Le bâillon, l’ultime solution

Comme il fallait s’y attendre, les projets de loi 7 sur l’immigration et 21 sur la laïcité ont finalement été adoptés sous le bâillon, l’ultime solution prévoyant l’adoption de projets de loi par les députés de l’Assemblée nationale. Bien sûr, les partis d’opposition ont tour à tour dénoncé cette forme d’adoption évoquant, notamment, la crainte d’un gouvernement autoritaire qui rabroue ses opposants.

Toutefois, à la défense du gouvernement, force est de constater que les paramètres de ces deux projets de loi ont fait l’objet de promesses électorales de la part de François Legault au cours de la dernière campagne électorale qui a vu la CAQ former un gouvernement majoritaire.

Dans ces circonstances, il est tout à fait pertinent d’extrapoler et de déduire que le gouvernement pouvait légitimement proposer ces projets de loi et prendre les moyens mis à sa disposition pour les faire adopter. Or, malheureusement, après de nombreuses heures de débat, aucune entente n’est intervenue entre les divers partis.

Conséquemment, compte tenu de l’acceptabilité sociale dont il bénéficie eu égard à ces deux projets de loi, je suis d’avis que le gouvernement Legault n’avait d’autre choix que d’imposer le bâillon…

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18 commentaires
  • Richard Lépine - Abonné 18 juin 2019 06 h 35

    Les extincteurs du gouvernement

    "...malheureusement, après de nombreuses heures de débat,..." dites-vous. Vous oubliez de dire que les heures de débat n'ont constitué qu'à peine la moitié de ce que durent généralement ces échanges et que la dite acceptibilité sociale aurait été beaucoup mieux servie si le gouvernement (élu avec moins de 25% du vote populaire, faut-il le noter) avait permis leur poursuite afin de d'aplanir au moins quelques irritants de cette loi. Le pyromane qui s'empresse d'arroser le feu qu'il a mis est assez peu crédible dans les circonstances.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 juin 2019 16 h 31

      Allumez SVP. Nous avons débattu cette question depuis les quinze dernières années. Où étiez-vous? Le gouvernement élu avec son 25% est majoritaire à comparer aux libéraux avec leur 16% et Québec solidaire avec leur 10% en suivant votre méthodologie. Si on ajoute le 11% du Parti québécois à celui de la CAQ, nous avons une majorité. C'est 41% versus 26%. De toute façon, la grande majorité de la nation québécoise avait déjà tranché à plus de 75%.

  • Michel Lebel - Abonné 18 juin 2019 06 h 49

    ''Acceptabilité sociale''?

    Ces deux projets de loi, devenus lois, auraient bénéficié ''d'acceptabilité sociale''. Mais c'est quoi au juste cette ''acceptabilité''? Se définit-elle tout simplement par le fait que la députation caquiste est majoritaire au Parlement! Mais peu importe le contenu de cette ''acceptabilité'', ces deux lois en sont de mauvaises et à dénoncer sans ambages.

    M.L.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 juin 2019 16 h 34

      Moi, je ne suis pas d'accord avec les lois qui me font payer des taxes et impôts alors que j'ai moins de services que ceux qui ne paient rien. Est-ce que je passe mon temps à dénoncer ces lois « sans ambages »? Non. Lol.

      Misère.

    • Jean-François Trottier - Abonné 19 juin 2019 09 h 44

      M. Lebel,

      L'acceptabilité se conjugue au scrutin d'octobre et aux sondages, le tout à livre ouvert : tout est sur la table dans ce débat depuis que le PLQ est parti.

      Charest a inventé la "Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles" pour ne pas poser la question : est-ce que le gouvernement est religieux ou pas?
      L'art de faire semblant de protéger les minorités tout en coupant dans les budgets d'accueil, puis noyer le poisson dans une commission-soupe aux choux.
      Une cuillerée pour popa, une cuillerée pour moman...

      L'enjeu est réel dans ce Canada qui, au cas où vous n'auriez pas remarqué, est religieux, lui. L'acceptabilité sociale a un forte teinte religieuse partout ailleurs au Canada. C'est justement ça le problème.

      Hé, méchant procès pour une simple interdiction de signes fa-cul-ta-tifs, pas obligatoires pour personne-personne.

      Au point que depuis des mois vous êtes obligé de faire des procès d'intention pour vous convaincre d'un quelconque danger pour les religions, danger absolument inexistant.

      La preuve a été faite il y a 50 ans au Québec : on peut être un excellent catholique sans transporter un crucifix de 6 pieds de long derrière soi. Ni 4 pieds. Ni deux pouces, sur la poitrine.

      Alors on peut être un excellent sikh sans turban.
      Mes voisins sont d'excellent musulmans. Mis à part leurs festins en soirée durant le ramadan, personne ne le saurait. Les signes ? Ils leurs rappellent les Frères Musulmans. Ils sont contre. Ils sont des milliers d’immigrants à être contre, et à avoir peur de ceux qui sont pour. Devinez pourquoi.

      Vous avez essayé de noircir ceux qui veulent interdire des signes facultatifs. C'est raté, pour raison de non-acceptabilité sociale.
      C'est faux et tout le monde le sait.

      Il est "accepté socialement" que des signes qu'aucune religion ne demande peuvent être retirés sans le moindre problème, sauf par les intégristes.

  • Marc Pelletier - Abonné 18 juin 2019 08 h 22

    Promesse électorale

    Une de plus pour se faire élire : il faut bien lancer la '' cage à homard '', lorsque c'est opportun, comme le disait M. Parizeau.

    Toutefois, il faudra retenir que le Gouvenement de la CAQ, grâce à sa majorité, a présenté et fait adopter, sous le baillon, autant d'amendements que le projet de loi contenait d'articles.

    Il y a des victoires qui sont moins grandes que d'autres !

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 18 juin 2019 08 h 26

    … au bâillon !

    « Conséquemment, compte tenu de l’acceptabilité sociale dont il bénéficie eu égard à ces deux projets de loi, je suis d’avis que le gouvernement Legault n’avait d’autre choix que d’imposer le bâillon… » (Henri Marineau)

    Oui, en effet, le phénomène du bâillon, déjà utilisé par d’autres Formations politiques, devient « nécessaire » lorsque le « dialogue » demeure impossible ou que les intérêts politiques donnés font niaiser ou entraînent des résistances injustifiées !

    Quand c’est nécessaire ou urgent, vive le recours …

    … au bâillon ! - 18 juin 2019 -

  • André Joyal - Inscrit 18 juin 2019 08 h 53

    Merci M. Marineau

    J'espère qu'Hélène David et ses amis circonstanciels de QS vont prendre bonne note de vos propos.