S’adapter aux milieux inondables

Bonjour, Madame la Ministre Geneviève Guilbault !

J’ai été impliqué en politique provinciale et au conseil de quartier de Montcalm à Québec et je vous supplie d’une chose : n’interdisez pas la construction en zone inondable. Au contraire, encouragez-la, mais contraignez-la à être adaptée à un milieu inondable. Moi, je ne peux admettre qu’un entrepreneur consciencieux fasse une cave dans une zone inondable. Par contre, il y a dans le monde de très beaux projets domiciliaires construits sur pilotis ou selon d’autres technologies avancées, les infrastructures étant adaptées. Il faut obliger toute construction en zone inondable à être appropriée au milieu. Ne fermez pas la porte à de très belles perspectives pour personnes avisées et pour architectes non châtrés, mais de grâce, rappelez qu’à partir de l’an prochain, tout individu établi en zone inondable ne sera plus dédommagé si sa propriété n’est pas adéquate pour la zone (un programme Réno-Vert pourrait être ajusté pour les inondés de cette année).

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1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 11 juillet 2019 10 h 56

    Le bungalow sur pilotis ?

    Imaginons un instant une banlieue sur pilotis, une sorte de Venise. Tout d'abord, il faudrait aussi construire un cabanon sur pilotis, une piscine sur pilotis, un stationnement pour quatre voitures sur pilotis. C'est faisable. Il faudrait aussi inventer une tondeuse à nénuphars et à quenouilles car le traditionnel et réglementaire gazon pousse mal avec les racines dans l'eau. Pour la souffleuse, pas de problème.
    Il faudrait ensuite redéfinir ce que sont les mauvaises herbes, les espèces indésirables, les bons poissons et les mauvais, la vermine... C'est que dans les milieux inondables, il y a une grande diversité d'espèces animales et végétales alors que le banlieusard préfère les monocultures pour son gazon, des arbres et des fleurs inadaptées pour ses parterres. Quant à la faune, seuls sont admis les chiens, les chats et un ou deux oiseaux pour faire honneur à la mangeoire en plastique.

    Caricatural ? À peine ! Ce qu'il faut en retenir, c'est que en 2019, on doit avoir des doutes sur la capacité des gens à s'établir en zones inondables en respectant l'envionnement et les écosystèmes. La capacité de vivre en zones inondables est beaucoup plus qu'un simple travail d'architecte. Et elle est loin, très loin d'avoir été démontrée. Aussi, l'interdiction de construire dans de telles zones est encore la meilleure solution, même si les motifs évoqués ne sont pas nécessairement liés à la préservation de l'environnement. Notre culture nord-américaine fait en sorte que nous essayons d'adapter l'environnement à nous et non l'inverse. Et justement, il faudrait que ce soit l'inverse, mais rien n'indique aujourd'hui qu'une telle transition se pointe à l'horizon. En à peine plus d'un siècle nous avons perdu la capacité et la volonté de s'adapter à l'environnement. L'habitat et la mobilité irrationnelles en sont les pires conséquences.