Quand les promoteurs sont aux commandes du développement urbain

L’article du Devoir du 5 juin sur le marchandage éhonté auquel se livrent des promoteurs à Saint-Jérôme révèle une situation aberrante. Saint-Jérôme sera probablement, si ce n’est déjà fait, une autre victime de la démolition de notre patrimoine.

Et tout cela se fait sans grande mobilisation de la population, occupée par les festivals et les émissions d’humour. Avoir une équipe de baseball et réussir le repêchage du Canadien sont des occupations plus importantes !

Je regardais dernièrement l’émission Des racines et des ailes qui portait sur la région des Pyrénées. On y voyait des paysages harmonieux, avec un domaine bâti merveilleusement homogène et des bénévoles à l’oeuvre pour sauver des petits châteaux et des forteresses. Des gens de métiers à la retraite s’employaient gratuitement à remettre ces édifices en état, se disant très fiers de contribuer à la sauvegarde de leur patrimoine, pendant qu’ici nous sommes la proie des promoteurs qui sonnent aux portes des propriétaires pour les inciter à vendre leur maison en leur disant que de toute façon leur rue sera transformée.

J’étais à Québec il y a quelques semaines et je constatais à quel point la Grande Allée, avec ses immeubles en copropriété tous pareils, son église Saint-Coeur-de-Marie en démolition, son édifice H horrible, son complexe Saint-Patrice plutôt laid, est devenue complètement différente de la belle avenue qu’elle fut quand je grandissais dans cette ville. Il semble que sauver le patrimoine est aussi important au point de vue économique en permettant de conserver un attrait touristique.

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2 commentaires
  • Gilles Fontaine - Abonné 15 juillet 2019 20 h 14

    Patrimoine

    Une très belle lettre...
    À voir la maison Pollack... oui la Grande Allée est, et sera de plus en plus, qu'un mirage . Cafés, bars, resto, condos, airbnb... pour touristes et festivals. Vous en voullez du pain et des jeux... en v'là!
    Les promoteurs ont le haut du pavé à Québec...
    Il faut voir les clôtures s'ériger... partout!
    Et que dire des caméras... partout!
    Le titre de ville du Patrimoine mondial à la ville de Québec a été le début de la fin de la Ville de Québec... trappe à touristes, pop corn, t-shirt... et réduction de l'accès, même visuel, au fleuve dans la vieille ville.
    Le Porc de Québec réduisant l'accès à une peau de chagrin pour cause de bateaux de croisères... polluant.
    Le Porc de Québec poursuivant son expansion... et ses poussières, et ses conteneurs par milliers en devenir... son 3e lien, juste pour lui...
    Une caque qui penche en faveur de cette racaille... cette racaille qui nie les changements climatiques
    NON merci... pas de tunnel, pas de 3e pont. Investissons dans le transport collectif. Entre 4 et 8 milliards minimum...
    Imaginez le transport en commun gratos... gratos... avec 4 à 8 milliards.

  • Pierre Vagneux - Abonné 16 juillet 2019 06 h 20

    Recherché: le défenseur du patrimoine à la ville de Québec

    qui à la Ville de Québec est la conscience de son patrimoine unique ? qui est l'arbitre des choix d'aménagement urbain mettant en cause le patrimoine ? Un exemple parmi d'autres . en effet même un site patrimonial déclaré québécois national celui de Sillery sous la loupe de citoyens engagés depuis 2005 a succombé à la colonisation immobilière......Ce site dont la mission de transmission était l'époque française, celle des marchands de bois (barons) et la présence des communautés reliogieuses participant à l'édifiucation de la société québécoise possédait une dimension pittoresque et offrait des panoramas uniques imprenables du haut du promontoire des falaises de Sillery. Malgré trois consultations monstres en 2006, 2013 et 2015 ou la société civile a exprimé ses voeux et proposé des aménagements autres qu'immobiliers, les Barons du béton ont mis la main sur les espaces naturels du site. Que restera -t-il ? Ce qui était public en 2005 et un sentier pour permettre peut être aux visiteurs d'admirer d'un côté le fleuve majestueux et de l'autre le Patrimoine du vingt et unième siècle. Lord Durham avait il y a 180 ans probablement vu juste. Peuple sans histoire.....