Pour le bien public

J’ai eu l’honneur, à la fin des années 1980, de partager un coin de salle de rédaction et un secteur d’affectation avec la journaliste Renée Rowan — décédée le 7 juillet dernier. Je débutais. Elle avait autant d’années de métier que moi d’années de vie ; pourtant, elle m’a fait sentir comme son égale, et mes premiers pas au Devoir en ont été d’autant assurés.

Le carnet d’adresses de Renée au sein des groupes de femmes, comme dans le monde de la santé et des services sociaux, était impressionnant. Le respect que lui portaient les grands acteurs du réseau de santé l’était tout autant. Elle se méfiait de la primeur facile et des coups de gueule qui ne construisent rien. Elle oeuvrait pour le plus grand bien public, avec patience, rigueur et fermeté. Son rire et son calme, aux heures de tombée, quand la rédaction atteignait son point d’ébullition, me rassuraient. René défrichait des terres nouvelles avec élégance, se moquant des moustiques hargneux qui continuaient de remettre en question la place des femmes en information.

Le Québec a été enrichi par sa contribution. Et de jeunes journalistes — dont je fus — y ont trouvé une source d’inspiration.

Merci Renée.

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