Et les Algériennes?

À la une du Devoir du vendredi 5 juillet, une photographie accompagne l’article de Fabien Deglise sur l’Hirak, mouvement révolutionnaire qui réclame la fin du régime en place en Algérie.

La photographie montre des hommes en train de manifester. On ne s’étonne même pas de n’y voir aucune femme. En page 4, il y a une deuxième photo où, cette fois, apparaissent deux femmes en face d’une enseigne de Coca-Cola. Elles semblent attendre l’arrivée d’un autobus. L’une porte la burqa, l’autre le hidjab.

« Que veulent les Algériens pour la suite des choses ? » demande le journaliste au leader politique Lakhdar Amokrane et à l’intellectuel Amar Ingrachen. Ces derniers évoquent l’unanimité sur des enjeux tels que la fin de la corruption, de l’autoritarisme, de l’oligarchie économique. Ce que les Algériens rejettent est clair. Ce qu’ils veulent l’est moins, disent-ils. Trois autres colonnes détaillent les éléments d’indétermination et « les exigences irréalistes ».

Pas une seule fois dans cet article il n’est question des Algériennes. Que rejettent-elles ? Que veulent-elles ? Les Algériennes sont tellement absentes des revendications évoquées que l’on se met à penser qu’encore une fois, elles seront les grandes exclues du mouvement Nouvelle Génération et que c’est d’elles que viendront les exigences soi-disant irréalistes.

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4 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 8 juillet 2019 03 h 43

    Mais

    qui s'en fout, en effet, dans ces «révolutions» arabes à intermittance périodiques et journalistiques?

  • Cyril Dionne - Abonné 8 juillet 2019 07 h 53

    Dans les sociétés politico-religieuses, plus que ça change, plus que c’est pareil

    Mme Pellerin, les femmes n’existent pas dans ces sociétés patriarcales. Alors, il ne faut pas s’en étonner. Leur idéologie politico-religieuse prêche la misogynie et l’homophobie. Fait curieux dans la deuxième instance, cela ne les empêche pas de pratiquer l’homosexualité. En fait d’hypocrisie, difficile de trouver mieux.

    Pourquoi s’étonner s’ils sont en plein déni de la moitié de l’humanité? Ils remplaceront une dictature laïque par une autre dictature religieuse et les femmes ne seront pas appelées à y jouer un rôle. On les retrouvera portant burqa et hidjab devant la même enseigne de Coca-Cola en attendant l’autobus.

  • Serge Ménard - Abonné 8 juillet 2019 09 h 19

    Ben voyons !

    Dans les sociétés musulmanes, les femmes ne sont pas des citoyennes à part entière ! Lisez votre coran Mme Pellerin !

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 8 juillet 2019 09 h 58

    J'avais remarqué ces deux photos parlantes

    On a eu besoin des Algériennes pour faire la guerre de libération dans les années 1950 et 1960, mais sitôt celle-ci gagnée, elles sont retournées dans leur cuisine. Et avec l'islamisation de l'Algérie dans les années 1980 et 1990, elles ont commencé à porter des vêtements qu'elles ne portaient pas avant.

    J'espère qu'elles ne seront pas encore une fois laissées pour compte.