L’éducation des adultes: «une vache à lait»

Désolant de lire l’article du Devoir du 17 juin « La formation des adultes encore privée de millions ». Quand on sait qu’au Québec, plus de 50 % de la population entre 16 et 65 ans a de graves problèmes de littératie et n’atteint pas le niveau 3 nécessaire pour comprendre des textes complexes et les interpréter et que les commissions scolaires prélèvent, en toute immunité, des millions dans les budgets attribués à l’éducation des adultes pour financer les écoles primaires et secondaires, on peut s’interroger sur l’avenir non seulement de notre main-d’oeuvre, mais aussi de nos citoyens, à qui on demande de plus en plus des aptitudes en informatique pour gérer leur quotidien à la maison (documents en ligne sur la santé, sur les finances, sur les services offerts, etc.).

Ayant présidé la Commission d’enquête sur la formation des adultes, qui a remis son rapport en 1982, dans lequel elle prédisait les développements technologiques à venir et les carences de la population adulte en littératie et la nécessité de fournir les ressources financières et matérielles nécessaires pour corriger ces déficiences, je suis sidérée de constater que l’éducation des adultes est encore le parent pauvre de notre système. On parle de formation de la main-d’oeuvre, mais savons-nous seulement ce que cela implique, que ce soit en milieu scolaire ou en milieu de travail ? Former des adultes qui n’ont pas les bases nécessaires pour assimiler de nouveaux savoirs demande des formateurs compétents et des méthodes et services appropriés.

Espérons que les nouveaux millions alloués par le ministre à l’éducation des jeunes et aux infrastructures permettront aux commissions scolaires de cesser d’utiliser les budgets consacrés à la formation générale et professionnelle des adultes pour combler d’autres besoins. Comment s’en assurer ? Quel système d’imputabilité devrait être mis en place ? À nous d’y voir.

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2 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 22 juin 2019 07 h 59

    « en toute immunité »

    J'aurais préféré « en toute impunité ».

  • Pierre Robineault - Abonné 22 juin 2019 18 h 33

    Témoignage

    Votre cri du coeur, mais surtout à cause de l'absence d'intérêt de la part de commentateurs aguerris, témoigne de ce que vous nous dites.
    L'éducation des adultes, par les temps qui courent, devrait être une priorité, plus que jamais.