La solidarité mitigée de Legault

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, lors du traditionnel Stampede de Calgary, a profité de l’événement pour inviter ses homologues conservateurs à créer un front commun visant à manifester leur désaccord sur la taxe carbone imposée par le gouvernement Trudeau en prévision de la dernière rencontre des premiers ministres avant le scrutin fédéral d’octobre 2019.

De son côté, lors d’un point de presse, François Legault a tenu à préciser sa position à ce sujet en déclarant qu’il appuyait l’autonomie des provinces en ce qui concerne la taxe carbone imposée par Ottawa, en ajoutant toutefois son approbation à une façon obligatoire de taxer les polluants, laissant ainsi aux provinces le choix du moyen pour arriver à ces fins.

En agissant de la sorte, François Legault remet sur la carte politique sa prédilection pour l’autonomie des compétences provinciales, tout en se montrant solidaire du fédéral sur le devoir des provinces de contribuer aux moyens de pallier les effets polluants des gaz à effets de serre… Une solidarité que l’on peut qualifier de mitigée eu égard à celle des gouvernements provinciaux conservateurs.

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11 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 10 juillet 2019 00 h 45

    Le choix du moyen

    «laissant ainsi aux provinces le choix du moyen pour arriver à ces fins»

    L'incohérence de notre premier ministre est justement dans cette phrase, car la taxe fédérale ne s'applique qu'aux provinces qui n'ont choisi aucun moyen pour taxer les émissions de GES. Celles qui ont choisi une façon différente de celle du fédéral de le faire, comme le Québec et la Colombie-Britannique avec des moyens très différents, ne sont pas assujetties à la taxe fédérale. Bref, le fédéral fait dans ce dossier exactement ce que demande M. Legault. Alors, c'est quoi le problème?

    • Raymond Labelle - Abonné 10 juillet 2019 03 h 18

      Et le gouvernement du Québec refuse d'intervenir dans la cause de la Colombie-Britannique pour empêcher Trans Mountain. Le jugement qui en résultera aura pourtant des répercussions sur la capacité du gouvernement fédéral d'imposer un pipeline au Québec - comme par exemple Énergie Est. Dur à suivre.

    • Raymond Labelle - Abonné 10 juillet 2019 13 h 13

      Si j'étais un peu parano je me dirais que la CAQ est plutôt favorable à Énergie Est et que si elle pouvait blâmer le fédéral pour s'en laver les mains, ça ferait son affaire. Paranoïa nourrie par le souvenir que Legault dans l'opposition, et donc la CAQ, quand Énergie Est semblait possible, proposait d'utiliser l'occasion pour se vendre plus cher. D'où sa non-intervention dans la cause Trans Mountain?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 10 juillet 2019 15 h 24

      "(En) laissant ainsi aux provinces le choix du moyen pour arriver à ces fins, le fédéral fait dans ce dossier exactement ce que demande M. Legault. Alors, c'est quoi le problème?" - Mario Jodoin

      Le problème, Monsieur Jodoin, est que le fédéral demande aux provinces qui ont leur propre programme de lui présenter sur une base régulière des redditions de compte sous la forme de rapports d'avancement, comme un élève docile qui doit soumettre son travail à l'approbation de son maître.

      Le premier ministre du Québec ne fait que défendre l'autonomie de son administration en réfutant le rôle dominateur que s'arroge une fois de plus son vis-à-vis fédéral. Il est tout à fait cohérent dans son attitude avec tous les gouvernements qui l'ont précédé, y compris celui de son prédécesseur immédiat.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 juillet 2019 09 h 49

      M. Legault ne fait que défendre les intérêts et l’autonomie du Québec. Les états n’ont pas d’amis, juste des intérêts. Une confédération implique une séparation des pouvoirs reflétant les besoins et les problèmes de chaque région. Le fédéralisme centralisateur fait tout le contraire et va souvent contre les intérêts de la nation québécoise. Jason Kenny, le premier ministre de l’Alberta, affirmait sans rire que le Québec n’avait pas le choix que d’accepter le passage de pipelines sur son territoire selon la loi fédérale.

      Ceci dit, le programme sur la taxe carbone est d’une inutilité grandiose. Taxer les émissions de GES est une fausse de bonne idée. Ceci encourage les pollueurs de grand chemin de continuer à polluer en payant et les coûts seront reportés aux consommateurs. Le Canada, c’est 2% des GES mondiaux même avec le pétrole sale de l’Alberta et les produits fossiles de la Saskatchewan. Au Québec, c’est 0,1%. Une chance que le ridicule ne tue pas.

      M. Legault essaie de vendre l’énergie la plus propre qui soit à l’Ontario, l’hydroélectricité, mais celle-ci n’est pas intéressée. Ce n’est pas à cause du coût de la réfaction des réacteurs nucléaires ou le prix de vente du kWh québécois, mais à cause que l’Ontario nage présentement dans une abondance d’électricité à cause justement du gouvernement précédent qui a signé des ententes avec des producteurs éoliens payant jusqu’à 80 sous du kWh. Ils sont pris à la gorge comme nous le dit bien cette expression. Et personne n’a pensé que même si la population augmente, l’efficacité énergétique d’aujourd’hui fait est sorte qu’on utilise moins d’énergie par individu pour faire la même chose.

      Oui pour les compétences provinciales parce que celles-ci reflètent les citoyens qu’ils desservent. Oui à M. Legault. Il y a belle lurette qu’un premier ministre s’est tenu debout devant ceux qui n’ont certainement pas les intérêts de la nation québécoise à cœur.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 10 juillet 2019 06 h 23

    ,,, en lego !

    « En agissant de la sorte, François Legault remet sur la carte politique sa prédilection pour » ; (Henri Marineau)

    De ce genre de « prédilection », est-il souhaitable d’inviter notre bien-aimé premier ministre ;a valoriser moins l’autonomie des province que l’autodétermination du Québec du Canada (ce pays si loin et si proche de nulle part), et ce, en tant que Nation-État libre d’aplaventrisme éventuel ou calculé et en langue de Molière ?

    Tout le monde sait qu’à de s’agenouiller inutilement, les genoux risquent de de se fracturer …

    ,,, en lego ! - 10 juillet 2019 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 10 juillet 2019 08 h 23

      « qu’à de s’agenouiller » : lire plutôt « qu’à force de s’agenouiller » (mes excuses)

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 10 juillet 2019 06 h 53

    ,,, en lego !

    « En agissant de la sorte, François Legault remet sur la carte politique sa prédilection pour » ; (Henri Marineau)

    De ce genre de « prédilection », est-il souhaitable d’inviter notre bien-aimé premier ministre à valoriser moins l’autonomie des province que l’autodétermination du Québec du Canada (ce pays si loin et si proche de nulle part), et ce, en tant que Nation-État libre d’aplaventrisme éventuel ou calculé et en langue de Molière ?

    Tout le monde sait qu’à de s’agenouiller inutilement, les genoux risquent de de se fracturer …

    ,,, en lego ! - 10 juillet 2019 -

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 10 juillet 2019 09 h 31

    J'aime beaucoup Henri Marineau

    Mais, franchement, j'ai eu beau la relire, je ne vois pas la pertinence de cette lettre.

  • Henri Marineau - Inscrit 10 juillet 2019 10 h 17

    Explications

    @ Sylvio Le Blanc
    Je vais tenter de vous expliquer le sens de ma lettre.
    François Legault se montre solidaire des gouvernements conservateurs au niveau des "moyens" pour réduire l'émission des gaz à effet de serre, invoquant ainsi l'autonomie des provinces.
    Toutefois, il se range du côté du fédéral en ce qui a trait à l'"obligation" de mettre sur pied une politique de réduction de la pollution, d'où la "solidarité mitigée" envers les gouvernements conservateurs.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 10 juillet 2019 11 h 40

      Merci d'avoir pris le temps de répondre.

      Si les provinces récalcitrantes refusent de « contribuer aux moyens de pallier les effets polluants des gaz à effets de serre », comme ce sera le cas avec Kenney, Ford et cie, le fédéral devra imposer une contribution. Les provinces ont le choix des armes, mais elles ont l'obligation de se battre. Si elles ne le font pas, le fédéral va les y forcer. On en revient à ce qui prévaut aujourd'hui.

      Legault sait que les provinces conservatrices ne feront rien de tangible pour lutter contre les GES. La solidarité de Legault à leur endroit est mitigée et circonstancielle, les élections fédérales se tenant dans trois mois.