolaires au coût des contribuables. Fait intéressant, il y a à peine trois ans, il a appuyé le projet de loi 86 de réforme des commissions scolaires, lequel visait à abandonner les commissions scolaires.

Et maintenant, il déclare : « Ce gouvernement devra démontrer une meilleure compréhension du principe de ce que sont les droits des minorités. »

Sur la question des minorités, examinons le point de vue du député libéral actuel David Birnbaum, qui dit maintenant que M. Skeete agit à cause de « la colère de plus en plus évidente des communautés d’expression anglaise du Québec ». C’est absurde !

Le 16 décembre 2015, M. Birnbaum, soutenant fièrement l’ancien premier ministre Couillard dans son objectif d’éliminer les commissions scolaires élues, a écrit un article d’opinion instructif dans The Montreal Gazette : « La réforme des commissions scolaires du projet de loi 86 ne représente aucune menace pour la communauté anglophone » (16 décembre 2015)

Et que dire de Russell Copeman, un autre ancien député libéral, qui est maintenant le directeur général de l’Association des commissions scolaires (ACSAQ) ?

Rappelons-nous des commentaires de l’ancien premier ministre Couillard, qui a dit : «  [...] l’ACSAQ n’a ni le soutien politique ni la légitimité juridique pour représenter les citoyens anglophones du Québec » (« Les commissions scolaires, c’est bel et bien terminé », Le Devoir, 16 septembre 2015)

Finalement, on ne trouve aucune preuve démontrant que le QCGN et l’ACSAQ ont été d’une valeur quelconque au niveau éducatif, culturel ou économique pour quelconque école, classe ou élève au Québec. Nous, les anglophones, ne crèverons pas sans eux.

Je suis impatient de faire partie de la tournée de consultation mise sur pied par M. Christopher Skeete, adjoint du premier ministre Legault, qui a un mandat soutenu par 1,5 million d’électeurs consistant à faire le ménage du réseau d’instruction publique et d’y instaurer une vraie démocratie.


 
17 commentaires
  • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 07 h 08

    C’est quoi votre « centre de services » miraculeux? C’est quoi « instaurer une véritable démocratie » ?

    C’est quoi votre « centre de services » miraculeux? C’est quoi « instaurer une véritable démocratie » ?

    Si je comprends bien, vous faites partie des proches de la CAQ qui vont organiser cette consultation?

    Oui, les libéraux avaient dit vouloir abolir les comissions scolaires. Oui, ils ont changé d’idée, là-dessus; en disant qu’il y avait d’autres priorités.

    Vous avez écrit : « Cependant, la plus grande préoccupation, depuis 2011, est le plan d’éducation de la CAQ. Ce gouvernement vise à transformer, cet automne, les commissions scolaires élues en centres de services d’éducation afin d’aider à réduire le taux de décrochage le plus élevé au Canada. ».

    Quand vous écrivez « réduire le taux de décrochage scolaire le plus élevé au Canada », j’enrage, pcq c’est un sophisme.

    Si vous nous disiez : C’est quoi votre « centre de services » miraculeux? C’est quoi « instaurer une véritable démocratie » ?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 08 h 17

      @ M. Eustace,

      Oui, il est, de beaucoup, plus difficile d’obtenir un DES en 5 ans qu’en Ontario, pour plusieurs raisons. Une d’elles majeure :ici il y a un exa,men final uniforme du MEQ, comptant pour la moitié; de plus, la note de l’école(comptant pour la moitié) peut être modérée par rapport à la moyenne de la classe à l’examen uniforme.Note de passage de 60% et non de 50% J’Invite M. esutace à lire, sur la Toile, les 2 chroniques de Francis Vailles : »Le faux débat du décrochage scolaire » et « Le débat faussé du décrochage scolaire »

      De plus, « on constate que le Québec rattrape la moyenne canadienne avec le temps. Ainsi, 89 % des personnes de 25 à 34 ans avaient un diplôme d’études secondaires en 2016. "
      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1098980/penurie-travailleurs-decrochage-scolaire-ecole-travail-analyse-gerald-fillion

    • Claude Bariteau - Abonné 26 juillet 2019 09 h 37

      Du texte de M. Eustache, je décode un constat et un pari.

      Le constat est clair. Il y avait ouverture des organismes scolaires au projet du PLQ. Avec la CAQ, cette ouverture s'est refermée, le motif étant que ces organsimes entendent dicter ce qui est bon pour eux.

      Le pari est aussi clair. Il consiste à déboucher, après consultation, à la mise en place d'une nouvelle gestion des écoles. Que sera-t-elle ? M. Eustache en a peut-être une idée personnelle. Vous lui demandez de la détailler. Je doute qu'il le fasse, car il entend les faire valoir dans le forum institué par M. Skeete.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 10 h 24

      @ M. Bariteau

      J’ai des problèmes avec ceux qui vendent la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Le méchant *indépendantisse*, que je suis, comprend les inquiétudes des Anglophones, et aussi de certains Francophones, dans le dossier de disparition des commissions scolaires. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement; et les mots pour le dire viennent aisément »..... Pourquoi attendre au mois d’octobre pour clarifier les choses? Misère de misère!

      J’ai commencé en éducation au secondaire public, en septembre 1960; soit au moment où le Frère Untel sortait « Les Insolences du Frère Untel ».Et j’y ai fait carrière… Tout cela ne me rend pas infaillible, pour autant, mais explique mon intérêt!!! . J’ai, aussi, une certaine expérience de l’administration publique : je me méfie des solutions simplistes!

      Le maire Vaillancourt a été élu, à répétition, à Laval; et cela, de façon très *démocratique*. Je ne veux pas reprendre le débat du déficit démocratique des commissions scolaires; je pense, cependant, qu’il était possible de corriger cela.

      Quand M. Eustace encense le futur « centre de services » en le qualifiant de démocratique, je me questionne…pis je comprends les Anglophones. Peut-être que, au bout de la ligne, les Anglophones se rallieront? Comment être "démocratique", s'il n'y a pas d'élection?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 10 h 53

      @M. Bariteau

      M. Eustace écrit, dans son message précédent: "et la gestion des écoles, sous l’oeil attentif du ministère, seront confiés aux personnes qui oeuvrent au plus près avec les enfants : les parents, les enseignants, les directeurs d’école et le personnel de soutien.".

      Si on applique la même logique, il serait préférable que la Ville de Québec soit gérée par: les cols blancs, les cols bleus, le personnel de bureau, les professionnels de la Ville...etc " ?

      P.S. Dans la tournée de la CAQ, je suggère qu'on explique pourquoi les bien nantis ont vu leurs récents comptes de taxes scolaires diminuer de façon prononcée.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 13 h 39

      En conclusion à M. Bariteau.

      Je trouve les 2 messages propagandistes caquistes, de M. Eustace, truffés de fleurs bleues.....en y ajoutant le sophisme du décrochage scolaire qui se réglerait, par magie, en changeant la façon de désigner les administreurs. Franchement!

      Quant aux problèmes internes des groupes d'Anglo Québécois, cela ne me regarde pas..

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 18 h 23

      @ En complément à M. Marc Pelletier

      Dans les tout débuts, la plupart de ces écoles privées étaient dirigées par des religieux, religieuses.Puis, les communautés religieuses étant vieillissantes, ce sont des laiques qui, peu à peu, ont pris la relève. D'ailleurs, plusieurs d'entre elles ont encore un nom relié à la religion.

    • Claude Bariteau - Abonné 27 juillet 2019 08 h 09

      La question de la gestion des commissions scolaires ne règlera pas les problèmes majeurs (décrochage, système élitiste, et cetera) qui existent. Leur suppression impliquera un autre forme de gestion. Laquelle ? Je vous dirais qu'à défaut d'une participation de la population aux élections, il y a d'autres voies, l'une d'elles étant la responsabilité des écoles en terme de gestion (embauche, salaire, bâtisses, transport, entretien, technologie, et cetera) aux municipalités.

      Ce modèle existe dans plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, puis les normes d'embauche et les salaires sont définis par le Gouvernement du Québec, aussi le contenu. Reste ce qui les conditions de transmission des savoirs. Il m'apparaît imaginable de renforcer ce qui se fait déjà par des comités d'école au sein duquel les enseignant/e/s participeraient avec des parents élus par ceux dont les enfants fréquentent l'école. J'ajouterais la présence d'étudiant/e/s élu/e/s à ces comités. Avec ces deux élections, il y aurait une revalorisation de règles démocratiques.

      Je n'en fais pas un modèle. Je suggère plutôt cette piste, question de susciter un regard sur ce qui se fait dans d'autres pays.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 27 juillet 2019 14 h 22

      M. Bariteau,

      Pour se comprendre, gardons les appellations de conseil des commissaires et de commissaire.

      1-Je crois savoir que les frais de gestion du municipal sont supérieurs à ceux du scolaire 2-Mon expérience dans l’administration publique municipale ( un mandat de conseiller et un mandat de maire) m’amène à vous affirmer que, pour siéger dans un organisation comme une commission scolaire, cela exige beaucoup de temps et d’énergies du commissaire d’écoles. Je regarde notre commission scolaire : budget de quelque 328 millions $ pour plus de 22 000 élèves. Il faut prendre le temps de maîtriser ses dossiers et de prendre part aux séances et aux divers comités.

      3-Je ne pense pas que le monde municipal veuille embarquer dans le scolaire. Pensez-vous qu’à Ste-Marthe-sur-le-Lac, il y intérêt? A Rigaud? 4-J’ai lu, dans ces pages, des gens qui pensent même qu’il n’y aura plus d’intermédiaire entre l’école et le MEQ. Au secteur public, la décentralisation, au scolaire, ne peut être que limitée; sinon, tout le monde va se piller sur les pieds. Un bon exemple : Montréal et Québec au municipal. Pendant que, à Québec, les choses rondement depuis la fusion, à Montréal tout le monde se pille sur les pieds avec 18 petits maires pis un gros maire.

      5-Le hic avec des employés de la commission scolaire siègeant au conseil des commissaires : se trouver, assez souvent, en situations de conflits d’intérêts. 6-Élections des parents au Comité d’école. A ce que je sache, le taux de participation, lors de l’élection, ne serait pas tellement supérieur à celui du poste de commissaire.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 27 juillet 2019 14 h 35

      A M. Bariteau,

      Du haut de mes 80 ans, j’en arrive à dire que le problème majeur de notre système scolaire, c’est la classe ordinaire au public; surtout au secondaire. Je trouve qu’il y a une certaine *détérioration sociale* et une crise de l'autorité; tout cela faisant en sorte que trop d’enfants arrivent à l’école, avec des problèmes; je suis loin d’être seul à penser ainsi.. Les références à la DPJ augmentent et la DPJ me paraît débordée..

      Il faut que, dans ces classes dites « ordinaires », il y ait moins d’élèves par classe....... pis que les profs soient accompagnés, davantage, par des ressources : orthopédagogues, psycho éducateurs, psychologues, orthophonistes, éducateurs spécialisés.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 26 juillet 2019 07 h 15

    Bien dit

    Merci!

  • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 08 h 32

    Le problème majeur de notre système d'éducation:son caractère élitiste. Ce n'est pas la commission scolaire

    @ M. Eustace

    Dans votre tournée, aurez-vous une solution à proposer au caractère élitiste de notre système d'éducation? Vous savez que, dans nos écoles publiques, en tout cas chez les Francophones, la classe "ordinaire" est plus que "ordinaire" !!!

    Je vous invite à parcourir ce qui suit:« Le résultat de ce système, c’est que les classes ordinaires n’ont plus rien d’ordinaire » https://www.ledevoir.com/societe/education/516933/education-les-devoirs-du-ministre-proulx

    • Marc Pelletier - Abonné 26 juillet 2019 14 h 10

      M. Grandchamp,

      Sous le titre d'une opinion intituée : '' Que faire des bons étudiants au secondaire '' , vous disiez ceci :

      '' (....) mais selon le sociologue Guy Richer, un des architectes de cette réforme des années 1960, la société québécoise est retournée à la case départ ''.

      '' Nous sommes revenus à un système d'éducation d'avant la Révolution tranquille '' dit le professeur Richer qui a siégé à la commission Parent qui a mené à la création du ministère de l'éducation en 1964.

      Selon lui, les institutions privées --- surtout les écoles catholiques --- ont '' déformé '' le système d'éducation en créant un système à trois vitesses : le privé, le public et le public qui tente d'imiter le privé avec l'apparition des programmes spécialisés.

      '' Nous sommes revenus à un système d'éducation élitiste aux dépens d'une parti de la population, parfois des immigrants, parfois des familles défavorisées économiquement et culturellement '', un système soutenu par les fonds publics . ''

      Je ne sais pourquoi vous mentionnez : '' Selon lui, les institutions privées --- surtout les écoles catholiques --- ont '' déformé '' le système d'éducation en créant un système à trois vitesses : ....''

      Les écoles catholiques n'ont pas pu déformer le système d'éducation car elles ont cédé leur place rapidement au privé.
      À ce que je sache, je ne vois comment les écoles catholiques auraient pu déformer le système d'éducation : lorsque j'ai terminé mon cours classique en 1961, ce type formation en était déjà sur ses '' derniers milles ''; les cégeps étaient déjà en construction et les collèges sont devenus rapidement des écoles secondaires privées, le temps que la transition se fasse.
      Je ne crois pas que le ministère de l'éducation a eu besoin des lumières des '' écoles catholiques ", car le ministère sabordait en quelque sorte les cours classiques dits '' élitistes ''.

      Si je suis dans l'erreur, je le reconnaîtrai sans difficulté.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 juillet 2019 16 h 07

      @ M. Pelletier

      J'ai connu un Marc Pelletier qui fut directeur d'école, dans mon coin de pays.

      Les écoles privées sont, pour la plupart, des anciennes institutions dirigées par des des religieux et religieuses:séminaires, collèges classiques, couvents, écoles normales, collèges, instituts familiaux....

    • Marc Pelletier - Abonné 26 juillet 2019 19 h 14

      Désolé M. Grandchamp : je n'ai pas été le directeur d'école dont vous faites mention !

      Des Pelletier, il en pleut dans tout le Québec .

      Ce fut une prolifique famille souche.

  • Cyril Dionne - Abonné 26 juillet 2019 08 h 49

    Foutez-nous la sainte paix!

    Je ne sais pas si c’est seulement moi, mais est-ce que tout le monde n’est pas « tanné » d’entendre nos Anglos du Québec se plaindre à tous vents? Et pourquoi leur accorder une si grande importance dans un journal comme le Devoir? Pardieu, la panoplie de médias anglo-américains ne manque pas pour eux; ils ont l’embarras du choix.

    Curieux tout de même, cet espace médiatique n’est pas accordé aux francophones hors Québec dans les médias anglophones. Les francophones n’existent pas ou bien ils doivent constamment s’excuser d’exister au sein de leur « great country », Rocheuses incluent. Misère.

  • François Beaulne - Abonné 26 juillet 2019 10 h 47

    Une bouffée de fraîcheur

    Merci M. Eustace pour votre texte qui nous arrive comme une bouffée de fraîcheur et une remise en perspective opportune dans le débat qui s'amorce sur l'abolition des Commissions scoalaires, anglophones comme francophones.
    Merci également de nous révéler la véritable nature et les véritables intérêts de ces organismes et politiciens issus de la communauté anglophone qui, de toute invidence se contredisent par rapport à leurs positions passées, revirement qu'on serait tentés d'apparenter à des raisons politiques partisanes ou à la promotion de visées personnelles, ou aux deux.