Desjardins et la protection Equifax

M. Guy Cormier,

Pour le restant de ma vie utile, lire ici jusqu’à ce que mon décès soit confirmé par un formulaire gouvernemental SP3, je demeure responsable de mon nom, de ma date de naissance et de mon numéro d’assurance sociale. Je m’acquitte de cette responsabilité quotidiennement. Je suis tenu responsable devant la loi des possibles problèmes liés à un laxisme de ma part.

Je fais partie des 2,9 millions de membres Desjardins qui ont vu leurs données personnelles volées. Je suis membre chez Desjardins depuis 56 ans. Je n’ai commis aucune imprudence en ce qui concerne la confidentialité de mes données. J’ai agi de façon prudente et responsable. J’ai appliqué les règles de sécurités hautement efficaces, entre autres en me connectant par le VPN de ma compagnie ou en utilisant mon portable sécurisé et crypté. Même chose pour mon cellulaire. Je n’ai fait preuve d’aucun laxisme. J’ai limité les risques. Pendant des années.

Malheureusement pour 2,9 millions de vos membres, la bête se terrait à l’intérieur de vos murs, M. Cormier. Elle a été embauchée par vos ressources humaines. Elle a bénéficié de privilèges d’accès autorisés par vos services de technologies de l’information. Elle a été surveillée (ou non) par vos systèmes de sécurité. Ces quatre affirmations ont en commun une chose, M. Cormier : vous et le Mouvement Desjardins comme employeur de la bête. Vous comprendrez que je trouve l’offre de Desjardins concernant une protection gratuite avec Equifax pour cinq années insuffisante et même irresponsable. Voire condescendante. […] Annoncer puisqu’il faut faire quelque chose, poser des actions concrètes. Un geste à courte portée. Jusqu’à ce que les gens oublient dans cinq ans.

Je m’attends à ce que Desjardins prenne ses responsabilités et traite ses clients comme il se doit. Que Desjardins limite les risques à son tour. Pendant des années. Je vous invite à relire votre mission, votre vision et vos valeurs affichées sur votre site d’entreprise. Je demande donc à Desjardins de m’offrir gratuitement une protection aussi longue que le restant de ma vie utile.

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3 commentaires
  • Simon Pelchat - Abonné 11 juillet 2019 08 h 47

    Triste réalité

    Oui, le président de Desjardins a répondu promptement à l'information du piratage des données personnelles dès qu'elles furent rendues publiques. Que serait-il arrivé si l'information était restée secrète? La stratégie utilisée pour gérer la situation et apaisée les craintes des membres fut d'assurer aux membres qui seront spoliés d'une façon ou d'une autre, qu'ils seront remboursés et pourront s'enregistrer à une firme privée Equifax qui fera le guet sur l'utilisation des données volées et Desjardins défrayera à même l'argent des membres pour un an puis cinq suite à la réaction du public. La firme privée Equifax aurait déjà été piratée comme le fut Desjardins. Peut-on lui faire confiance? Un bien triste réalité pour le mouvement coopératif québécois qui a perdu depuis plusieurs années la mission première d'aider les membres à bien utiliser leur épargne et avoir accès à un crédit pour les besoins essentiels.

  • Jean Richard - Abonné 11 juillet 2019 10 h 09

    Peut-on faire confiance aux banques ?

    Plusieurs banques ont été victimes de vol de données. La plus grosse d'entre elles, la Royal Bank of Canada, avait connu un vol important dans la région de Toronto. Et ce vol avait permis, entre autres, des retraits non autorisés chez des clients. Alors, peut-on faire confiance aux banques ? Non, sauf qu'un mouvement de panique alimenté par une perte de confiance pourrait avoir des conséquences inimaginables. Après tout, la seule valeur de l'argent, c'est la confiance. Et pourquoi devrions-nous penser que les grosses banques seront plus transparentes que Desjardins ?

    Par ailleurs, il faut savoir que des portes ouvertes sur vos données personnelles, il y en a des dizaines. Presque tout ceux qui ont transmis leur déclaration de revenus à Québec et à Ottawa ont fait circuler leurs plus importantes données personnelles. Et par la suite, tant Revenu Québec que l'ARC pourraient vous avoir envoyé, par la poste, un avis de cotisation en papier sur lequel est imprimé votre numéro d'assurance sociale. La poste conventionnelle est-elle fiable ? Votre boîte à lettres est-elle fiable ?

  • Jean-Francois Martineau - Abonné 11 juillet 2019 19 h 52

    Sans réplique

    Le commentaire de M. Pelchat est clair et sans réplique. Je ne m’attends d’ailleurs pas à ce qu’on y reponde...