Personne n’est responsable. Vraiment?

Selon les responsables de la DPJ, aucun intervenant ou gestionnaire ne doit porter un tant soit peu le blâme pour le décès d’une fillette battue à mort. Le père de la petite et sa conjointe ont pourtant reçu l’aval de la DPJ pour s’occuper avec un minimum de compétence de cette petite mal en point, âgée de seulement sept ans.

Selon certains, c’est la machine qui s’est emballée. Mais cette machine n’est-elle pas justement dirigée par la DPJ… qui semble passer plus de temps à justifier ses actes qu’à intervenir lorsque le besoin se fait sentir ? Ajouter des millions et des millions dans les coffres de la DPJ est certes une excellente idée, sauf qu’il faudrait aussi changer la culture de l’organisation. Il n’est pas tolérable qu’il ait fallu la mort d’une petite pour tenter de régler une situation qui se détériore depuis longtemps. Combien de millions vaut la vie d’une enfant ? Si la situation n’est pas tolérable aujourd’hui, elle ne l’était pas plus il y a deux semaines.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

4 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 6 juillet 2019 05 h 03

    Vramient?

    Oui, vraiment. C'est d'ailleurs, habituellement, au Québec notamment, la bête réalité. Puisque tout le monde est responsable, personne ne l'est... et on rabiboche, et on rafistole. Ici, c'est le triste sort d'une fillette échappée des «mailles du filet» - oh! que j'aime cette expression qui sert à tout: un jour le filet échappe un méné et le lendemain, le même filet laisse passer une baleine. La maille élastique à l'honneur et en guise d'explication!

  • Cyril Dionne - Abonné 6 juillet 2019 08 h 37

    Appelez les pompiers

    Cette culture au sein des cadres de la DPJ qui sont nommés par leurs amis politiques au pouvoir sont les mêmes qui se lavent les mains de ces situations digne d’un pays d’un tiers monde. Oui, ils sont responsables. C’est eux qui ont le dernier mot avant d’envoyer la cause devant un juge. Légalement, toutes les autres instances sont limitées et ont souvent les mains attachées pour intervenir. L’école en est un exemple frappant.

    Ceci dit, personne au sein des écoles, des services policiers, des magistrats et même les voisins ne savaient pas que quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire? Or, personne n’a voulu sortir de son confort personnel pour aller aider une petite fille qui était martyrisée. Comme enseignant, je peux vous dire que c’est facile de savoir si un enfant démontre des comportements inappropriés qui découlent d’une situation familiale incongrue. Pour la police qui est sous-éduquée et surpayée, il ne faut pas s’attendre à grand-chose comme on l’a vu un certain jour d’hiver sur l'autoroute 13 en 2015. Ils ne sont jamais intervenus; ce sont les pompiers qui l’ont fait et qui ont pris leur rôle. Peut-être et on dit peut-être que la petite aurait dû appeler les pompiers.

    Finalement, les juges dans toute cette histoire. On sait bien que la plupart sont des « Post-it », mais quand même, ils auraient pu intervenir. Et ils n’ont rien fait.

    Misère à la puissance du gogolplex (10 suivit de 100 zéros). Ne lâchez pas madame Laurent (Régine). Il faut faire le ménage.

  • Marc Davignon - Abonné 6 juillet 2019 11 h 48

    La nouvelle gestion publique.

    Permet ce résonnement fabuleux : ce n’est pas nous, les gestionnaires, les responsables.

    Le système est une création de la nature, tout le monde sait cela!

    Or, avec la nouvelle gestion publique, les gestionnaires gèrent avec des indicateurs. Ces derniers doivent être <remplis> avec les nouveaux logiciels respectant les principes <lean> par les autres qui se doivent d'être responsable de leurs réussites comme de leurs échecs. C'est la responsabilisation de l'employé.

    Tant que les indicateurs sont dans le vert, un bonjour suffit entre deux réunions. Conséquence, les employés sont laissés a eux-mêmes, car ils se doivent d'être responsable, ce qui créé des solutions dites locales (tous à chacun trouvent une solution compte tenu du principe de la nouvelle gestion publique) et sans <coordinations>, car, nous le savons, le système <s'autorégule>. Et voilà, pourquoi il n'y a pas de responsables (pas de gestionnaire) de cet échec.

  • Michel Lebel - Abonné 6 juillet 2019 13 h 22

    L'excuse classique


    Il ne faut jamais oublier, jamais oublier, que derrière tout système, il y a de hommes et des femmes qui demeurent responsables. La faute au système, c'est l'excuse classique pour la non-responsabilisation. Ce genre de fonctionnement propre à toutes les grandes organisations doit être rejeté. Mais la chose n'est jamais facile. On préfère souvent le silence et mettre les choses sour le tapis. Régler en catimini avant tout. Pour protéger l'organisation.

    M.L.