Un sujet délicat

Le Devoir aurait-il été puni pour son indépendance originelle et indéfectible face aux pouvoirs dominants ? La question se pose quand on apprend qu’il lui a fallu près de six mois pour obtenir du gouvernement du Québec un document, demandé selon la Loi d’accès aux documents des organismes publics. La loi dit pourtant que le délai de réponse doit être d’un mois maximum.

Invoquera-t-on un goulot d’étranglement ou un changement de gouvernement ayant ralenti le processus ? À moins que ce ne soit parce qu’on y aborde d’un sujet politiquement trop délicat à exposer en public ? Dans le cas présent, celui d’une vision différente de celle de la minorité anglophone proposée par le ministère de l’Éducation dans un nouveau livre d’histoire du Québec et du Canada destiné aux écoliers.

À mon sens, il y a ici un cas flagrant de rétention d’information venant de l’État qui mérite un blâme.

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2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 2 juillet 2019 13 h 00

    Il faudrait que le gouvernement adopte la même position que dans les dossiers de la laïcité et de l’immigration. Dire oui quand c’est oui, et non quand c’est non.

    Sans remords.

    Si l’on veut que les Québécois continuent d’être fiers de « leur » gouvernement. Et fiers d’être Québécois.

  • Jean-François Trottier - Abonné 3 juillet 2019 08 h 57

    Le bénéfice du doute

    Je veux simplement rappeller que ce gouvernement n'est réellement en fonction que depuis 8 mois et qu'il n'a presque aucune expérience du pouvoir (exception faite de Legault, il y a 20 ans...)

    Si l'on compte les 8 ou 12 semaines nécessaires pour simplement comprendre le fonctionnement interne et ses répercussions sur les gens, puis les premières décisions suivies d'un temps pour en analyser les effets, disons que le gouvernement actuel est vraimnet aux commandes depuis le mois d'avril.

    Heureusement, il n'a pas trop à se prémunir de chausses-trappes laissées par le gouvernement précédent parce que celui-ci croyait réellement revenir au pouvoir, contrairement par exemple au gouvernement péquiste de 2012, qui s'est fait avoir sur le pastagate et des trous bien cachés dans le budget par Charest, qui savait qu'il allait à l'abattoir.

    La loi d'accès ne correspond plus à quoi que ce soit. De trop nombreux gouvernements on pu trouver des voies d'évitements pour empêtrer les demandeurs et oleur faire perdre une énergie sinon autrement utilisable.

    Rien n'y fait. Il faut refondre cete loi au complet et au grand jour pour qu'un réel débat se tienne.

    Même dans ces conditions, tant que les "ministres" d'au moins un cabinet-fantôme n'ont pas accès directement à tous les bureaux (sauf celui du ministre) et toutes les données, sous couvert de règles d'un secret rarement nécessaire, une loi aura toujours ses limites de fonctionnement.