Le mur entre le Québec et l’Alberta

Alors que les dernières années du gouvernement néodémocrate albertain de Rachel Notley voguaient la galère de façon plutôt attentiste, le fougueux Jason Kenney arrive à la barre de la province, bien décidé à lui redonner toutes ses lettres de noblesse d’antan, notamment sur le plan économique.

De son côté, le premier ministre du Québec, François Legault, ardent défenseur du nationalisme québécois, hérite du laxisme du gouvernement de Philippe Couillard eu égard aux politiques centralisatrices du gouvernement fédéral.

Toutefois, force est de constater que Jason Kenney et François Legault bénéficient grandement de l’appui d’une forte majorité de leur population respective, une situation qui les conforte dans leur point de vue respectif relativement à la construction d’un oléoduc vers l’est, passant nécessairement sur le territoire du Québec.

La position de François Legault est claire, les Québécois ne veulent pas de cet oléoduc qui ne bénéficie aucunement de l’acceptabilité sociale. Par contre, des milliers d’emplois sont actuellement en péril en Alberta si son pétrole ne peut trouver une porte de sortie vers l’est.

C’est devant ce mur idéologique que s’est terminé le Conseil de la fédération, Jason Kenney arguant que l’environnement est de compétence fédérale, François Legault, de juridiction provinciale… Une saga qui risque de jouer un rôle clé dans la prochaine campagne électorale fédérale !

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12 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 16 juillet 2019 00 h 49

    Un mur

    bien épais en trois couches: l'Ontario, le Manitoba et le Saskatchewan et, heureusement, les gouvernements peuvent y changer aussi avec le temps.

    • Nadia Alexan - Abonnée 16 juillet 2019 02 h 37

      L'on ne peut pas continuer de construire des pipelines et en même temps de remplir notre obligation à l’Accord de Paris COP 21 sur les changements climatiques. La cohérence s'impose.

  • Pierre G. Blanchard - Abonné 16 juillet 2019 07 h 03

    Murs entre le Québec, l'Ontario et Terre-Neuve

    Pourquoi ne pas parler du refus du QC d'empêcher le transport de l'énergie propre du Labrador vers l'Ouest depuis le début du long contentieux avec T-N. Heureusement, il n'y a pas de mur entre le Canada et les USA. Ce qui nous permet en matière énergétique d'y vendre nos ressources à rabais, alors que tous les canadiens pourraient en profiter. Le prix volatil du pétrole étranger pourrait bien être le lubrifiant d'une accepatabilité sociale accrue dans une province oû la consommation d'hydrocarbures per capita est une des plus élevées. Les sondages indiquent aussi que les Québécois verraient positivement une plus grande utilisation du pétrole canadien moins cher. Comme disent les Albertains : Let's put our money where our mouth is !

    • François Beaulne - Abonné 16 juillet 2019 08 h 58

      Le hic dans votre raisonnement c'est que l'objectif premier des Albertains n'est pas d'alimenter l'est canadien, dont le Québec, en pétrole canadien meilleur marché que le pétrole importé, mais plutôt de l'exporter vers les marchés internationaux où ils espèrent en tirer un meilleur prix.
      D'où le faux argument de substitution invoqué par le Parti conservateur du Canada et les supporteurs du pétrole de l'Alberta à l'effet qu'il serait plus avantageux pour les canadiens de s'approvisionner en pétrole albertain qu'en pétrole importé en laissant passer des pipelines d'est en ouest.
      Il faut savoir lire entre les lignes avant de se laisser charmer par les sirènes du pétrole albertain, ce qu'avait fait l'ex maire Coderre de Montréal en affirmant, avec raison, qu'après la construction du pipeline Energie Est, tout ce qu'il subsisterait au Québec comme emploi serait de gérer les champlures du pipeline.

  • Daniel Grant - Abonné 16 juillet 2019 07 h 06

    La planète a besoin de détoxication et vous semblez réjouit que des trafiquants de drogue gèrent le pays!

    M. Martineau

    Jason Kenney a le seul mérite d’être clair; il s’en fout de l’environnement et des dégâts qu’il va laisser derrière lui,
    alors que François Legault s’en fout aussi mais il donne comme excuse que c’est le citoyen qui n’en veut pas de cette saloperie de pétrole.

    On voit bien que F. Legault est prêt a nous passer un Énergie Est en pièces détachées avec son gazoduc sans génie, et le kérosène pour les aéroports (alors que les avions électriques arrivent).

    De quelle lettre de noblesse parlez-vous?

    Le pétrole n’a jamais profité qu’aux initiés, aux investisseurs, aux spéculateurs, aux écoles et hôpitaux du Texas mais jamais à l’économie réelle. (Sans morale ni concscience sociale)

    Le pétrole nous enchaîne dans le passé et retarde l’évolution vers une économie réelle du futur qui profite à tous.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 16 juillet 2019 07 h 08

    Pourquoi le Québec devrait-il céder aux autres provinces, au risque de compromettre son environnement?

    En Amérique du Nord, on a des grandes gueules : Donald Trump dont Radio-Canada passe son temps à nous commenter quasiment ses frasques alors qu'il y a des sujets plus pressants dans le Dominion. Le PM de l'Ontario pour qui les franco-ontariens sont des sujets de seconde importance avec leurs demandes justifiées d'en avoir plus pour leur développement. Jason Kenny qui voudrait à lui-seul mener le monde pour que l'Alberta redevienne la capitale de l'énergie sale comme l'a si bien dit le PM du Québec! Pire, il prône l'environnement à la façon Trudeau dont on a remarqué son impuissance de trancher dans des conflits qui risquent de nuire à la stabilité politique de son pays!
    Bref, c'est la même situation politique qui perdure depuis des décennies dans un pays mal ficelé dans lequel le Québec de la CAQ tient à son autonomie, donc il faut attendre encore, plutôt de d'agir et sortir de ce carcan!

  • Jean-François Trottier - Abonné 16 juillet 2019 08 h 22

    Difficile de comprendre cette obstination butée

    Mais pourquoi faudrait-il que le Québec laisse passer ce pétrole qui ne lui rapportera rien, l'équivalent d'une minuscule portion d'une seul pétrolier annuellement, alors que son économie est minée par le pétrole ?

    Le mal hollandais n'est pas une fable!
    Dans la réalité la présence du pétrole albertain est l'équivalent d'une tonne de plomb dans l'aile de l'économie québécoise et la principale cause de la péréquation, qui selon les faits devrait être plus élevée encore, et de beaucoup, vers le Québec.
    Au surplus, le poids mis pour assurer de continuer avec le pétrole empêche l'électricité Québécoise de prendre plus d'espace depuis longtemps et de plus en plus à chaque année.
    Tout ça pour conserver des emplois en Alberta, emplois qui devront disparaître d'ici 10 ans pour que l'humanité survive. Allô!

    Le pire est que l'Alberta et le Canada n'ont pas besoin un instant de passer par l'Ontario et le Québec pour vendre leur sale pétrole.
    Un oléoduc pourrait très bien se rendre jusqu'à Churchill ou Port Nelson, sur Hudson Bay, et les pétroliers partir de là pour se rendre au diable vauvert pour leur lucratives ventes.

    Hudson Bay n'est plus bloqué par les glaces en hiver, ou très peu, Quel les compagnies se paient des brise-glace.
    En fait toute la route est débloquée presque en permanence dans Hudson Bay et au nord du Québec.
    La question pour eux est de pouvoir utiliser les facilités des ports Québécois en prétendant que la péréquation paye pour ça, ce qui est complètement faux.

    Pas sûr que je serai d'accord pour que les pétroliers passent au large de Salluit et dans le détroit d'Hudson mais au moins ce sont les pétrolières qui se débrouilleront avec leurs troubles, pas mes impôts pour nettoyer leurs conneries. Personne ne pourra me faire croire que leur cochonnerie est de "provenances diverses liées à l'économie du Québec", ni même de l'Ontario.