État et assurance condo

Ne serait-il pas utile que des philosophes ou des sociologues se penchent sur le bien-fondé de certains aspects de la loi 141 visant principalement à améliorer l’encadrement du secteur financier, notamment l’obligation pour les condos d’avoir un fonds d’auto-assurance liquide et disponible à court terme en cas de sinistre. Est-il normal que l’État s’insère dans le domaine des assurances au point d’entrer dans les détails de calcul des montants à réserver pour les franchises ou pour compenser un manque d’argent dans le fonds de prévoyance ? On peut comprendre qu’on ait jugé utile jadis de créer la Régie du logement afin de servir d’intermédiaire entre les locateurs et les locataires de logement. C’était une question de bien commun. Mais tel n’est pas le cas des condos, où la gestion financière relève de la régie interne d’un bien privé. En été 2018, le gouvernement Couillard a cédé aux pressions exercées par les compagnies d’assurances au moment où elles visaient la réduction des couvertures d’assurances de toutes sortes. Peut-on dire qu’en adoptant cette loi, c’était l’État au service du privé ?

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2 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 24 juillet 2019 06 h 02

    La tromperie des compagnies d'assurances.

    J'ai des nouvelles pour vous, monsieur Desgagné. L'État a toujours été au service du privé. Nos gouvernements ont toujours privilégié le laissez-faire des entreprises privées au lieu du bien-être des citoyens. Il y'a eu une période très courte où le gouvernement de René Lévesque a entrepris de légiférer pour le bien commun, avec la nationalisation de l'électricité et la loi sur la Protection des Consommateurs. Mais depuis, nous avons des gouvernements qui travaillent essentiellement pour le Capital. Au lieu de réglementer les compagnies d'assurance, nos gouvernements leur donnent le droit de tromper les citoyens.

  • Jean Lacoursière - Abonné 24 juillet 2019 07 h 28

    S'il n'y avait pas une loi...

    ...obligeant à avoir un fonds de prévoyance disant que « la contribution des copropriétaires au fonds de prévoyance est d’au moins 5 p. 100 (5%) de leur contribution aux charges communes », bien des copropriétés n'auraient... aucun fonds de prévoyance.