La démocratie doit nous protéger contre le populisme

Le gouvernement Legault sait déjà que la loi 21, quoique prétendument populaire, est inconstitutionnelle et contraire à la Charte québécoise des droits de la personne, un document on ne peut plus démocratique et humaniste. La loi 21 inclut la disposition de dérogation, soit un instrument juridique prévu par une Constitution canadienne que le Québec n’a toujours pas signée.

À partir de maintenant, une jeune enseignante musulmane pourrait se voir forcée d’enlever son hidjab ou subir des sanctions à la suite de l’intervention d’une police religieuse (ou laïque) qui n’a pas encore été formée.

Cette même enseignante, si elle enlevait son hidjab, pourrait continuer à travailler dans une école appelée Saint-Thomas, rouler sur une rue nommée Saint-Denis, prendre le métro Place Saint-Henri, vivre dans une ville appelée Sainte-Thérèse et participer à une fête qui porte le nom de Saint-Jean-Baptiste, une figure catholique qui n’a absolument rien à voir avec le peuple québécois.

Je peux donc vous assurer que la loi 21 n’a rien à voir non plus avec sa raison d’être annoncée : de préserver l’image laïque de l’État québécois.

Les pires décisions historiques des démocraties occidentales trouvent leur source dans le populisme, soit la promotion d’idées souvent dangereuses mais qui semblent obtenir une faveur populaire basée sur la peur. Peur de perdre son identité, peur de perdre ses privilèges économiques, peur de perdre sa place dans son pays. Je crois que je n’ai pas besoin de vous fournir des exemples.

Le rôle des élus du peuple, c’est de prendre des décisions justes et nobles, même lorsque’elles vont à l’encontre du populisme, afin de protéger les droits des êtres humains acquis à travers de luttes sanglantes contre les tyrannies. Les élus sont les défenseurs de nos valeurs démocratiques, nos gardiens contre la crainte, ceux et celles qui se doivent de garder leur tête froide lorsque les vagues populistes et la peur font rage.

L’ancien maire de New York, M. Bloomberg, nous rappelle toujours que sa loi avant-gardiste qui avait interdit les cigarettes dans les lieux de loisir publics, tels que les restaurants et les bars, n’a jamais eu la faveur du public. Elle faisait face à une opposition brutale. M. Bloomberg nous enseigne correctement que le rôle des représentants du peuple n’est pas celui de toujours faire ce qui est populaire, mais de faire, lorsque les circonstances le demandent, ce qui est noble, juste et nécessaire.

Pour rendre la situation encore plus injuste, le gouvernement Legault a adopté une loi populiste et antidémocratique qui ne vient résoudre aucun problème connu, qui n’affecte en rien la vie des Québécois qui la soutiennent et qui vient par contre créer des crises existentielles chez les minorités qui en subiront toutes les conséquences. Je défie quiconque d’utiliser la démocratie pour justifier cela.

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64 commentaires
  • Réal Boivin - Abonné 27 juin 2019 06 h 19

    Les religions ne sont pas démocratiques

    Le meilleur moyen de protéger la démocratie est de ne pas donner un centimêtre à aucune religion. Chaque religion a son propre dogme, ses propres valeurs et les contraintes qui viennent avec. Toutes les théocraties dans le monde sont des régimes totalitaires. Le croyant vit sa relation avec dieu dans son for intérieur. Le théocrate, lui, impose son dogme aux autres. Les théocrates n'ont de leçon à donner à personne sur la démocratie car ils n'y connaissent rien. Tous ceux et celles qui contestent la loi sur la laïcité de l'état en sont la preuve. Votre lettre en est la preuve. La loi sur la laïcité protège la population des dictats religieux comme la loi sur le tabac protège la population des conséquences du tabagisme. Et tout comme la loi sur le tabagisme, la loi sur la laïcité devra, étape par étape, restreindre les endroits où la religion pourra se manifester.

    • Michel Lebel - Abonné 27 juin 2019 09 h 33


      Comme plusieurs, vous ignorez tout de l'apport des grandes religions monothéistes, en particulier celui du christianisme: le code criminel, les droits de l'homme, la fraternité, les oeuvres de bienfaisance, d'éducation,etc. Il faut reconnaître ces choses. Mais l'Idéologie rend hélas trop souvent aveugle.

      M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 juin 2019 12 h 11

      M. Lebel,

      vous seriez bien en peine de démontrer ce que vous avancez.

      Le code criminel vient de Rome, bien avant le christianisme.
      L'éducation aussi. Le seul apport important du christianisme y est probablement la dialectique du dessein intelligent, soit-disant preuve de l'existence de Dieu. Bel échec et belle perte de temps oui!
      Côté astronomie, physique, langue, mathématiques, géographie et même histoire, c'est même pas zéro. Les religions font tout leur possible pour empêcher le savoir de les contredire.
      Les tautologismes mènent à une pensée sclérosée.

      Thomas d'Aquin, que j'aime beaucoup, a fait de la foi une question personnelle et de la recherche de Dieu une question d'observation de soi devant l'univers.
      C'est riche en enseignement au point que l'Église a fait d'immenses efforts pour en faire un docteur de l'Église, principalement pour détourner ses écrits vers une morale dont Thomas n'a jamais parlé, C'est ce qu'on appelle le "thomisme".
      La responsabilité de l'être, centrale chez Thomas, est devenue une question d'examen de conscience avec le thomisme. Un progrès ça ?

      Les œuvres de bienfaisance ont toujours été du même ordre que celles des Frères Musulmans actuels, i.e. destinées à augmenter un pouvoir politique.

      La bonté n'a jamais été l'apanage des religions.

      La vraie bienfaisance se passe d'étiquettes. Pourtant chaque évêque avait "ses" pauvres!
      La devise française parle de fraternité contre les pouvoirs autrefois en place, noblesse et religion, qui ont toujours nié les droits sociaux.

      La religion est une idéologie. Pas le laïcisme. Les religieux tiennent à présenter le monde comme séparé en deux, leur idéologie et celle des autres.
      Vous ne reflétez que l'étroitesse d'esprit des religions.

      Il n'y a ni cosmologie proprement laïque, ni morale proprement laïque, ni surtout de code de vie laïque.
      Ne mêlez mas le civique et le laïque.

    • Réal Boivin - Abonné 27 juin 2019 12 h 31

      Tout ce que vous nommez a été réalisé quand les états ont enlevé tous les pouvoirs aux religieux. D'ailleurs, les états religieux n'ont rien de ce que vous leur prêtez la paternité. Comme je l'ai écrit dans mon commentaire « Toutes les théocraties dans le monde sont des régimes totalitaires. ». Sortez de votre paroisse, le monde est vaste.

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 juin 2019 12 h 47

      M. Lebel,

      Je me ravise un peu.

      Je démontre dans un autre texte que les religions n'ont rien apporté de spécifique dans lécolution de l'humanité. Si jamais c,est le cas, ce sera impossible à prouver parce qu'il n'existe aucune société qui a vécu dans les même condisions mais sans religion.

      Et comme tout le monde devrait le savoir, les pires massacres dans l'histoire sont liés directement aux religions La schoah est une goutte d'eau par rapoprt à l'océan des crimes perpétrés pour raisons religieuses. Dur mais vrai.
      Et ce ne sont ni les mains jointes, ni la béatitude, ni le visage transfiguré des curés de mon enfance qui y changent quoi que ce soit.

      Mais je vais plus loin : si vous avez besoin de justifier votre foi par l'apport d'humains dans votre bien-être, votre foi est en bien mauvais état.

      Aussi je crois que vous utilisez ce genre d'argument en désespoir de cause, sans même y croire vous-même. C'est ce que je vous souhaite en tout cas.

      Parce que ce serait aussi bizarre que de remercier la météorite qui a tué tous les dinosaures et ainsi permis que vous viviez.

      Aurte détail : on sait maintenant que des Néanderthaliens ont vécu à un âge avancé malgré des handicaps lourds, jambe coupée, pied bot, paralysie... Le genre qui n'a jamais pu chasser, ni enfanter, ni servir à grand-chose.
      Sans bonté, sans fraternité, ils seraient morts en bas âge.

      Pas besoin de monothéisme pour faire preuve de hauteur d'âme.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 juin 2019 13 h 28

      Pardieu! Les grandes contributions des religions monothéistes. J’en perds mon latin. Pour la religion catholique, la sainte Inquisition, la torture et les bûchés pour le code criminel, les droits de l'homme et la fraternité. Pour les œuvres de bienfaisance et d'éducation, la pédophilie en vrac et les pensionnats autochtones.

      Pour l’islam, je n’ai pas assez de place en 500 mots pour énumérer tous les massacres et les guerres fratricides, charia oblige.

      Oui, notre idéologie nous rend aveugle.

      Cyril Dionne

    • Jean-Charles Morin - Abonné 27 juin 2019 15 h 06

      "Mais l'Idéologie rend hélas trop souvent aveugle." - Michel Lebel

      Comme vous avez raison! On n'a qu'à vous lire pour s'en rendre compte.

  • Marc Therrien - Abonné 27 juin 2019 06 h 27

    Quand le désir de gratifications immédiates rencontre la volonté de puissance


    Quand on craint le populisme, qu’il soit de gauche ou de droite, est-ce parce qu’on craint d’abord le peuple ou plutôt le démagogue se prétendant à son écoute et qui l’interpelle en le galvanisant par ses discours? Probablement, les deux en même temps quand les sentiments d’impuissance de l’un se transforme en indignation dans la rencontre de la volonté de puissance de l’autre. Si le populisme doit être entendu, comme l’a déjà exprimé Mathieu Bock-Côté, «comme manifestation d’une conflictualité au coeur de la vie sociale, au milieu des différents dispositifs de pouvoir composant la politique», il peut être vu en même temps comme s’inscrivant dans une mutualité du désir de l’un, l’électeur de faire un vœu en votant, et de l’autre l’Élu, d’être investi d’un pouvoir quasi magique de le réaliser. La démocratie se fragilise quand tout un chacun commence à douter de l’intelligence générale du peuple et à se méfier de son voisin, ce quidam dont on juge qu’il est ignorant et qu’il n’a pas la faculté de comprendre les grandes idées et enjeux que les chefs de partis lui présentent. Cette lutte dialectique entre l’élite condescendante des «sachants» et les ignorants de la populace qui peut nourrir la tentation du populisme est bien exprimée par cette pensée des années 1700 du Marquis de Condorcet : «Toute société qui n'est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans.»

    Marc Therrien

  • Michel Lebel - Abonné 27 juin 2019 06 h 52

    Le Québec n'est pas une île isolée

    Bon texte qui parle vrai. Quand le populisme est trop présent chez un gouvernement, c'est la démocratie et l'État de droit qui en souffrent. Être droit dans ses bottes et la suffisance aussi prévalent. C'est ce que nous montre présentement le gouvernement Legault. Ce qui n'est pas bien joli. Je n'en retire aucune fièreté.
    Faut-il aussi rappeler au premier ministre qu'il ne gouverne pas une île isolée et qu'il ne peut donc faire fi des réactions des autres gouvernements, canadiens et autres. Et il importe pour son gouvernement d'avoir de bonnes relations avec tous. On peut certes assumer ses choix, mais il faut être prêt alors à en payer le coût.

    Michel Lebel

    • Claude Bariteau - Abonné 27 juin 2019 09 h 42

      Quel genre de gouvernement légifère en pensant qu'il doit le faire en prenant en considération les autres gouvernements ? A priori, tous.

      Tous par contre légifèrent selon les choix des élus qui, eux, dépendent des choix des électeurs et des électrices en démocratie représentative.

      Quand ils le font, ils cherchent s'ils sont en droit de le faire et soupèsent les effets de leurs choix à l'interne d'abord et à l'externe ensuite.

      Avec le PL21, rien ne permet de dire que ces évaluations n'ont pas été faites, y compris le coût à payer, qui semble celui de redevenir ce que le Québec a toujours été au Canada, dans le Dominon of Canada, au Canada-Uni et au Bas-Canada : un entité politique avec une majorité de gens qui ne cadrent pas avec ceux des autres entités, ce qui lui vaut d'être qualifiée négativement si ses élus font des pas de côté par rapport aux règles de la démarche canadienne recherchée, voire punie et mis en tutelle, ce qui fut pratiquée pour neutraliser les Patriotes.

      Il n'y a rien là de très nouveau. En fait, ce que vous avancez est qu'il importait de légiférer selon les attentes du Canada, les règles du Canada, l'humeur des Canadiens. En quelque sorte de légiférer en craignant d'abord de déplaire aux Canadiens et aux Canadiennes.

      Faire ça, c'est refuser au Québec d'être du Québec pour n'être qu'un petit Canada en tutelle, ce que fut le Québec sous le PLQ de Messieurs Charest et Couillard.

    • François Beaulne - Abonné 27 juin 2019 09 h 48

      C'est plutôt un ramassis de clichés alignés de manière incohérente, tendencieuse et entendus 1000 fois au cours du débat sur la laicité. Les opposants à la Loi 21 ne pourraient'ils pas user d'un peu plus d'imagination et de profondeur pour nous servir des arguments convaincants?
      Cette dame est complètement incohérente. Dune part elle elle base son argumentation sur le respect des droits énoncés à la Charte Québécoise des droits pendant que, du même coup, elle tente de dénigrer le recours à la clause dérogatoire prévue dans la Charteué canadienne des droits qu'elle admet ne jamais avoir été signée par le Québec.
      De plus, que vient faire ici une comparaison avec la cigarette et Bloomberg, une définition vague et à l'emporte pièce du <populisme> et l'affirmation gratuite que les élus doivent représenter les minorités avant leurs propres électeurs qui les ont mandaté?
      Et vous, juriste, applaudissez ces incohérences?

    • Michel Lebel - Abonné 27 juin 2019 10 h 02

      @ Claude Bariteau,

      Un gouvernement démocratique doit légiférer en respectant l'État de droit, i.e., en respectant tous les droits de la personne et en conférant aux tribunaux le contrôle de la légalité des actes adoptés par ce gouvernement. Toute exception à ces prinicipes doivent être pleinement justifiée. Ce que le gouvernement Legault n'a manifestement pas fait. Inutile d'en dire plus: cela me semble assez clair.

      M.L.

    • Claude Bariteau - Abonné 27 juin 2019 14 h 08

      M. Lebel, les tribunaux peuvent dire qu'une loi n'est pas conforme à la Charte. Ça m'apparaît évident.

      Peuvent-ils empêcher que des élus modifient une loi ? Ça m'apparaît évident qu'ils ne peuvent pas.

      Un gouvernement doit-il s'empêcher de légiférer lorsqu'il s'estime justifier de le faire ? Non, car ce serait refuser le pouvoir qu'il détient.

      Alors, sur quelle autre base devrait-il refuser de légiférer lorsqu'il s'estime justifier et dispose de bons arguments pour le faire ?

      L'avis des juges ? Je ne pense pas. Il peut le faire si les modifications qu'il entend intégrer à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne ne vont pas à l'encontre des règles de cette charte.

      C'est ce qu'a fait le gouvernement du Québec. C'est incontestable. Rien ne dit dans la charte qu'une modification doit être « pleinement justifiée ».

      Alors, en quoi un gouvernement démocratiquement élu qui obtient l'appui d'un parti de l'opposition devrait-il justifier sa décision devant des juges, à la demande de juges ou avec l'aval des juges ? Ne serait-il pas, dans ce cas, le gouvernement des juges ?

  • Claude Bariteau - Abonné 27 juin 2019 07 h 13

    En démocratie, les élus doivent aussi contrer l'entrisme.

    Par ailleurs, rien ne permet de dire que l'adoption du PL21 est une décision populiste.

    Elle est en continuité avec des pratiques développées depuis la révolution tranquille et rejoint les attentes d'une majorité d'électeurs et d'électrices du Québec, toutes origines confondues.

    Vos arguments, sous cet angle, renient une approche visant à intégrer la laïcité et l'égalité des femmes dans la Charte québécoise comme des principes incontournables d'interprétation.

    De plus, le PL21 affirme des règles minimales à respecter de la part des employé/e/s de l'État sans porter atteinte aux libertés individuelles mais en rendant visible la laïcité.

    • Christian Roy - Abonné 27 juin 2019 21 h 43

      @ M. Baribeau,

      "mais en rendant visible la laïcité."

      C'est plutôt le laïcisme québécois que cette loi rend visible.
      Le Québec n'avait nullement besoin d'en faire l'adoption pour être "laïque".
      C'est une loi qui traite les Québécois de manière inégale, qui ne comprend rien à la liberté de conscience et de religion. qui consacre la non-séparation de l'intolérance religieuse et de l'État et qui se mêle de ce qui ne la regarde pas... en devenant partiale envers le fait religieux.

      Une loi truffée d'incohérences.

      Un peu plus et on parlerait d'un type de racisme institutionnel.

      Mais puisque la "grande majorité" des Québécois n'y voit que du feu... et qu'une peur irraisonnée soutient les débats à l'emporte-piièce envers la minorité de personnes qui ne demandent au fond qu'à être reconnues et appréciées avec les différences qu'elles présentent... notre "bon" gouvernement a réalisée une job de fier-à-bras là où ce n'était vraiment pas nécessaire.

      Certains jours, je ne suis pas fier d'être Québécois.

      C'est comme pour la mise en place d'un 3e lien sur la Rive Sud de Québec.

  • Cyril Dionne - Abonné 27 juin 2019 07 h 16

    La démocratie est la population, par la population et pour la population

    À partir de maintenant, les droits inaliénables des enfants de recevoir une éducation sans préjugés religieux, sans prosélytisme et sans endoctrinement dans une école publique est consacrée par la loi 21. Ceux qui portent une plus haute estime à leurs amis imaginaires qu’à leurs responsabilités comme enseignant.e « in loco parentis » et comme agent de l’État laïc, eh bien, pourront toujours aller travailler dans les écoles religieuses subventionnées à la hauteur de 60% par les contribuables. Vous savez, ici, vous avez la liberté d’être en désaccord sans aucune conséquence.

    SVP, faire la distinction intelligente entre l’héritage culturel religieux et les croyances religieuses. Ce n’est pas exactement la même chose. Ne pas renier d’où on vient tout en pratiquant l’égalité de tous et la liberté de conscience et d’expression dans une communion sociétale et un vivre-ensemble n’est pas à dédaigner comme société. Et le concept de la liberté est tellement fort chez nous que ceux qui ne sont pas d’accord ou au diapason avec ce vivre-ensemble envié par la planète entière, eh bien, ils sont libres de partir quand ils le veulent et sans rancune.

    Le mot « populisme » vient de population, vous savez, ce groupe de mécréants qui composent la grande majorité de la population et qui subissent les contrecoups de petites minorités extrémistes avec un agenda caché. C’est la réponse non-péjorative du gros bon sens des gens ordinaires à cet élitisme qui pense avoir atteint un prétendu degré d’humanisme plus élevé et qui se prétendent moralement supérieur aux autres. Comme le disait si bien René Lévesque : « Méfiez-vous des gens qui disent aimer le peuple mais qui détestent tout ce que le peuple aime ».

    • Michaël Lessard - Abonné 27 juin 2019 16 h 37

      Un conservateur réactionnaire peut-il être juge, policier ou professeur est laisser ses principes trop affectés son travail?

      Oui, tout à fait. Il porte son uniforme et cache tout symbole au travail.

      La Loi 21 ne nous protège pas, en soi, « préjugés religieux, sans prosélytisme et sans endoctrinement dans une école publique ». À la limite, elle bannit le prosélytisme visible; ce qui est bien et était DÉJÀ le cas, mais bon.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 juin 2019 18 h 13

      Ah! "ben" M. Lessard.

      Évidemment, vous n'avez jamais œuvré dans une salle de classe. Devinez ce que font les enfants du primaire lorsqu’ils retournent à la maison. Ils racontent leur journée à leurs parents mot pour mot. Alors, un simple écart, et les parents vont se plaindre à la commission scolaire avant la fin de la journée. Donc, avec les symboles ostentatoires religieux qui étaient permis dans les écoles publiques, les extrémistes religieux pouvaient se cacher sous l’égide des chartes ou des tablettes de pierre et invoquer la liberté de religion en cas de litige ou de plainte. Or, aucune commission scolaire n’osait affronter ces extrémistes religieux d’une autre époque qui paradaient dans la salle de classe arborant les symboles de leurs divinités imaginaires. Maintenant, la recréation est terminée en ce qui concerne les amis extraterrestres et magiques dans la salle de classe.

    • Christian Roy - Abonné 27 juin 2019 21 h 52

      @ M. Dionne,

      Votre commentaire (18 h 13) vient appuyer le fait que le prosélytisme religieux à l'école est une invention. Qu'elles sont donc les plaintes de tous ces parents scandalisés au cours des dernières années ?

      Où sont les preuves et les faits... à part celui d'avoir des parents à la peau très sensible que la seule évocation du mot religion déstabilise au plus haut point.

      Leurs péjugés et leurs hallucinations les"rend très mal à l'aise..." disent-ils.

      Pas fort, non, pas fort ! Tous ces ennemis imaginaires qu'ils combattent...

    • Cyril Dionne - Abonné 28 juin 2019 08 h 32

      Cher M. Roy,

      Les plaintes ne sont pas publicisées tout simplement. J'ai été témoin d'une personnellement dans une école publique et le tout s'est résolu très rapidement. C'est une mère qui a formulé la plainte et le conseil scolaire a gardé tout cela, très discret.

      Mais vous qui n’avez jamais enseigné, vous parlez à travers chapeau puisque vous n’avez aucune idée de se qui se passe dans une école à tous les jours. Croyez-moi, les écoles et les professionnels qui la composent savent ce que c’est un signe religieux ou non puisque qu’ils font des décisions et interviennent de façon journalière sur le code vestimentaire, sur des comportements inappropriés ou autre. De toute façon, il n’y pas de secret dans une salle de classe; tout se dit et se répand très rapidement.

    • Christian Roy - Abonné 28 juin 2019 16 h 59

      @ M. Dionne,

      Il est heureux que les milieux-écoles puissent résoudre leurs problèmes quotidiens (dont la tenue d'une enseignante est très relatif) avec autant de célérité et d'humanité, oserais-je dire. Le prosélytisme est interdit à cet endroit (religieux ou non), que chacun se le tienne pour dit.

      Il est également très heureux que tout se sache... et que des directions puissent évaluer la teneur des comportements répréhensibles, si comportements de ce type il y a. Tout se dit... ce qui ne veut pas dire que tout est valide. Tout bon gestionnaire vous dira que bien des choses se règlent derrière des portes closes, avec doigté et respect.

      D'autre part, les plaintes venues des parents ne sont pas nécessairement éclairées.

      La CAQ aurait dû ne pas toucher au dossier du port d'objet religieux en milieu scolaire. Il aurait dû défendre le point de vue suivant: les enseignants sont des adultes (pas d'infantilisation), le port de signes religieux est le lot d'une infime minorité d'entre eux (qui reste aussi compétent que quiconque ayant obtenu ses diplômes). La liberté individuelle est "sacré" en notre beau pays (le Canada ! - que M. Legault n'a jamais remis en cause).

      Maintenant, distinguons-nous par l'utilisation de notre langue commune, le français. Syons fiers d'être à la fois ouverts d'esprit et Québécois !

      Ça commence dès la maternelle.