Droits linguistiques des anglophones au Québec

On apprenait mercredi dans Le Devoir que la Commission scolaire English Montreal conteste devant les tribunaux la décision du gouvernement de transférer deux de ses écoles à moitié vides à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, qui, elle, manquera vraisemblablement de classes pour plus de 3000 élèves dès septembre.

Ce qui étonne est le fait que cette contestation est appuyée par Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), et Robert Melanson, de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Le discours de ces derniers est complètement déphasé ! Qu’on leur dessille les yeux au plus vite. La communauté anglophone du Québec est la minorité la mieux traitée au monde ! Deux universités de calibre mondial, des tas de cégeps, des hôpitaux, des services à chaque ordre de gouvernement offerts sur demande. Eu égard à une langue qui n’est pas reconnue comme officielle, aucune minorité au monde ne peut même prétendre à une situation aussi enviable.

Que M. Jolin en prenne acte, le vrai combat à mener en ce moment est en Ontario, pardi ! Pourquoi diable l’AFO ou la SANB viendraient donc manifester ici ? Le plateau d’argent sur lequel sont offerts les services aux anglophones du Québec ne suffit plus, il devrait être en or ?

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47 commentaires
  • Jacques Gagnon - Inscrit 4 juillet 2019 00 h 53

    Navrant

    Navrant, mais refrain connu. Je me rappelle pour la xième fois le chanteur Daniel Lavoie, un homme du Manitoba, intelligent et cultivé, racontant son arrivée à Montréal. À quel point il était stupéfié de constater comme on parlait français à Montréal. Je me rappelle aussi un dîner au Beaver Club à ce même Montréal, au cours duquel j'ai constaté avec stupeur la méconnaissance totale du reste du Québec de mes amis de Westmount. Je me rappelle aussi des anglophones habitants de naissance le Saguenay, qui ne connaissaient pas un seul nom du domaine culturel francophone.

    Oui je veux bien deux solitudes, mais avec respect. Acceptez que l'on existe, que vous pouvez nous parler, même in english only. Vous ne savez de toute évidence pas ce que vous manquez.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 juillet 2019 09 h 27

      C'est plus que navrant M. Gagnon. On doit s'excuser continuellement d'exister parce qu'à leurs yeux, nous sommes des bons « Canadians » en devenir, ni plus ni moins. Et c’est souvent moins. Comme Franco-Ontarien, je suis le dernier des Mohicans.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 juillet 2019 01 h 35

    Des droits constitutionnels seulement lorsque le nombre le justifie

    Dans un quotidien anglophone montréalais, on accuse le gouvernement de la CAQ de violer les droits constitutionnels de la minorité linguistique.

    Ces droits constitutionnels ne sont pas absolus. Ils sont garantis à la condition que le nombre le justifie.

    Dans toutes les provinces anglophones du pays, des classes à moitié vides, c’est la ‘preuve’ que le nombre ne le justifie plus.

    Le ministre de l’Éducation rend service à la minorité anglophone du Québec en l’obligeant à se départir de locaux sous-utilisés pour les confier à des commissions scolaires françophones surpeuplés.

    L’égoïsme de cette minorité a été exacerbé par 15 ans de régime libéral qui l’a traitée comme une vache sacrée. Au point que de jeunes anglophones, pas plus tard que l’an dernier, venaient nous cracher leur mépris (« Shake on You ») alors que des nôtres se rendaient paisiblement au théâtre au bras d’un être cher.

    Quand une minorité vient cracher son mépris sur la majorité, nous avons là une menace sérieuse à la cohésion sociale.

    Les bons vieux réflexes coloniaux font en sorte que cette minorité — la plus choyée au monde — crie au scandale quand on porte atteinte au moindre de ses privilèges. Et elle recourt aux tribunaux d'autant plus facilement que leurs frais juridiques sont payés par le gouvernement colonial canadian.

    Il est temps que dans les écoles anglophones du Québec, on enseigne comment les communautés francophones du Canada sont traitées à l’extérieur du Québec.

    D’ici là, le ministre a raison de s’opposer à l’égoïsme de certains.

  • Serge Lamarche - Abonné 4 juillet 2019 04 h 06

    ah les anglais

    Faut croire que les anglais d'Ontario et du Nouveau-Brunswick utilisent cet exemple pour retirer les miettes à leurs francophones.

  • Anne-Marie Allaire - Abonnée 4 juillet 2019 05 h 50

    Taisez-vous

    Monsieur, vous ne savez pas de quoi vous parlez et dans ce cas, il vaut toujours mieux se taire. Les groupes francophones hors-Québec menent une lutte exemplaire et a titre de minoritaires, ils appuient la minorité anglophone du Québec, a chaque fois que leurs droits peuvent etre attaqués. C'est une question de survie constitutionnelle. Que la minorité anglophone au Québec soit beaucoup mieux traitée, et ce n'est pas un euphémisme, que toutes celles des francophones au Canada, n'est malheureusement pas la question. Je vous rappellerai ce que plusieurs ouvriers non syndiqués disaient aux syndiqués bien nantis: si vous perdez des droits acquis, nous nous n'aurons plus rien. C'est la la triste réalité des francophones hors-Québec et je ne peux accepter votre pseudo colère.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 juillet 2019 09 h 24

      Ah ! « ben, caline de bine ». Que de gros mots ce matin. Misère.

      Bien moi, je sais dont parle M. Bessette comme Franco-Ontarien de 3e génération. Vous êtes qui vous? Les groupes francophones hors Québec ne mènent plus une lutte exemplaire, ils ont tous été assimilés. En Ontario, c’est désolant. Les écoles supposément françaises ne parlent plus français, même les écoles d’immersion sont plus francophones. Lâchez-nous avec votre survie constitutionnelle puisque la bataille hors Québec a longtemps été perdue.

      Si vous vous fiez à ceux qui vous ont asservis et assimilés, eh bien, il ne reste plus grand chose à dire. Est-ce que vous vous êtes posée la question suivante? Elle était où cette communauté anglophone lorsqu’on nous achevait à petit feu? La seule raison présentement qu’ils s’en prennent au gouvernement du Québec, c’est parce qu’ils n’ont pas accepté la loi 21 sur la laïcité. En plus, la raison d’être des commissions scolaires est débattue par ce même gouvernement de M. Legault et celles-ci risquent de disparaître dans un futur pas si lointain. Pardieu, on pourrait faire de même en Ontario avec leurs quatre systèmes scolaires qui coûtent une fortune et où une religion est subventionnée à 100% par les deniers publics.

    • Louise Collette - Abonnée 4 juillet 2019 11 h 34

      Bravo Monsieur Dionne plus rien à ajouter.

    • François Beaulne - Abonné 4 juillet 2019 11 h 51

      Vous êtes dans l'erreur Madame et vos propos traduisent une solidarité unilatérale qui, si elle se perpétue, affaiblira irrémédiablement la francophonie d'Amérique du Nord, d'abord les minorités franco-canadiennes, puis, à la longue le Québec lui même, coeur de cette francophonie.
      Les associations franco-ontariennes et acadiennes sont bien heureuses de compter sur l'appui du Québec lorsque ça fait leur affaire.. Ils ont bien applaudi lorsque le PM Legault a <parlé dans le casque> à Bob Ford et que les appuis pour une université française en Ontario ont fusé massivement du Québec.Par contre, lorsque c'est le Québec qui aurait besoin de leur appui pour renforcer son rapport de force avec le fédéral, on repassera.
      La réaction de Carol Jolin et Robert Melanson est pathétique et s'inscrit dans la tradition des porte-parole de ces minorités francophones qui ont constamment fait le leu du fédéral pour affaiblir le Québec, alors que l'heure est à la solidarité pour minimalement obtenir la reconnaissance d'un fédéralisme assymétrique, pour ceux qui croient encore dans le Canada.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 juillet 2019 13 h 25

      Le plus comique, c’est que les Franco Ontariens ont une des leurs, Mme Mulroney, dans le cabinet conservateur qui a refusé de lancer la 1ère université francophone en Ontario.

      Quant à la question de la disparition des commissions scolaires. C’est un leurre patent que de penser qu’il n’y aura plus de structure intermédiaire entre le MEQ et la direction d’une école. Que ça s’appelle XYZ : il y aura une nouvelle structure! Bon! On verra ce que la CAQ proposera. Mais, quant à moi, la priorité devrait être dans les services et non pas dans les structures.. Nos écoles secondaires publiques fourmillent d'élèves EHDAA: elles ont besoin de personnes spécialisées (psychoéducateurs, orthophonistes, orthopédagogues, éducateurs spécialisés.p^sychologues).

    • Serge Lamarche - Abonné 4 juillet 2019 15 h 54

      Pas d'accord avec m Dionne et ses appuyeurs. La lutte pour la francophonie n'est pas perdue, ne l'a jamais été. Ceux qui disent que les francophones ailleurs qu'au Québec sont foutus sont en fait des perdants. Plus il y a de francophones hors-Québec, plus le français au Québec est protégé, par le simple effet tampon.
      La bataille juridique a été gagnée en Alberta, maintenant la Colombie-Britannique sera-t-elle bilingue, officiellement?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 juillet 2019 16 h 31

      @ M. Lamarche

      A chaque recensement, de 5 ans en 5 ans, la réalité nous prouve les taux d'assimilation de plus en plus marqués des FHQ. Écoutez, on est en 2019, pis les Franco Ontariens n'ont pas une véritable université francophone; pas une université "bilingual".

      "Bataille juridique gagnée en Alberta? Vous savez ce qui est arrivé au député francophone qui a osé s'exprimer en français à l'Assemblée législative albertaine? La British Colombia "bilingual"! Franchement! Allez au New Brunswick soi-disant bilingual: sauf exceptions, les "bilinguals" sont surtout les francophones. Le bilinguisme canadian est une fumisterie monumentale. Et c'est un des nôtres, Trudeau père, qui torpillé la notion de biculturalisme prônée par Lester Pearson pour le multiculturalisme qui nous noie, de plus en plus.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 juillet 2019 16 h 39

      @ M. Lamarche En 1963, le premier ministre fédéral Pearson crée la Commission royale FÉDÉRALE d'enquête sur sur bilinguisme et le biculturalisme(1963),dite Laurendeau Dunton,dont le mandat était le suivant: " RECOMMANDER LES MESURES A PRENDRE POUR QUE LA CONFEDERATION CANADIENNE SE DEVELOPPE D'APRES LE PRINCIPE DE L'EGALITÉ ENTRE LES DEUX PEUPLES FONDATEURS".

      L'ex FHQ feu Roméo Paquette(il a vécu près de 60 ans hors Québec) du Conseil de Vie française en Amérique(CVFA) a très bien décrit cela dans la revue Franc Contact Volume 5 , No 4, Décembre 1997:: "L'Histoire démontrera que l'enjeu fondamental, tel qu'exprimé par le
      mandat de la Commission royale FÉDÉRALE d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme(1963), était le suivant: RECOMMANDER LES MESURES A PRENDRE POUR QUE LA CONFEDERATION CANADIENNE SE DEVELOPPE D'APRES LE PRINCIPE DE L'EGALITÉ ENTRE LES DEUX PEUPLES FONDATEURS".

      "Cet enjeu, c'est un gouvernement fédéral dominé par des Québecois(surtout Trudeau)par des préjugés anti-nationalistes, ils
      ont condamné la notion de peuples fondateurs, inventé le multiculturalisme et le bilinguisme, comme si un pays pouvait se morceler en enclaves culturelles et véhiculer 2 langues sans en préciser les bases communautaires".....

  • Carmen Labelle - Abonnée 4 juillet 2019 05 h 53

    Se plaindre le ventre plein

    Pour déguiser leur véritable motif : noyer le français dans une mer anglophoe en Amérique, redonner à l'anglais sa suprémacie sur la majorité francophone au Québec

    • Simon Grenier - Abonné 4 juillet 2019 11 h 32

      En effet. Heureusement, j'ai l'impression que M. Legault sera un bien meilleur rampart que M. Couillard.