L’acceptabilité sociale des hydrocarbures et leur transport

L’idéal écologique ne semble pas pallier nos contradictions évidentes en matière d’énergie. D’un côté, la CAQ affirme la non-acceptabilité sociale d’un oléoduc, alors que les études et sondages récents démontrent une consommation des plus inquiétantes au Québec en transport, responsable de 40 % des GES, une croissance effrénée du parc de gros véhicules individuels et un désir des Québécois de voir le pétrole canadien devenir moins cher, se substituer à celui importé. Une réalité plutôt accablante, si on considère que nos politiciens s’enferrent dans un refus de laisser passer le pétrole d’Alberta vers l’est et l’énergie propre du Labrador vers l’ouest (contentieux avec T.-N.).

De plus, ils voient d’un bon oeil un gazoduc au Saguenay qui pourrait nous enrichir alors qu’un oléoduc vers le Nouveau-Brunswick leur semble voué à toutes les gémonies. Bien sûr, le Québec a toujours su tirer avantage de la Fédération (subsides fédéraux, accords à frais partagés, péréquation, etc.), mais jamais à sens unique. Ainsi, l’acceptabilité sociale du pétrole albertain n’a pas posé de problème, lorsque le Québec a demandé d’inverser le pipeline d’Enbridge pour alimenter les raffineries de l’est de Montréal et, ensuite, a autorisé la construction de celui de 248 km vers celle de Lévis (Ultramar).

Les besoins du Québec satisfaits, il semblerait souhaitable qu’un prolongement du pipeline québécois puisse désenclaver les provinces atlantiques, qui doivent importer le pétrole. Ce qui ajouterait la diversification à la sécurité de l’approvisionnement, alors que depuis le drame de Mégantic, le pétrole de schiste américain plus volatil circule toujours en grande quantité sur nos rails vers les provinces atlantiques. Une telle situation est paradoxale, alors qu’un oléoduc serait infiniment plus sécuritaire.

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5 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 22 juillet 2019 07 h 23

    La principale contradiction est au niveau du gouvernement fédéral

    Le projet d'un oléoduc supplémentaire, dit « Énergie Est », n'avait pas pour but d'alimenter les Canadiens mais plutôt d'augmenter les exportations de pétrole. Déjà le Canada produit 2 fois plus de pétrole qu'il n'en consomme. Il en exporte donc forcément beaucoup plus qu'il n'en importe. Alors que le développement continu de l'exploitation des sables bitumineux est incompatible avec la nécessaire diminution des émissions de GES au niveau mondial. La principale contradiction dans cette affaire est donc la promotion des exportations d'un pétrole visqueux et de moindre qualité par le gouvernement fédéral, qui est allé jusqu'à l'achat du pipeline Trans-Mountain et sa volonté d'en construire un plus gros d'un débit 3 fois supérieur.

    M. Blanchard devrait aussi être capable de saisir que les Québécois qui achètent des véhicules plus lourds et à plus forte consommation que la moyenne ne sont pas les mêmes que ceux qui s'opposent au pipeline Énergie Est. Finalement, si 43% des émissions québécoises de GES sont dues au transport, dont 18% par les véhicules des particuliers, ce n'est pas parce que les Québécois émettent plus de GES dans le secteur des transports que les autres Nord-Américains. C'est au contraire parce qu'ils émettent 2 fois moins de GES par habitant globalement.

  • Cyril Dionne - Abonné 22 juillet 2019 08 h 40

    Non aux pipelines de l’enfer qui transportent du pétrole sale

    Pardieu, est-ce bien ce que je lis? On veut des pipelines au Québec pour aider les provinces étrangères parce que les gens aimeraient payer moins pour leur plein d’essence, camions RAM obligent? Excusez-nous, mais acheminer le pétrole sale de l’ouest jusqu’aux provinces de l’Atlantique pour que les Irving de ce monde ajoute plusieurs milliards de plus à leur fortune, non merci.

    Petite leçon de science pour ce cher monsieur. Il y a un monde de différence entre un gazoduc et un oléoduc. Le premier, en invoquant la loi de la densité des gaz sachant que le méthane est plus léger que l’air, s’évaporera et se diluera dans l’atmosphère en cas de fuite. Le deuxième, obéissant à la loi de la gravité, coulera vers le bas dans le sol, les cours d’eau jusqu’à contaminer la nappe phréatique en cas de déversement ou rupture de pipeline. Une « maudite » différence.

    Aussi, 248 km de pipeline pour Ultramar versus 4 600 km pour le pipeline de l’enfer d’Énergie Est. Les mathématiques ne semblent pas un sujet très à la mode pour l’auteur de cette lettre. Et 11 milliards de subsides fédéraux, accords à frais partagés et péréquation contre plus de 50 milliards d’impôts, de taxes et tarifs en plus du dédoublement de la fonction publique. Encore là, l’équation est simple.

    Passer votre chemin.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 22 juillet 2019 11 h 08

    « un oléoduc serait infiniment plus sécuritaire» (Pierre G. Blanchard)



    « … infiniment plus sécuritaire … »

    Parlez-en au riverain de la rivière Kalamazoo, au Michigan…

  • Pierre Gaudette - Abonné 22 juillet 2019 12 h 29

    Belle logique....

    Belle logique, et vision de l'avenir pour les générations qui vous suivent M. Blanchard, que celle absurde de gaver l'ogre friand de produits dérivés du pétrole (véhicules motorisés de toutes sortes) jusqu'à ce qu'il explose ...et nous mène lentement mais sûrement vers l'extinction de la race humaine, de la flore et de la faune tel que nous les connaissons aujourd'hui ! Il est minuit moins une ...il faut AGIR maintenant et arrêter cette folie humaine !

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 23 juillet 2019 15 h 21

    « un oléoduc serait infiniment plus sécuritaire» (Pierre G. Blanchard)





    Parlez-en aux riverains de la rivière Kalamazoo, au Michigan…