À quoi sert la démarche de Greta Thunberg?

Christian Rioux se demande ce que pourra apprendre la jeune militante suédoise Greta Thunberg aux élus français et aux spécialistes du climat qu’elle rencontrera mardi à Paris (« Sainte Greta », Le Devoir, 19 juillet 2019).

Elle ne leur apprendra rien, car ce n’est pas le but de sa visite, mais espérons qu’elle les touchera. Eux qui savent et qui contrôlent, elle doit les toucher afin que la courroie de transmission entre leur savoir et leurs actes tourne à la vitesse qu’exige l’urgence de la situation. Et qui mieux pour cela qu’une enfant de 16 ans au discours franc et net, sans arrière-pensées, animée d’une conscience aiguë des bouleversements qui s’annoncent pour son âge adulte ?

Il est heureux que Greta Thunberg parle à notre coeur, car en parlant à notre raison, la science du climat nous a peut-être instruits, mais elle a failli à nous mobiliser.

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24 commentaires
  • Jérôme Faivre - Inscrit 22 juillet 2019 01 h 20

    La Pythie

    Et oui, cette semaine c'est au tour des français à devoir subir, en plus de la canicule, la « gretamania » avec notamment sa visite à l'Assemblée Nationale française. Les députés vont être probablement très «touchés» et «mobilisés» par la nouvelle pythie nordique.

    Je maintiens que M. Rioux a fait une excellente chronique. L'Élue genre icône russe choisie par le Très Haut s'ajoute à la longue liste des prêcheurs à la sauce millénariste avides de «shows de boucane» et de colloques sans fin. Elle décrédibilise la Cause plutôt qu'elle ne la sert. L'Élue choisie par les Dieux de l'Avenir va de ville en ville avec la Bonne Parole. Je vois les images pieuses en vente dès bientôt. Spontanéité factice.

    À nouveau, le résultat de ce folklore est sûrement inverse à celui recherché, à savoir des actions et programmes courageux, menés par des représentants dûment élus, et basés sur le développement durable et les conclusions du GIEC.

    Il y a aussi une tendance du monde du spectacle et des médias, ainsi que de la finance et de la philanthropie à vouloir se substituer aux gouvernements et aux systèmes démocratiques sous prétexte qu'ils seraient tous insensibles, inefficaces, peu représentatifs, voire corrompus. Tiens tiens, et bien ça ressemble pas mal à d'autres discours qui remettent eux aussi en question les systèmes politiques démocratiques nationaux et qui prônent l'agit-prop, l'évangélisme mondial permanent et la manifestation de rue comme voie sacrée de l'Action salvatrice vers un Monde Vert...

    La sauvegarde de la planète « est une chose trop grave pour la confier à » des prédicateurs de toutes sortes. Ce n'est pas vrai que l'on doit passer par ce cirque pour faire avancer les choses. Clichés tenaces de la Révolution et du Grand Soir.

    Mais, pas de miracle, les exhalaisons prophétiques de la Pythie seront sûrement de plus en plus recherchées, même si elles ne touchent que les déjà touchés et ne mobilisent que les déjà mobilisés.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 22 juillet 2019 06 h 45

    Bien dit

    Bonjour. C'est bien dit mais j'ai l'impression qu'elle parle quand même à la raison, en tous cas, elle la rejoint!

    • Michel Camus - Inscrit 23 juillet 2019 11 h 36

      Claude Saint-Jarre, vous mélangez tout dans la confusion la plus totale. Vous manquez l'essentiel : la difficile conscientisation et mobilisation de populations gavées par leur société de consommation et de gaspillage nécessite tous les coups-de-pied au cul et aussi les cris du coeur possibles. Les Pythies comme Greta Thunberg n'ont pas d'autorité sacrée et elles représentent l'espoir et la colère désespérée des jeunes bien plus que les Trump et les gouvernements élus par des systèmes pseudo «démocratiques» où le pouvoir d'informer est dominé par le pouvoirs financier.
      - Quand des porte-parole des jeunes s'adressent aux aînés (dont je suis) et à tous les adultes pour clamer que nous trahissons nos devoirs envers les générations futures, et d'abord nos enfants et nos petits-enfants, pour crier que nos bons sentiments hypocrites ou pusillanimes ne suffisent pas, que notre inertie est «mortelle», il faut les écouter et non les décrier. Si on veut critiquer des jeunes défenseurs du climat et de l'avenir, il faut le faire de façon positive pour les aider à acérer et renforcer leurs armes (et non pour les désarmer ou les déprécier!).
      Faut-il plus écouter les mensonges pollueurs et destructeurs d'un Trump représentant des pouvoirs gouvernementaux «démocratiques» que vous défendez, un porte-parole élu et avoué des industries pétrolières et financières, ou entendre et appuyer une jeune fille et autres porte-parole pro-climat?

  • François Boucher - Abonné 22 juillet 2019 07 h 00

    Il FAUT abandonner les combustibles fossiles

    La science nous le dit: il faut abandonner définitivement les combustibles fossiles. Si vous avez trouvé la dernière canicule chaude et longue, la science du climat nous prédit que nous subirons des canicules plus intenses et plus longues à l'avenir.
    Nous subirons des extrêmes climatiques qui deviendront de plus en plus réguliers, comme des inondations record en 2017 et encore plus record ... En 2019!
    Ceux qui prônent le statu quo sont soit à la solde de pétrolières, soit analphabètes scientifiques.
    Et dénigrer le messager découle de leur mission de garder leur statu quo

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 22 juillet 2019 07 h 11

    Le coeur a ses raisons que la raison ignore

    Merci M. Dionne de nous rappeler non seulement le Yang de la nature humaine, mais aussi son Yin.

    Pour se mouvoir, il faut s'émouvoir. Ça motive la locomotive.

  • Cyril Dionne - Abonné 22 juillet 2019 08 h 16

    La mode climatique est aux coups d’épée dans l’eau et bonjour Québec solidaire

    Greta Thunberg n’est qu’une bonne excuse pour se donner bonne conscience de la part des pays qui l’invitent chez eux. Macron est le summum de cette contradiction et hypocrisie. Pardieu, les états n’ont pas d’honnêteté ou d’éthique, seulement des intérêts. Il y aura beaucoup de publicité, mais aucun changement. Et les jeunes sont devenus conscientisés parce qu’ils réalisent qu’ils ne pourront pas consommer comme leurs parents. En fait, ils seront plus pauvres qu’eux.

    Avec tous ces coups d’épée dans l’eau, on ne sera pas plus avancé qu’hier. Et le problème ne réside pas dans la production de gaz à effet de serre, mais dans la surpopulation de l’humanité. Et pas un mot de Mlle Thunberg au sujet de l’émancipation et l'éducation des femmes partout dans le monde. Lorsqu’elles seront maîtresses de leur corps, on verra les taux de natalité chuter mondialement et conséquemment, la pollution atmosphérique et la production de GES aussi. La destruction des écosystèmes marins et terrestres sera plus lente, les sols agricoles deviendront moins appauvris et l’eau potable ne disparaîtra pas comme une peau de chagrin.

    Ce sont les idéologies politico-religieuses et culturelles patriarcales qui sont au cœur du problème climatique. On ajoute presque 100 millions d’individus sur la planète à tous les ans. Deviner qui s’objecte lorsqu’on aborde le sujet de moyens de contraception dans les deux tiers des pays de la planète où les augmentations démographiques sont hors contrôle? Mais de cela, personne n’en parle de peur de froisser les extrémistes aux amis imaginaires et les dictateurs de tous genres.

    P.S. L’auteur de cette lettre n’a aucun lien de parenté avec moi à part du nom de famille.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 22 juillet 2019 11 h 13

      "Macron est le summum de cette contradiction et hypocrisie." Il est vrai que Macron n'est pas très subtil lorsqu'il s'agit d'"exposure" : souvenez-vous en 2017 tout l'honneur donné à Trump lors du défilé du 14 juillet. C'était vraiment n'importe quoi! Comme le dit l'adage: Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en! Surtout lorsqu'on connaît l'immense intérêt pour la culture et l'histoire de Donald Trump...

    • Réal Boivin - Abonné 23 juillet 2019 06 h 36

      Vous avez parfaitement raison M. Dionne. Greta Thunberg est un produit de consommation et comme les jeunes sont de grands consommateurs de tous les labels à la mode, et bien maintenant ils consomment du Greta Thunberg. Et lorsqu'un autre label prendra le dessus, ils sauteront dessus comme ils ont sauté sur Greta Thunberg.