Le 3e lien et les effets de serre

Dire que le 3e lien à Québec est un des projets émetteurs de gaz à l’effet de serre relève, à mon avis, du domaine des idéologies. Le 3e lien est un projet d’autoroute, mais ce ne sont pas les autoroutes qui causent les gaz à l’effet de serre, ce sont les moteurs à combustion. De plus, la quantité de gaz émise dépend du nombre de véhicules en circulation, que ceux-ci soient sur une autoroute ou dans l’encombrement des rues de la ville. Le parc automobile ne diminuera pas de sitôt, mais à moyen et à long terme, l’émission de gaz déclinera avec l’augmentation des véhicules électriques.

Ce projet du gouvernement Legault doit être jugé à l’aune du motif invoqué, c’est-à-dire le développement de la rive sud, près et à l’est de Québec. Ce motif conviendrait-il à un plan stratégique virtuel pour la région, lequel tiendrait compte des arguments négatifs comme l’étalement urbain ou positifs comme les besoins actuels et futurs de la population ? Malheureusement, les citoyens ne savent jamais sur quel pied danser à l’occasion de l’annonce de projets, car ils sont tirés d’argumentaires principalement politiques plutôt le produit d’un exercice indépendant et raisonné.

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2 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 25 juin 2019 00 h 58

    Les citoyens ne savent jamais sur quel pied danser

    Ils devraient se fier davantage à la science qu'à leurs impressions, et réaliser que, oui, le 3e lien à Québec est un projet émetteur de gaz à effet de serre.

  • Cyril Dionne - Abonné 25 juin 2019 07 h 38

    SVP, arrêter de regarder la tige de la feuille de l’arbre et regarder la forêt

    Misère. Encore une fois, le Québec est responsable de 0,1% des GES mondiaux et représente 0,1% de la population mondiale. C’est l’autre 99,9% des GES qui devrait vous inquiéter, 3e lien ou pas.

    Nous nous dirigeons vers une augmentation de la température mondiale de plus de 4 degrés Celsius vers 2100 ou bien avant et les Québécois ne peuvent rien y faire.

    Dans un scénario entre 2 et 3 degrés d’augmentation de la température mondiale, à cause du réchauffement des mers, elles absorbent moins de dioxyde de carbone, ce qui laisse plus d'accumulation dans l'atmosphère et intensifie le réchauffement climatique. Sur la terre, les choses seraient encore pires. D'énormes quantités de carbone sont stockées dans le sol, les restes de la végétation morte. L'estimation généralement admise est que le réservoir de carbone dans le sol contient 1 600 Gt (milliards de tonnes), plus du double de la totalité de la teneur en carbone de l'atmosphère. Comme le sol se réchauffe, les bactéries accélèrent la décomposition de ce carbone stocké qui serait relâché dans l'atmosphère et l’effet cyclique exponentiel serait en marche.

    Une augmentation de trois degrés de la température mondiale, ce qui est très possible dès 2050, actionnerait le cycle du carbone, mais en marche arrière. Au lieu d'absorber le C02, la végétation et les sols commenceraient à le libérer et déposeraient le carbone dans l'atmosphère jusqu'à des concentrations atmosphériques de 250 parties par million en 2100, augmentant du même coup, le réchauffement climatique par un autre 1,5 degré Celsius. En d'autres termes, les rétroactions du cycle du carbone pourrait faire pencher la planète en réchauffement climatique extrême de façon exponentielle au milieu du siècle, beaucoup plus tôt qu'on ne l'avait prévu.

    Entre 3 et 4 degrés d’augmentation de la température mondiale, vous ne voulez pas le savoir si vous voulez dormir ce soir. Or, nous nous dirigeons vers une augmentation de plus de 4,5 et plus degrés Celsius.